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Par un début d'après-midi pluvieux... [Pv : Cassou Francoeur]

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Massial Jordan
Membre
Sam 13 Jan - 0:04
Massial Jordan
Des bruits de pas semblant hésiter sur la priorité de leur propriétaire – entre respecter la tranquillité des malades ou céder à son empressement – se firent entendre dans le couloir avant qu’une tête mal peignée passe brusquement l’encadrement de la porte avec un « Ah ! » victorieux en l’apercevant.

« Elle est là ! La femme ! Elle dit qu’elle a été contactée par cette Elie. »

C’est le ton de Jonas qui alerta plus particulièrement le jeune homme, lui faisant lever le nez de l’installation de la perfusion qui l’occupait, ainsi que le léger essoufflement de l’adolescent. Alors quelqu’un avait pu mettre la main sur Elie Lesage et lui transmettre son message... Mais visiblement elle n’avait pas pu répondre présente à son appel et lui envoyait une aide alternative. Soit. Chacun faisait comme il pouvait. Et elle avait quand même pensé à lui.

Il fallait dire que le morceau était gros. Il l’avait su avant même d’arriver. Rien qu’à l’entente des symptômes et au nombre de malades – certainement sous évalués – il avait su que les choses pourraient prendre des proportions désastreuses en relativement peu de temps.

« Quel est le problème ? »

Tout en questionnant son jeune ami, Massial lui fit signe de se rapprocher et de baisser d’un ton.

« Je lui ai dit d’attendre dans le bâtiment, en face de la carcasse de bus. Je n’étais pas sûr qu’on me laisse passer jusqu’ici avec elle. Elle… elle ne passe pas vraiment inaperçu. »

Hé merde.

Ça voulait dire quoi ça ? Actuellement, il avait besoin de solutions. Pas de complications.

« Pourquoi ç… ? »

« Docteur Cassandre Francoeur elle a dit » le coupa l’adolescent, préoccupé, en balançant sa pancarte au nom d’Elie Lesage qui avait probablement aidé la femme à le repérer. « Je ne crois pas qu’elle vienne de la Citadelle. Elle fait très propre… Trop. Et elle me semble bien équipée… Et… Et bizarre aussi. »

« »

Jonas était jeune, mais il avait de la jugeote et sans doute raison. Un médecin de la Citadelle ne ferait pas ce genre de déplacement sans forte rémunération en contrepartie. Il y avait peu de chances qu’il s’agisse de l’un d’entre eux.

Se pourrait-il que cette femme soit une scientifique de l’Espoir ? C’était mauvais, si c’était le cas. Il ne comptait pas faire la fine bouche, ayant même formé une solitaire volontaire à quelques gestes afin de pouvoir déléguer et se concentrer sur ce qui ne pouvait l’être. Il avait besoin d’aide. Mais c’était mauvais. Potentiellement dangereux même. Les scientifiques n’étaient pas bien vus et l’Espoir plus généralement, pour tout un tas de raisons, justifiées ou non.

« S’ils ne veulent pas d’elle, comment on… ? »

« Je vais la chercher. Je serai de retour dans quelques minutes. »

Ajoutant une croix sur la fiche d’informations du patient avant de quitter la pièce, le blond alla retourner le sac d’un malade qu’ils n’avaient pu traiter, le vidant en deux temps trois mouvements sur un vieux fauteuil avant de le balancer sur son épaule.

« Vérifie que ceux qui parvenaient à boire le font et qu’ils gardent » recommanda-t-il en descendant les escaliers au pas de course.

« Mais… ! »

« Tiens à jour les fiches. Et garde le masque ! »

Un juron lui répondit, sans qu’il ne s’en formalise. Ouvrant la porte du bâtiment, toujours équipé de son propre masque, l’ancien étudiant en médecine tomba nez à nez avec deux solitaires s’étant improvisés gardes des lieux… pour le meilleur et pour le pire. Si à son arrivée, la veille au soir, c’est le sentiment de méfiance à le laisser agir qui avait dominé, Massial avait l’impression que celle de le voir se carapater en les laissant se démerder avait désormais pris le dessus. C’est pour cette raison que Jonas devait rester. Sortir à deux éveillerait bien trop la vigilance.

« Je vais visiter les malades du second bâtiment. »

Sans attendre de réponse et afin d’éviter toute question supplémentaire, le jeune responsable se glissa entre les deux hommes, traversant déjà la rue d’un pas pressé – du pas affairé de celui ayant trop à faire pour être dérangé. Rejoignant le bâtiment en question et sortant de leur champ de vision, il le longea sans pour autant en franchir l’entrée, s’éclipsant plutôt à l’arrière et s’enfonçant dans les allées encombrées du bidonville en direction de l’endroit où Jonas avait laissé l’inconnue.

Qu’est-ce qu’elle pouvait bien attendre ou réclamer en échange de sa participation aux soins ?
L’Espoir n’était pas le genre de groupe à distribuer ses ressources et son savoir, ni à les commercer. Il y avait longtemps qu’ils avaient tourné le dos à ce qui restait de la population et faisait même peur à une partie des survivants. En priorité les solitaires, des individus généralement de nature plus que méfiante. Mais qui pouvait vraiment les en blâmer par les temps qui couraient ?

Rejoignant rapidement le lieu qui l’intéressait, l’humaniste s’y engouffra par la large faille éventrant l’immeuble sans toit et peu susceptible d’être squatté. Si la femme était toujours là, il y avait de fortes chances qu’elle n’ait pas été inquiétée.

« Docteur Francoeur ? » appela-t-il à travers son masque blanc.

Alors que l’ancien solitaire rejetait en arrière la capuche qu’il avait rabattue sur sa tête durant le trajet, son regard sombre balaya la première pièce s’offrant à lui avant de s’avancer sur le parquet rongé par l’humidité.

Dés que l’alerte lui avait été transmise, énormément de choses s’étaient mises en place en moins de vingt quatre heures, que cela soit du côté de son clan ou du côté du bidonville. Cependant, les prochains jours ne les mettaient pas à l’abri d’une véritable flambée épidémique.



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Cassandre Francoeur
Membre
Dim 28 Jan - 16:11
Cassandre Francoeur
Personne ne sait vraiment comment Cassandre a été mise au courant de la situation du Bidonville, mais elle avait été mise au courant rapidement. De personne à personne, de voix en voix… Malgré le désastre, quand on savait porter attention, on pouvait entendre bien plus que le son de zombi grognant dans les rues. La scientifique avait appris beaucoup de choses dans sa vie et surtout de porter attention particulière à tout ce qui sortait de son petit monde ordinaire de blanc cassé et des murs de son laboratoire.

Elle entraîna dans sa vague un pauvre militaire un peu trop faible mentalement pour résister à l’exigence de Cassandre de le suivre avec un gros sac de fourniture médicale. Rien qui ne manquerait à l’Espoir tout de même. Le trois quarts du matériel ayant été créé par Cassandre de ses mains soit dans son laboratoire ou de ses propres mains pour le coton. La scientifique n’avait pas beaucoup de temps libre, mais elle avait toujours besoin de s’occuper, alors, elle s’occupait comme elle le pouvait. Étrangement, beaucoup de gens se tenaient loin d’elle pour toute sorte de raison plus obscure les unes que les autres… Obscur ou fondé, qui pourrait le dire?

La marche fut tout de même longue, mais ayant l’homme pour l’aider à transporter ils arrivèrent rapidement sur place. Elle lui signifia de rentrer au bercail avant qu’on ne remarque son absence le remerciant rapidement et prenant le lourd sac de matériel. Sa présence devrait passé, mais celle d’un militaire probablement pas. Elle savait qui était déjà sur place, les Humanistes. Les Humanistes pour la plupart doux et gentil n’appréciaient guère la venue de militaire lourdement armé avec un petit air de robot. Heureusement, ce petit air Cassandre ne l’avait jamais eue, elle n’avait jamais été militaire.

Cassandre fut interceptée rapidement par la venue d’un jeune homme. Elle lui expliqua brièvement la situation avec des mots très bien choisis pour lui dire ce que le jeune homme voulait entendre. Un sourire amusé sur les lèvres de la jeune femme quand elle atteint son but et qui lui demanda d’aller patienter dans un bâtiment. Il avait sans doute ses raisons et la scientifique ne chercha pas à entrer. Elle ne s’était jamais fait tirer dessus et ce n’était pas en voulant entrer de force que ça allait commencer.

À son habitude, Cassandre portait son masque noir, ses lunettes solidement attachées avec un petit style steampunk pour y mettre de la vie, sa tenue de cuir et de coton léger et résistant à la dure vie du chaos ambiant. Elle avait loin de l’air type d’un médecin et pourtant elle avait bien eu un diplôme… Si ce n’était pas le cas, elle avait de sérieuses connaissances pour une fraudeuse.

Elle leva ses lunettes protectrices pour mieux observer autour d’elle le bâtiment. Il n’y avait pas grand-chose à faire à part attendre. Combien de temps allait-elle devoir attendre? Peu importe, si le délai lui semblait trop long, elle finirait par simplement s’éclipser et entrer seule dans les lieux comme si de rien n’était. Cela avait déjà fonctionné dans le passé et rien n’indiquait que cela ne fonctionnerait pas de nouveau. Elle réussissait à obtenir ce qu’elle voulait dans un groupe militaire, alors dans un groupe comme les Humanistes ou un bidonville… Une étrange de plus ou de moins…

Une voix finit par retentir derrière elle. Elle se tourna lentement pour porter son regard vert pomme sur la personne qui l’avait appelé.

– Oui c’est bien moi. Je suis Docteur Cassandre Francoeur. On a fait venir à moi l’information qu’une épidémie courait et que ma présence serait peut-être nécessaire pour éviter le pire.

Elle observa le jeune homme, son regard doux semblait analyser le jeune homme. Pas de façon médicale ou perverse, mais simplement amusée et interrogée. Son jeune âgé? Non, Cassandre avait prouvé depuis bien longtemps qu’elle en avait peu de choses à faire de l’âge des gens, un enfant ou un vieillard, ils étaient presque identiques à ses yeux de scientifique.

– Je suis médecin… Et aussi accessoirement épidémiologiste… Je peux me rendre très utile,

Elle ria doucement en jetant un bref regard au sac qu’elle avait fait transporter.

– Je mets aussi à disposition du matériel qui sera très utile. Bien entendu, vous comprendrez que je dois venir avec mon matériel, je ne vais pas simplement faire un don…

Elle posa sa main sur sa hanche regardant le jeune homme avec l’air sérieux. Cassandre semblait être une personne tout en couleur malgré ses habits sombres adaptés à la vie apocalyptique. D’un premier coup d’œil, elle semblait bien cohabiter avec le chaos.


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Massial Jordan
Membre
Mer 14 Mar - 21:45
Massial Jordan
Bien que Jonas n’avait signalé personne d’autre, à la vue du sac semblant deux fois trop lourd pour elle, le regard du blond balaya instinctivement plus largement l’endroit avant de se darder sur la silhouette présente. Massial l’observa se retourner, ne se gênant pas pour la détailler ouvertement et tenter une première évaluation de la trentenaire, alors que la réponse ne tarda pas à tomber.

Il aurait pu tiquer, si son visage n’avait pas pris l’habitude de n’être couramment qu’un masque lisse en présence d’inconnus, indifférent à l’observation de son interlocutrice. Rien ne confirmait réellement qu’elle venait de la part d’Elie, et ça… ça le travaillait davantage que le petit air qu’elle affichait. Elie était une garantie de fiabilité.

« Je suis médecin… Et aussi accessoirement épidémiologiste… Je peux me rendre très utile. »

L’humaniste arqua un sourcil à l’entente du rire légèrement inopportun de la femme. En voilà au moins une que la situation amusait songea-t-il en suivant le regard de la femme vers le sac au sol. Un léger rictus s’étira sous son masque, accompagnant des pensées incisives qu’il ne jugea pas constructif d’exposer, malgré une petite envie purement puérile.

Si la perspective de se rendre utile à la surface distrayait tant les scientifiques de l’Espoir… il était un peu tard pour se réveiller. Utiles, cela faisait longtemps qu’ils auraient pu l’être.

« Je mets aussi à disposition du matériel qui sera très utile. Bien entendu, vous comprendrez que je dois venir avec mon matériel, je ne vais pas simplement faire un don… »

Hm…

« Vous pourrez m’appeler Massial. Je suis à l’origine des premières mesures ayant été mises en place. Epidémiologiste… De L’Espoir, je présume donc… »

Il savait que ses paroles pourraient dénoter avec sa jeunesse, mais ça ne serait pas la première fois que celle-ci créerait la surprise associée aux responsabilités endossées.

Son regard se fit appuyé sur le sac posé sur le sol humide, faisant comprendre à la femme ce qui avait accentué sa conclusion. Si c’était bien le cas, l’autre partie de la question pouvait également être : qu’est-ce qui les décidait soudainement à bouger leur cul ? Il préférait éviter les conclusions hâtives et il pouvait faire erreur, mais rares étaient ceux de la trempe d’Elie Lesage. La spécialisation mentionnée par l’arrivante ainsi que l’apport important de matériel semblait confirmer cette affiliation et collait assez peu au profil des autres clans, à son sens.

« Qu’avez-vous entendu de la situation et qu’attendez-vous d’eux en contrepartie ? »

Plongeant ses yeux dans les orbes verts de la scientifique, voilà qu’il mettait les pieds dans le plat sans détour. Chose pas inhabituelle de sa part, au fond, quand on le connaissait. Massial ne désirait pas perdre plus de temps que nécessaire, ni faire preuve de négligence. Avoir besoin d’aide n’excusait pas tout et rien n’était dit que le Docteur Francoeur était purement désintéressée. Autant être fixé rapidement, qu’ils sachent à quoi s’attendre et, dans le cas où ils pourraient fonctionner ensemble, optimiser leur temps en faisant le tri dans les informations qu’elle possédait déjà. Ce n’était pas le moment de s’endormir. Des malades l’attendaient… ou les attendaient… peut-être.

La perspective de confier les rennes à plus compétent n’avait rien pour le rebuter. Le blond possédait beaucoup de défauts, mais pas l’égocentrisme, loin de là. Il saurait se mettre en arrière, si besoin. Céder les commandes, suivre des directives et se ranger derrière quelqu’un de plus apte était même une perspective ayant quelque chose de sacrément séduisant, mais pas n’importe comment. Puisque d'une certaine façon, il s'était engagé en mettant les pieds ici et en donnant les premières instructions.

A la suite de sa question, un courant d’air s’infiltra dans la brèche béante, jouant avec quelques cheveux follets échappés de son élastique usé et glissa dans la charpente attaquée en un sifflement furieux, sa plainte se mêlant à la picorée d’une pluie se faisant soudainement plus lourde sur les lattes des étages. Temps décidément maussade qui ne partait pas pour s’arranger.



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Cassandre Francoeur
Membre
Jeu 22 Mar - 23:47
Cassandre Francoeur
Cassandre observa, de son regard vert perçant, le jeune homme qui se présentait comme étant l’instigateur de l’intervention, que la scientifique voulait rejoindre pour sans doute éviter qu’une deuxième épidémie ne surgisse en plus de la principale meurtrière. Elle replaça son masque noir sur sa bouche, n’ayant probablement pas envie d’attraper une saleté qui se promène dans l’air.

La jeune femme sembla réagir très brièvement au nom « Massial », mais sans en dire plus qu’un bref sourire un peu plus amusé. Connaissait-elle ce nom? Peut-être, mais sous le silence de la femme, il était difficile de savoir si elle cachait quelque chose.

– Et bien Massial, vous voyez juste, je suis bien de l’Espoir, mais comme vous le voyez, je suis seule. Vous vous douterez que je ne suis pas là sous ordre d’un supérieur. De plus, je suis plus une squatteuse qu’autre chose, je me suis installé dans les labos et j’ai demandé ensuite leur accord. Vu ma spécialité et que j’étais déjà entré sur les lieux, ils n’ont pas trop fait de chichi.

La femme gloussa sur ses paroles, en croisant les bras. Cassandre était une femme fière, mais avec un peu trop de désinvolture.

D’un autre côté, il était fort probable que l’âge de Massial ne faisait ni chaud ni froid envers la femme qui était, à première vue, là seulement pour apporter son aide. En tout cas, si c’était le cas, elle ne le laissait pas transparaître.

– Pour ce qui est de la situation, j’en sais assez peu et assez trop. Je ne me fie pas à ce que j’ai entendu, les gens déforment trop la réalité pour me faire une idée sérieuse. Je viens constater, par moi-même, qu’en déplaise à mes supérieurs ou à l’armée. Mais, j’espère que vous accepterez de m’en dire plus.

Elle retira ses lunettes de voyage pour les mettre dans son sac qu’elle portait contre elle, avant qu’il laisse une marque indiscrète sur son front. Son regard resta posé dans son sac un petit moment en replaçant quelque chose avant de le refermer.

– Pour ce qui est des contreparties, honnêtement, je ne m’attends à rien de base. C’est certain que si je peux prendre quelques échantillons de personne volontaire pour savoir comment cette épidémie est arrivée et comment on peut éviter qu’elle se reproduise… Je ne serai pas contre, mais je ne veux pas forcer qui que ce soit, ça ne m’apportera rien, d’être une cachottière et ne plus pouvoir revenir pour de simple mensonge.

Elle hocha lentement la tête de droite à gauche. Si elle n’était pas sincère, elle était une excellente comédienne. Elle était détendue et regardait le jeune homme droit dans les yeux. Cassandre semblait même scruter le regard du jeune homme.

– Puis, il y a une autre raison… Je viens ici de temps en temps pour apporter mon aide. Les gens, qui n’ont pas le moyen de payer les services de médecin, font parfois appel à moi. Je conserve des échantillons de salive et de sang en échange. Bien sûr, nous sommes dans une circonstance exceptionnelle et je ne vais pas rester sans rien faire à voir des gens sans défense mourir d’une cause inconnue. Je soignerai les gens qui veulent bien être soignés.

Doucement, la femme fit quelques pas vers l’homme pour s’approcher. Elle décroisa lentement les bras et le regarda droit dans les yeux.

– Alors? J’ai le droit d’aider? Je ne suis pas là pour prendre les reines et prendre les éloges. Je m’en fiche d’être reconnue ou non, je veux juste m’attaquer aux épidémies, c’est mon métier.

Son ton était à la fois sérieux et désinvolte. Elle dégageait une confiance et sans nécessairement de la bienveillance d’un ange. Il était fort probable qu’elle avait autre chose en tête en regardant l’homme qu’elle ne prenait pour son égal.

Elle finit par lever le regard vers le plafond quand celui-ci se mit à chanter avec beaucoup trop de fausse note et que ses quelques mèches volatiles se mirent à danser au gré du vent.


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Massial Jordan
Membre
Mar 10 Avr - 22:12
Massial Jordan
« Alors nous sommes deux… » répondit-il, soutenant le regard de la femme de ses yeux sombres.

La seule chose lui important était un résultat satisfaisant, au bout du compte. Moins de pertes il y aurait. Moins de conséquences il y aurait. Et le moins d’ampleur ça prendrait… Plus le résultat le serait… Satisfaisant. Lui non plus n’avait rien à faire d’éventuelles éloges.

Levant également les yeux, le jeune homme fixa brièvement le plafond, puis en guise de réponse, Massial la contourna et s’empara du sac qu’il hissa sur son épaule sans geste brusque, pour ne pas risquer d’en endommager le contenu. D’un signe de tête, il fit signe à la scientifique de sortir avant de remettre sa capuche et de quitter le bâtiment vétuste d’un bon pas.

« Les échantillons devraient pouvoir se négocier avec certains. »

Il était encore tôt, mais la clarté était crépusculaire et, en quelques pas forcés dans quelques parcelles d’allées où le béton avait souffert, leurs semelles se retrouvèrent couvertes d’une épaisse couche de boue. A ses dires, elle semblait avoir un caractère bien trempé et la présence d’esprit de prendre les rumeurs avec précaution.

« Tenez-vous le pour dit, je vais vous faire entrer. Si je sens la moindre entourloupe, vous en ressortirez aussi vite, sinon plus. »

Ses conditions avaient été posées, il serait peu judicieux de la part de la femme brune de s’aviser d’en ajouter subrepticement à l’avenir. Une fois ceci clairement exposé, tout en progressant à travers les débris, l’humaniste passa – sans transition – à quelques explications, entamant un premier point de la situation :

« Tous les symptômes semblent indiquer que nous sommes en présence d’une épidémie cholérique. Une contamination de l’eau en est très probablement le facteur d’origine, bien que nous n’ayons pu vérifier avec exactitude ce point, scientifiquement parlant. »

A l’heure actuelle, les échantillons qu’il avait fait parvenir à Diana devaient être en cours d’étude au château, avec les moyens du bord, mais il était difficile à dire s’ils obtiendraient des résultats et dans combien de temps. Elle ferait au mieux. Le choléra n’était plus une maladie observée en France depuis… depuis longtemps, hormis quelques cas isolés, et importés.

« Nous avons actuellement 22 malades en observation pour cette raison, répartis dans deux bâtiments en vues des futurs arrivages possibles, dont 19 présentant des symptômes de modérés à graves, incluant 7 cas sévères. D’autres sont probablement dans les alentours, asymptomatiques ou en période d’incubation. 4 décès ont été signalés, dont 3 avant intervention. »

Il tut volontairement la présence d’autres malades et blessés ayant profité de leur présence pour venir tenter leur chance et réclamer des soins, ainsi que la présence d’une victime de morsure mise à un isolement improvisé. Cela n’avait rien à voir avec le véritable problème.

« Quelques hommes se chargent de trouver une solution concernant l’assainissement des sources potentiellement souillées. En attendant, nous avons rappelés la nécessité de filtrer et faire bouillir l’eau, d’où l’augmentation d’activité que vous avez certainement pu observer autour des feux, à votre arrivée. »

Certaines règles d’hygiènes étaient également déterminantes, mais pas forcément évidentes à observer dans de telles conditions de vie, quasi moyenâgeuses.

Alors qu’ils réduisaient rapidement la distance les séparant de leur destination, l’humaniste hésita un instant. Devait-il introduire le Docteur Francoeur avec discrétion ou entrer avec elle aussi simplement qu’il était sorti, quelques minutes plus tôt ? Avec aplomb si besoin. Lorsqu’ils arrivèrent en vue des deux hommes abrités sous le porche, la décision était prise.

« Nous manquons d’un peu de tout, alors nous compensons comme nous pouvons » continua-t-il d’expliquer à son interlocutrice sans s’émouvoir de la trogne renfrognée qu’afficha l’un des individus.

« Hey. C’est quoi l’embrouille ? C’est q… ? »

« Une paire de bras supplémentaires. »

Espérant couper court, Massial ouvrit la porte, invitant la scientifique à entrer la première, mais à la main qui l’attrapa par le bras et au doigt accusateur qui se pointa vers l’autre bâtiment, il se planta devant l’homme.

« Comme constaté ce matin, ta fille va mieux. J’ai des perfs à monter et à poser, des constances à prendre, des sels de réhydratation à fabriquer… Je continue et on tergiverse ici pendant que tu m’expliques comment bosser ou je retourne auprès d’elle et des autres faire ce que j’ai à faire ? »

Tension. Silence. Il dégagea finalement son bras.

« C’est bien ce que je pensais » souffla-t-il en entrant à son tour avant de refermer derrière eux.

Déposant son chargement, maintenant, il était assez curieux de découvrir ce qu’elle avait pu leur ramener de beau. A ce moment, le sac de Cassandre avait un doux air de famille avec la hotte du père noël.

« Le second bâtiment accueille les cas les plus légers à modérés... »



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