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Et PAN ! [Massial et Malo]

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Malo Gassaurang
Rescapé
Lun 8 Jan - 1:54
Malo Gassaurang



Quelques heures après être revenu de manger, Malo se passa les mains sur le visage, inspirant lentement pour se donner la force de sortir à nouveau de sa chambre. Il avait toujours eu du mal avec les relations humaines. Alors quelle ironie de le retrouver chez les Humanistes, non ?

Lui-même se demandait, d’une certaine manière, ce qu’il faisait ici. Enfin, il le savait : il était venu pour Alice. Mais quelle était sa légitimité dans ce groupe ? Il se rendait utile car il ne cherchait pas à être un fardeau, mais il ne faisait pas de zèle pour autant. Il s’arrangeait pour se ne pas se montrer, pour se faire oublier. Il ne s’investissait pas outre mesure. Comment s’investir dans un groupe où on ne se sent ni à l’aise ni en confiance ?

Et ce sentiment n’était pas nouveau. Déjà qu’à son arrivée au lycée Voltaire, il ne s’était pas vraiment montré en public, ça avait été pire depuis l’« incident » dramatique qui avait précipité le déménagement du groupe. Les Humanistes s’étaient montrés imprudents. Le lycée Voltaire, ce lieu qui aurait dû être un havre de paix, un îlot de tranquillité coupé du monde hostile, avait-il seulement été un jour un endroit sécurisé ? Est-ce que l’accès au lycée n’aurait-il pas dû être plus limité ? Malo avait pu y entrer facilement, grâce à Alice. Manipuler quelqu’un pour en faire autant n’était sans doute pas difficile pour quelqu’un de mal intentionné et de déterminé. Les Humanistes auraient dû se méfier davantage : une telle duperie était pourtant tellement flagrante.

Enfin… C’était sans doute facile de dire ça maintenant, mais Malo non plus n’avait rien vu venir. D’un autre côté, il était arrivé à peine un moins avant les premiers infiltrés et avait passé quasiment tout son temps dans son coin ou avec Alice. Il n’avait pas eu beaucoup de contact avec les autres Humanistes. Mais, sincèrement, la situation aurait-elle été différente s’il avait fait davantage d’efforts pour se lier à la communauté, s’il n’avait pas passé le plus clair de son temps en tête à tête avec lui-même ou avec Alice ? Ne se serait-il pas fait berner, lui aussi ? N’était-ce pas prétentieux de penser le contraire ? Ou alors ne se serait-il pas méfié de tout le monde, tant et si bien que les vrais coupables auraient été noyés dans la masse des suspects ?

Et puis, son implication aurait-elle vraiment pu changer quelque chose à la situation ? Il ne faisait pas partie des membres du conseil, contrairement à son statut d’officier à l’époque où il avait une fonction importante dans sa guilde. A cette époque-là, il avait du pouvoir, et il savait l’utiliser. Les Swordae ne risquaient pas de se faire infiltrer par des ennemis. Même si les risques étaient bien moins grands. Qu’est-ce qu’il regrettait cette époque bénie où ses plus gros soucis étaient la gestion des missions de guilde et la création de sites web pour des gens qui avaient autant de compétences esthétiques que des gamines de 2 ans à qui on offre une palette de peinture…

Quand l’annonce du déménagement avait été faite, Malo y avait trouvé des avantages. Le château offrait une meilleure sécurité, un meilleur rendement, davantage de cultures. A vrai dire, il aurait validé l’idée, s’il avait eu son mot à dire. Mais malgré son potentiel, le château offrait-il vraiment une meilleure sécurité ? Si les Humanistes refaisaient la même erreur, ses beaux murs et ses grands espaces ne seraient pas forcément efficaces contre un nouveau problème interne… Toute menace était-elle réellement écartée ? N’y avait-il pas encore, caché au sein du groupe, un ennemi tapi dans l’ombre, un agent double qui faisait preuve de la plus grande discrétion ? Qui pouvait garantir le contraire ? Et puis quitter le bâtiment pour traverser la ville infestée de zombies n’avait pas été une perspective des plus attirantes.

Alors, face à ce sentiment d’insécurité étouffant, il s’était encore plus renfermé sur lui-même. Il avait cherché à se faire discret durant la longue marche pour rejoindre le château, il s’était installé sans faire d’histoire. Il s’était fait oublier. Encore plus qu’avant. Mais il était tellement discret au quotidien qu’il était dur de voir que le pauvre Malo n’était plus que l’ombre de lui-même. Il ne semblait pas avoir changé outre mesure. Dans les premiers temps, son attitude un peu plus distante avait pu être mise sur le compte du traumatisme d’avoir été présent au lycée au moment des faits. Et puis, ça n’avait jamais été un grand bavard, il n’avait jamais noué de forte amitié au sein du clan. Personne n’était réellement là pour se soucier particulièrement de lui. A part Alice. Si bien qu’à force de ne sortir de sa chambre que par nécessité et aux heures les plus calmes, certains avaient même dû finir par oublier qu’il était au château…

N’aurait-il pas mieux fait de ne pas suivre le groupe ? Il aurait pu retourner à la Citadelle. Alice avait craint qu’il le fasse mais, même s’il y avait des attaches, il n’aimait pas cet endroit. D’un autre côté, aimait-il vraiment le clan des Humanistes ? Pourrait-il s’y sentir en sécurité un jour ? Pourrait-il vraiment s’y investir autant qu’il le devrait ? Quelques années plus tôt, il n’aurait pas toléré un tel manque d’investissement de la part d’un des membres de sa guilde. Il était parfaitement conscient qu’il devait faire plus d’efforts, mais il estimait qu’il en faisait déjà beaucoup. Plus exactement, en faire davantage lui semblait insurmontable. Pourtant, il ne pouvait pas se contenter d’être un fantôme hantant silencieusement ces murs, se montrant pour le repas aux heures les moins animées, faisant sa part du travail dans les zones les moins peuplées… Alice lui avait déjà dit, elle avait voulu lui faire comprendre que son attitude ne l’aidait pas à se faire intégrer, elle avait essayé de l’aider. Mais ça n’avait fait que le faire culpabiliser davantage. S’ouvrir aux autres était encore bien trop difficile pour lui, alors qu’il était en proie à un tel sentiment de mal-être, de stress permanent.

Malo soupira, entrouvrit la porte, s’assura que le couloir était tranquille à défaut d’être totalement désert et sortit de sa chambre avec l’air le plus neutre possible, portant le plus naturellement possible son sac en bandoulière. Evitant de croiser le regard des autres Humanistes, détournant le regard quand il sentait qu’on le fixait, il rejoignit le bâtiment militaire. Il savait qu’à cette heure, il n’y avait quasiment personne. Sa présence n’était pas un secret d’état, mais il ne voulait pas crier sur les toits qu’il avait une arme. Il l’avait achetée à la Citadelle, peu après l’incident au lycée. Dans de telles circonstances, sortir pour se rendre à la Citadelle et se procurer de quoi se protéger ne lui avait pas semblé tellement plus dangereux que d’évoluer dans le bâtiment ouvert à tous les dangers. Et ça lui avait permis de se procurer une carabine de chasse démontable à un prix tout à fait correct. Les contacts à la Citadelle, c’est toujours utile.

Il entra dans l’armurerie après un regard alentour et ferma la porte derrière lui, rassuré d’être seul. Lentement il ouvrir son sac et sortit les pièces de sa Browning BLR take down. Dans sa chambre, il n’avait pas tout le matériel pour entretenir cette arme comme il se doit, tandis qu’ici, il y avait tout et même plus ! Alors il s’installa tranquillement et se mit au travail, fredonnant tout bas un air issu d’un de ses jeux vidéo préférés. Pas assez fort pour être entendu du couloir. A peine audible pour quelqu’un dans la pièce et suffisamment proche de lui.

Rapidement perdu dans ses pensées, il en vint à ne plus vraiment voir le temps passer…


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Massial Jordan
Rescapé
Lun 22 Jan - 1:40
Massial Jordan
Ses yeux s’ouvrirent sur l’obscurité de la chambre.

Boum Boum.. Boum Boum.. Boum Boum..

Avalant difficilement sa salive, le jeune homme blond referma brièvement les yeux, sa respiration s’apaisant progressivement ainsi que son rythme cardiaque avant qu’il ne jette un regard à son poignet.

1h21. Il avait dû s’assoupir peu après la fin de la ronde d’Hayden. Une heure plus tôt, plus ou moins.

Un froissement de draps provenant du lit de son cousin et Calypso se serra un peu plus contre Massial, alors que Melodie se remit à lui mâchouiller le doigt de plus belle dans son sommeil. Nichée contre son torse et son bras, voilà qu’elle recommençait à inonder copieusement sa manche, plus baveuse qu’un escargot.

Diagnostique ? Elle faisait ses dents. Joie.

Voilà cinq jours qu’Aimie avait pris la poudre d’escampette sans moyen de lui remettre la main dessus – ce qui n’était pas faute d’avoir essayé – et, deux jours plus tard, le bout d’humain se mettait à avoir les chicots qui travaillent. En somme, voilà trois jours que la petite créature réclamait des paires de bras avec mauvaise humeur. Et que… manque de chance… les siens semblaient de ses grands favoris en l’absence de ceux de sa mère adoptive.

Peut-être était-ce dû aux premiers jours de sa petite vie où la jeune femme et lui s’étaient relayés auprès du nouveau né avec inquiétude mais, actuellement, cela l’arrangeait assez peu. Le déménagement avait été une réussite. Cependant, même si ce qui était urgent avait été effectué avec succès, il restait pas mal de pain sur la planche.

Les yeux fermés, alors que ses doigts fins enroulaient et déroulaient distraitement l’une des boucles dorées de la petite, impossible de reconstituer le songe désagréable l’ayant tiré de ce cours repos. Il tenta alors de se rendormir. En vain. Malgré lui, l’esprit du jeune homme se mit à calculer. Il calculait la durée du traitement de Richard, la posologie d’Antoine… ressassait le départ d’Aimie, tentait en vain de faire le vide dans son esprit, repensait au résultat positif du placebo et aux constances d’Henriette, à l’avancée des travaux, mais ne dormait pas. Et c’était là que le bas blessait. Deux heures de sommeil sur deux jours, ça devenait léger. Pourtant, il restait opérationnel durant les divers travaux et activités de la journée. Question d’habitude.

Faire le vide… Il devait faire le vide… Son esprit se focalisa sur les respirations des endormis, lâchant progressivement prise.

2h04. Quelqu’un éternua dans une salle voisine. La main de l’humaniste remonta la couverture sur les épaules de sa protégée.


Et lentement, il sentit le sommeil revenir le chercher...:
 



Boum Boum.. Boum Boum.. Boum Boum..

2h26. Son regard sombre s’ouvrit de nouveau, les limbes du sommeil se dissipant à nouveau brusquement.

Boum Boum… Boum Boum…

Il inspira soudainement comme si son corps se souvenait brutalement de comment faire et de la nécessité de cette action.

Au château. Il était au château. Ils étaient au château. Il n’avait que ça à se souvenir actuellement. Cependant, sur le tableau noir que représentait la chambre plongée dans les ténèbres, même éveillé les souvenirs continuèrent de danser, presque palpables. Lancinants.

Fais chier…

Même en gardant les yeux grands ouverts, ils refusaient de se dissiper.
Il avait besoin d’air. Se redressant lentement, la croix en argent d’Eliott glissa lourdement contre sa peau et il serra presque douloureusement le pendentif à travers son t-shirt avant de s’extirper du lit avec précaution.

« Down » souffla-t-il en voyant la tête de leur chien se redresser avec intérêt, pendant qu’il s’emparait silencieusement de quelques autres affaires, dont la lame glissée sous son oreiller et qu’il rangea dans l’étui resté fixé à sa cuisse.

Les bras chargés et sur le point de refermer la porte, le jeune homme leva les yeux au ciel et capitula devant l’air de leur compagnon à quatre pattes. Cette bestiole aurait pu faire de la pub pour la SPA.

D’un simple signe de la main, Massial fit comprendre à l’animal de ne pas bouger et prit le temps d’enfiler ses chaussures dans le couloir, de ceindre la ceinture portant son holster et le glock allant avec, puis de le dissimuler sous le pull attrapé à l’aveuglette.

Et maintenant… ? Il pourrait se rendre à l’infirmerie, prendre la permanence de Diana et se plonger dans le travail. Il se pouvait aussi qu’elle décide de rester… C’était une femme remarquable, qui le secondait à la perfection, depuis son arrivée mais, ce soir, il ne désirait pas sa compagnie, ni son attention. Fermant les yeux et inspirant profondément, un coup de museau le tira des sombres réminiscences menaçant de le happer de nouveau.

« Tu as raison, allez, viens, mon grand… »

2h34. C’est l’heure qu’affichait le cadran de sa montre lorsqu’il poussa la porte de l’armurerie, après avoir salué un garde faisant sa ronde.

L’armurerie du clan. Elle n’avait pas grand-chose à voir avec celle de son enfance, mais… Sans aucun doute, c’est le lieu qu’aurait occupé Jimmy, s’il avait…

S’il avait survécu.

Oui, Jimmy aurait pris cette zone en main avec son expérience et des idées dont lui seul avait le secret. Massial pouvait sans mal l’imaginer s’affairer dans la pièce silencieuse et une bouffée d’affection – bien vite étouffée – s’attaqua à son cœur endurci.

D’un geste, il retint le chien d’Hayden d’aller voir l’autre occupant des lieux. C’était l’une des dernières personnes qu’il s’attendait à croiser ici, encore plus à une telle heure.

L’ami d’Alice.

Malo ne semblait pas avoir remarqué leur présence ou, si c’était le cas, rien ne le laissait paraître.
C’était un garçon effacé, qu’il n’avait pratiquement jamais entendu. Jusqu’à maintenant, Massial ne savait même pas dans quel secteur l’autre jeune homme blond avait finalement trouvé sa place ou avait simplement échoué, un peu au hasard. Après le déménagement, Massial s’était un peu désintéressé de ce garçon et des préoccupations d’Alice à son sujet… Ils avaient été occupés dernièrement. Très occupés, même s’il se souvenait assez peu de l’avoir croisé à s’affairer activement.

Cependant… Au moins, Malo semblait savoir ce qu’il faisait avec cette carabine à levier de sous garde entre les mains.

Un instant, Massial l’observa attentivement avant d’ouvrir un casier métallique et de sortir la sacoche contenant les armes blanches en attente de réparation. La posant sur le coffret renfermant diverses pièces de défuntes armes, il embarqua également une caisse à outils avant de déposer le tout de l’autre côté de l’établi, avec sa lampe.

« Salut. »

L’ancien solitaire jeta un regard à la carabine entre les mains de son interlocuteur avant de déplier la sacoche. Il en tira un premier couteau.

Couteau de chasse pliant. Leopard. Manche bois et laiton. Ouverture assistée… Mécanisme grippé.

Sans doute une trouvaille récente dans les ruines, inutile actuellement. L’état général de l’arme était assez mauvais, mais pas irrécupérable. Ce qui était certain, c’est qu’elle avait dû perdre son utilité depuis longtemps… La déposant, il entama le diagnostique d’un second couteau, de taille beaucoup plus modeste. Sur celui-ci, il y avait du jeu entre le manche et la lame, annihilant la fiabilité de l’arme.

« C’est une bonne chose que David ait trouvé une personne supplémentaire pour aider ici » lâcha-t-il finalement après quelques minutes, en démontant son premier patient, sans préciser qu’Alice devait également être rassurée.



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Malo Gassaurang
Rescapé
Sam 3 Fév - 17:23
Malo Gassaurang



Sa carabine retrouvait doucement sa jeunesse. Malo était méticuleux, attentionné, doux, patient… Il bichonnait cette arme, un peu comme il aurait pris soin de son PC quelques années plus tôt. A vrai dire il ne s’était jamais aussi bien occupé des armes de son père.

Par moment, son esprit vagabondait un peu, s’éloignant de ce Paris apocalyptique. Il revoyait avec nostalgie ce qu’il avait souvent qualifié comme étant les pires années de sa vie. Il repensait à son père, avec qui il avait passé tellement d’heures à pêcher ou à chasser. Il n’aimait pas la chasse, il n’avait jamais aimé ça, mais il voyait dans ses moments de silence la fuite idéale loin des amies de sa mère, trop expansives, trop démonstratives… Et puis, ça lui permettait de profiter un peu de la présence de son père, malgré tout, quand celui-ci n’était pas ivre. Pour autant, Malo n’avait rien contre ses parents. Il avait grandi dans une famille aimante, bien que maladroite et constituée d’individualités trop différentes pour que l’ensemble soit cohérent…

Alors qu’il prenait soin de son arme, il entendait les conseils de son père, comme un lointain écho du passé. Il sentait encore les mains sèches et calleuses de son père se poser sur les siennes pour guider ses mouvements. Marcel Gassaurang aurait tellement aimé que son fils partage réellement ses passions ; mais il avait rapidement dû comprendre que ça ne serait jamais vraiment le cas, même si Malo appliquait patiemment les consignes. Il avait longtemps fait tout ce que ses parents lui disaient de faire, espérant que cela suffise à protéger sa famille des disputes, des conflits. Qu’est-ce qu’il avait été naïf…

    Une silhouette derrière la végétation. Le poids de la carabine dans ses mains. La force de la poigne de son père dont les doigts enserraient son épaule. Un murmure, à peine un souffle dans le silence du petit matin.

    « Vas-y… concentre-toi… »

    Une détonation. Un râle poignant.
    Un jeune cervidé s’écroulant au sol, le regard éteint.
    Malo avait donné la mort.

    Ce n’était pas la première fois qu’il tirait, loin de là, mais jusqu’à présent son père ne l’avait fait tirer que sur des objets. Pas sur des animaux vivants !L’enfant en était resté tétanisé pendant ce qui lui avait semblé une éternité. Mais son père en avait été tellement fier... Par contre, sa mère avait hurlé quand il s’en était vanté auprès d’elle, tellement heureux que son fils ait tué son premier chevreuil. Et une dispute avait éclaté au sein de la famille, laissant l’enfant s’enfermer encore plus dans ses tourments.


Les années avaient passé. L’eau avait coulé sous les ponts depuis le temps. Mais pourtant, Malo n’avait pas pu oublier ce qu’il avait ressenti à cet instant. Ces moments étaient gravés dans sa mémoire pour toujours. Le jeune homme secoua mentalement la tête pour les éloigner, plongeant encore plus loin dans ses souvenirs. Il revoyait sourire fier et maladroit de son père quand il lui avait mis une arme dans les mains pour la première fois.

    Malo n’était alors qu’un enfant aux yeux écarquillés, tenant sans trop savoir comment cet instrument de mort trop lourd et trop grand pour lui, mais son père l’imaginait déjà en fier chasseur, perpétuant les traditions familiales.

    « Bientôt, elle sera à toi. » avait-il dit dans un murmure ému.

    A cet instant, l’enfant aurait préféré se terrer à l’autre bout du monde ; mais il s’était contenté de forcer un petit sourire à l’intention de son père tandis qu’il le délivrait de son fardeau en rangeant la carabine.


Jamais il n’aurait pensé que l’enseignement de son père lui aurait servi un jour. Pourtant, c’était grâce à lui qu’il était là, qu’il pouvait se sentir en sécurité en ce lieu. C’était grâce à ces connaissances que, pendant quelques instants, il n’avait pas été écrasé sous le poids de l’horreur que le monde vivait depuis trop longtemps.

Dans un geste machinal, il assembla son arme en silence, la fixant d’un air légèrement absent, sans entendre la porte s’ouvrir. Sa carabine était aussi rutilante que possible, impeccable. Un léger sourire, à peine visible, étirait doucement ses lèvres.

Malo manqua de sursauter quand Massial le salua. Perdu dans ses pensées, il ne l’avait pas entendu arriver. Il répondit d’un simple signe de tête, sans pour autant quitter son interlocuteur du regard. Qu’est-ce qu’il faisait là ?! Ce n’était pas une heure pour venir s’occuper des armes à l’armurerie ! D’ailleurs, c’était bien pour ça que Malo était venu dans la nuit. Pour être seul et tranquille. Pour ne croiser personne. C’était raté. Mais pourquoi donc Massial était-il venu ici ? Etait-ce Alice qui l’avait envoyé ? Ou peut-être voulait-il être seul, lui aussi ? En tout cas, il ne semblait pas spécialement dérangé par la présence de quelqu’un d’autre en ce lieu. Il s’installait déjà dans son coin, pour se mettre au travail.

Massial était rudement investi dans la vie du clan. Le jour à l’infirmerie, la nuit à l’armurerie, sans oublier ses sorties et le reste ! Mais au fond, ça n’étonnait pas Malo ; Alice n’avait toujours dit que du bien de son ancien voisin. Et Wolf aussi. Et le peu qu’avait pu constater Malo – essentiellement par micro interposé – n’avait fait que confirmer cette idée ; même si d’une certaine manière, Massial était aussi stressant. Impressionnant, dans les deux sens du terme.

Après avoir rapidement parcouru la pièce du regard, Malo reporta son attention sur son arme et commença à la démonter, quand Massial reprit la parole, s’adressant inévitablement à lui. Pourquoi les gens avaient-ils ce besoin de parler quand ils étaient réunis dans une même pièce ? Malo releva les yeux vers Massial, abandonnant à nouveau sa carabine, qui devra attendre quelques instants avant de regagner son sac. Il ne pouvait pas partir maintenant, comme un voleur…

La surprise marqua nettement le visage du jeune homme blond. Massial pensait vraiment que Malo travaillait à l’armurerie ? N’importe qui aurait sûrement ri en l’imaginant travailler dans le secteur de la sécurité : il était loin d’avoir la carrure, la volonté et la force nécessaires. A vrai dire, ça ne lui avait même jamais effleuré l’esprit, qu’il aurait pu travailler ici. A Alice non plus, mais ce n’était pas surprenant ; elle ne connaissait au fond pas grand-chose de l’enfance de Malo…

Malo hésita un instant sur la réponse à formuler. « Je ne travaille pas ici. » était trop sec et amènerait trop de questions sur sa présence en ces lieux, sur ses compétences et sur ses raisons de ne pas en faire profiter le groupe. Conflit et tensions en vue dans un futur immédiat. Se contenter d’un simple « oui… » évasif aurait pu être une solution intéressante. Cette réponse laisserait entendre qu’il travaillait ici sans pour autant le faire réellement mentir, car tout serait laissé à l’interprétation de son interlocuteur. Mais cette réponse aurait des conséquences négatives par la suite si Massial en parlait avec David. Conflits et malaises en vue dans un futur plus lointain. Evidemment, Malo pourrait toujours prétendre ne pas avoir compris que Massial pensait qu’il travaillait ici, mais il n’avait pas envie de s’enliser dans ce genre de situation. D’autant plus qu’il s’agissait de Massial, et pas du premier abruti venu… Par contre, l’autre avantage, non négligeable, de cette réponse était le fait que ce manque d’approfondissement ferait probablement retomber la conversation. Ou alors, Massial lui poserait des questions pour savoir depuis quand il travaillait ici, ce qui l’y avait poussé… et ça le forcerait à admettre qu’il n’y travaillait pas. On en revenait donc au premier cas.

- C’est pour l’aider que tu es venu ici à cette heure ?

Éluder les sous-entendus de la remarque de Massial. Troisième solution. Il ne répondait pas vraiment mais après tout il n’y avait pas non plus de question… Par contre ça risquait de relancer un peu trop la conversation. Enfin, il verrait comment la situation évoluerait….


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Massial Jordan
Rescapé
Jeu 1 Mar - 21:59
Massial Jordan
S’évertuant à déplier le grand couteau de chasse, c’est le silence de l’autre humaniste qui lui fit lever les yeux de la tâche en cours.

« C’est pour l’aider que tu es venu ici à cette heure ? »

« En quelque sorte… »

Ce n’était pas tout à fait vrai. Ce n’était pas tout à fait faux non plus. Il fallait qu’il s’occupe. Et autant le faire utilement. La nuit, entre ces murs, ses options variaient généralement entre la salle d’entrainement, l’infirmerie ou – comme cette nuit – la partie accessible de l’armurerie. Pinçant les lèvres, le jeune homme força péniblement la lame contre l’établi jusqu’à ce qu’elle s’ouvre complètement, indifférent à l’énième marque qui resterait sur le bois brut.

« Tu es spécialisé dans les carabines à levier ou tu touches également au reste ? »

Question pratique avant tout, afin de déterminer sur quoi Massial devrait se concentrer lors de ses futurs passages et ce qu’il ferait mieux de déléguer pour une efficacité optimale. Pourtant, en y réfléchissant, c’était tout de même curieux qu’Alice ne se soit pas empressée de venir lui annoncer la nouvelle… Quoiqu’il était vrai, que l’ancien solitaire n’était pas l’oreille la plus attentive qui existe pour les bavardages. Il n’était plus vraiment le garçon agréable et ouvert qu’il avait été pour elle… Oh, elle n’avait pas besoin de le rabâcher. Il n’était pas dur de le réaliser. A chaque fois qu’elle le voyait, elle revoyait celui qu’il n’était plus, celui qu’il ne serait plus jamais… Pourtant…

Pourtant, c’était comme si, elle, elle n’avait pas changé. Comme si la brune était restée celle qu’elle avait toujours été. Souriante. Vivante. Insouciante. Il savait que c’était faux ; que ça ne pouvait être totalement vrai ; qu’ils portaient tous en eux les traces des dernières années. Malo et Alice étaient restés proches, eux… Il en vint à se demander de quoi pouvaient être faits leurs échanges et leurs préoccupations. Les comprendrait-il, lui ? Il n’en était pas certain. Est-ce que l’ancien informaticien gérait mieux que lui ? Est-ce que Malo avait les mots justes avec elle ? Probablement. Massial l’espérait.

Remarque, ça serait difficile de faire pire.

Les siens n’étaient jamais les bons.

Peu importe… Il ne voulait pas y penser. Si seulement son cerveau pouvait trouver le bouton off, ce soir. Heureusement, il quitterait à nouveau bientôt ces murs. L’adrénaline était un bon remède aux maux le rongeant, tuant temporairement les symptômes latents.



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Malo Gassaurang
Rescapé
Mer 18 Avr - 17:59
Malo Gassaurang



A entendre sa réponse aussi évasive celles de l’ancien informaticien, Massial ne semblait pas vraiment vouloir justifier sa présence ici. Pas plus que Malo en tout cas. Les deux grands bavards étaient réunis ! Le silence retombait.

Au final, Malo trouvait que ce n’était pas si mal. Pas besoin de s’étendre sur les raisons de leur présence ici. Et de manière générale, pas besoin de parler si Massial ne le voulait pas non plus. Ce silence, voulu des deux côtés, c’était ce qu’il y avait de plus simple pour laisser retomber la conversation. Pas comme avec Alice qui aurait pu repartir sur tout et n’importe quoi à partir de n’importe quelle réponse (ou absence de réponse). Quelle bavarde, celle-là ! Malo l’appréciait beaucoup – elle était un peu comme une sœur pour lui, une sœur qui en sait un peu trop et dont il connait également beaucoup de choses – mais il ne pouvait nier son côté pipelette. Et cet aspect de la personnalité de la miss, s’il le sauvait parfois ou lui évitant d’avoir à parler lors de leurs conversations, avait aussi ses inconvénients…

Malo termina de ranger ce qu’il avait à ranger. La pièce n’était plus animée que par des légers bruits métalliques témoignant de la présence et de l’activité des deux jeunes hommes. Des cliquetis, des frottements. Rien de plus. Malo allait pouvoir s’en aller. Retourner dans sa chambre, s’isoler à nouveau. Mais c’était sans tenir compte du fait que tout me monde – même Massial – était plus enclin à parler que lui. Malo leva les yeux vers son interlocuteur.

- … Spécialisé…. ?

Il marqua une légère pause, retenant un soupir et reporta son attention sur sa carabine. Ca allait trop loin. Éluder des questions, presser la fin d’une conversation, d’accord. Mais mentir ouvertement ? Non. Et puis, pas à Massial. Et pas seulement parce qu’il était impressionnant, ce gaillard !

- Je.. je sais m’occuper de mes armes… ça ne va pas plus loin.

Massial comprendrait probablement toute la portée de cette réponse. La raison de la présence de Malo à l’armurerie. Le fait que l’arme soit à lui. Le voile serait levé sur sa supercherie. Enfin, supercherie… le mot était un peu grand. Malo n’avait fait que venir ici en cachette, laisser croire ce qu’il voulait à Massial et éluder les questions, sans pour autant mentir.

Mais l’ancien informaticien n’osait pas relever les yeux vers son interlocuteur. Son manque de confiance en lui était presque palpable. Massial verrait-il qu’il ne concernait pas seulement les rapports humains ? L’informaticien se dévalorisait ; il aurait très certainement pu se débrouiller avec d’autres armes, quitte à devoir se renseigner un peu dessus en amont pour s’assurer de ne pas faire de bourde. Les armes étaient loin d’être sa passion, mais il avec vécu avec durant toute son enfance, après tout… Sinon, comment aurait-il prendre soin de cette carabine et comment se serait-il senti en sécurité avec cet engin de mort entre les mains ? Il n’avait pas vraiment le profil d’un gars qui aime les armes à feu…

Malo se leva, terminant de ranger sa carabine dans son sac. Il l’avait soigneusement démontée, avec une apparente facilité, pour pouvoir la ramener le plus discrètement possible jusqu’à sa chambre. Finalement, il leva les yeux vers Massial, un peu tendu sans trop chercher à le montrer. Il ne s’était écoulé d’une poignée de seconde mais cet instant lui avait semblé durer une éternité.

- Je… vais te laisser terminer ce que tu as à faire. Désolé…

Désolé d’être venu ici ? Désolé d’être un boulet inutile ? Désolé de n’avoir pas été sincère dès le début ? Désolé de fuir, une fois encore ? Désolé d’être là, alors que tant d’autres personnes le méritaient sans doute plus que lui ? Juste désolé… sans doute d’un peu tout ça à la fois.


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Massial Jordan
Rescapé
Mar 15 Mai - 21:08
Massial Jordan
Oui, « spécialisé ». Qui avait-il de compliqué dans sa question ?

« Je.. je sais m’occuper de mes armes… ça ne va pas plus loin. »

Le geste de l’humaniste aux cheveux longs se suspendit une seconde avant qu’il n’applique du solvant antirouille sur l’éponge usée jusqu’à la corde qu’il venait de ramasser sur les étagères derrière lui.

Ses armes…

Ça n’allait pas plus loin ? Oh si. Et pourquoi ça serait tout ? Pourquoi ça n’irait pas plus loin, alors qu’il y avait des modèles similaires, à peu de choses près ? Parce qu’il l’avait décidé ? Parce qu’il ne pouvait pas ? Parce qu’il ne savait pas ? … Ou… parce qu’il ne voulait pas ?

En face, Malo ne semblait pas des plus à l’aise. Massial n’avait même pas besoin de le regarder pour le percevoir. Et peut-être bien qu’il avait raison de ne pas l’être, au final. Tout en commençant à frotter énergiquement la lame, l’ancien motard ne sourcilla pas en entendant l’autre homme se lever pour se préparer à partir.

« Je… vais te laisser terminer ce que tu as à faire. Désolé… »

Une chose était sûre, c’est qu’à travers un micro, il l’avait entendu plus affirmé… Autrefois.

C’était loin, maintenant…

« Assis toi. »

Attrapant le second couteau, le jeune responsable du secteur médical le posa avec un bruit sec devant la place que l’ami d’Alice venait de quitter… ou tentait de quitter. Arrêtant temporairement de décaper, il leva les yeux vers son interlocuteur. Après tout, Malo ne venait-il pas de dire qu’il savait s’occuper de ses armes ? Peut-être saurait-il régler le jeu présent.  

« Assis toi, s’il te plait, et accorde-moi quelques minutes. Ou va te coucher et je te souhaite une bonne fin de nuit, mais je veux le nom de ton chef de secteur avant… »

Et si Malo refusait, l’ancien solitaire saurait bien le trouver par lui-même.

Silence volontaire ? Incertitude ? Secondes de réflexion ?
Massial recommença son décapage avant de briser à nouveau le court silence, d’un ton aussi neutre que précédemment.

« C’est à toi de décider. Je lui poserai plus ou moins les questions que j’aurais à te poser, comme… Quel poste occupes-tu ? Y a-t-il possibilité de te dégager du temps ? A-t-il déjà parlé de toi à David ou Ace ? Ou encore… […] »

Il n’aimait pas particulièrement passer par un intermédiaire, mais si c’était le choix de Malo, il ferait ainsi. De toute manière, il n’allait pas l’asseoir de force pour l’interroger. Bien que… Bien qu’il était assez curieux de découvrir à quelle tâche l’ancien informaticien avait été affecté, soit plus importante que celle-ci, qui le garde entre les murs, mais soit si prenante que Massial ne l’y croise quasiment jamais et qui ne lui laisse pas une heure disponible à consacrer pour aider à l’entretien des armes, malgré des connaissances visiblement présentes.

Levant à nouveau calmement les yeux vers son interlocuteur, son regard se darda dans le sien. Imperturbable. Jonas aurait probablement ricané. Quelqu’un d’autre aurait pu lui rappeler qu’il pouvait parfois mettre mal à l’aise. Il n’en avait… pas toujours conscience.

« […] Sait-il ? »



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Malo Gassaurang
Rescapé
Sam 14 Juil - 23:18
Malo Gassaurang



Quand l’ordre de se rassoir tomba, Malo se figea. Dire qu’il était mal à l’aise serait un euphémisme. Mais mieux valait ne pas dire que son stress était à son paroxysme, car la situation pouvait encore empirer.

La tête légèrement baissée, la respiration presque inexistante, Malo se contenta de relever légèrement les yeux pour pouvoir observer les faits et gestes de Massial. Son regard se fixa sur le couteau que l’ancien voisin de Wolfy venait de saisir. Le claquement sec de l’arme déposée devant lui le fit presque sursauter. Le blondinet à lunettes n’en menait pas large. Il releva lentement les yeux vers Massial.

Massial réitéra sa demande. Malo hésita. Rester parler avec Massial ou partir en lui disant le nom de son chef de secteur ? S’il avait vraiment eu le choix, Malo serait surement déjà loin d’ici. En fait, il aurait largement préféré être loin d’ici : Il aurait mieux fait de ne pas venir du tout ! Mais il ne pouvait pas partir maintenant. Ca ne ferait que retarder les ennuis et empirer la situation, car ça impliquait de mettre beaucoup de choses sur le tapis. Il ne voulait pas mentir et il ne pouvait pas se cacher derrière des non-dits. Il devrait donc dire la vérité. Il aurait donc à donner des explications, à justifier l’injustifiable.

Mais quelle explication donner au fait qu’il n’était rattaché à aucun secteur ? Dire qu’il n’avait pas confiance en ses capacités, qu’il ne savait pas vers quoi se tourner, qu’il n’osait pas s’impliquer... Même si c’était sans doute un mélange de tout ça et de plein d’autres choses et même si on pouvait sans doute deviner ce qui se passait dans sa tête en le connaissant un peu, ce n’était pas quelque chose de facile à dire. Et puis, Massial comprendrait-il vraiment ? Lui-même avait du mal à accepter sa propre attitude, sans pour autant se sentir capable de se donner les moyens de changer. Ce qui ne l’aidait pas à aller de l’avant.

Malo n’aimait pas la position dans laquelle il était. Les mots de Massial résonnaient dans sa tête : « c’est à toi de décider ». Malo n’aimait pas cette expression. Il n’aimait pas ce choix qui n’en était pas un. Quelle que soit la voie empruntée, dans un cas comme dans l’autre, ça risquait d’être long et pénible.

Malo soupira légèrement lorsque la dernière question de Massial tomba, sèche et tranchante comme un coup de poignard. Il obéit mécaniquement à l’ordre initial, se rasseyant sur son siège. Il fallait qu’il assume.

Les questions étaient posées. C’était à lui de répondre. Mais le regard de Massial n’aidait vraiment pas ! Les souvenirs – les sensations, les angoisses plus exactement – de son enfance remontaient. Il se sentait comme le gamin harcelé par ses camarades qu’il était autrefois. Dire que c’était lui l’aîné, dire qu’il était un vrai dragon du temps béni de l’apogée de la guide Swordae... Ce temps là était bien loin maintenant. C’était une époque révolue qui trouvait sa place dans les rêves. C’était comme ces quelques années n’avaient été qu’une parenthèse dans sa vie. Comme si elles n’avaient jamais existé. Et les effacer niait son épanouissement et le raccrochait plus fermement à un passé lourd de brimades et d’angoisses.

- Je... j’ai du temps... Je peux en avoir.

Malo déglutit légèrement, respirant lentement pour calmer – sans trop de succès – son cœur que le stress faisait s’emballer. Il se passa la langue sur les lèvres, pour inconsciemment gagner un instant supplémentaire.

Massial ne se satisferait pas de ce bout de réponse. Malo devait devancer les questions. Eviter d’en subir des plus difficiles encore. Eviter d’agacer davantage son interlocuteur. Mais bon, même s’il avait du temps libre – ou du moins du temps qu’il pouvait occuper pour aider un autre secteur – pouvait-il vraiment travailler ici ? Lui, dans le domaine de la sécurité ?! Lui, s’occuper des armes ? Veiller à la sécurité des autres ? Il était à peine capable de se défendre lui-même ! Son manque de confiance en lui était flagrant dans son regard, dans son attitude.

- Je... je veux bien aider à l’armurerie, mais je n’ai pas grand-chose à apporter au secteur de la sécurité...

Oui, il était sérieux. Les armes à feu, ça n’avait jamais été sa vocation, il ne s’était jamais vraiment renseigné dessus. Pas assez pour en faire son métier. Pas assez pour que son existence soit définie par ces compétences. Et ses petites connaissances étaient reléguées à l’ordre d’un vague souvenir d’enfance. Des choses qu’il savait parce qu’il les avait apprises il y a longtemps, tellement longtemps qu’elles en étaient devenues naturelles. Tellement naturelles qu’il n’y faisait pas attention, qu’il n’en voyait pas l’importance. Comme ces collégiens qui parlent anglais à la maison et qui ne voient pas en quoi ça peut être compliqué pour leurs camarades de classe découvrant cette matière.

Un bras replié contre son ventre dans une position de victime, se passant la main dans les cheveux de l’autre bras, Malo n’en menait pas large et redoublait d’effort pour limiter le stress et calmer sa respiration.

Pourquoi était-il venu à l’armurerie ce soir ?
Pourquoi avait-il rejoint les Humanistes ?
Pourquoi était-il ici, alors que tant d’autres avaient péri ?

La douleur s’ajoutait à l’angoisse. Il ferma brièvement les yeux puis les releva vers Massial. Perdu, il demanda, dans un murmure :

- Tu crois vraiment que je peux avoir ma place ici ?

Ici, à l’armurerie ?
Ou ici, chez les Humanistes ?
Lui-même ne savait pas trop. Un peu des deux, sans doute.
Mais Massial n’avait probablement pas idée des tourments de son aîné...


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