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Et PAN ! [Massial et Malo]

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Malo Gassaurang
Nouvel arrivant
Messages : 7
Date d'inscription : 14/05/2017
Age : 28
Lun 8 Jan - 1:54
Malo Gassaurang



Quelques heures après être revenu de manger, Malo se passa les mains sur le visage, inspirant lentement pour se donner la force de sortir à nouveau de sa chambre. Il avait toujours eu du mal avec les relations humaines. Alors quelle ironie de le retrouver chez les Humanistes, non ?

Lui-même se demandait, d’une certaine manière, ce qu’il faisait ici. Enfin, il le savait : il était venu pour Alice. Mais quelle était sa légitimité dans ce groupe ? Il se rendait utile car il ne cherchait pas à être un fardeau, mais il ne faisait pas de zèle pour autant. Il s’arrangeait pour se ne pas se montrer, pour se faire oublier. Il ne s’investissait pas outre mesure. Comment s’investir dans un groupe où on ne se sent ni à l’aise ni en confiance ?

Et ce sentiment n’était pas nouveau. Déjà qu’à son arrivée au lycée Voltaire, il ne s’était pas vraiment montré en public, ça avait été pire depuis l’« incident » dramatique qui avait précipité le déménagement du groupe. Les Humanistes s’étaient montrés imprudents. Le lycée Voltaire, ce lieu qui aurait dû être un havre de paix, un îlot de tranquillité coupé du monde hostile, avait-il seulement été un jour un endroit sécurisé ? Est-ce que l’accès au lycée n’aurait-il pas dû être plus limité ? Malo avait pu y entrer facilement, grâce à Alice. Manipuler quelqu’un pour en faire autant n’était sans doute pas difficile pour quelqu’un de mal intentionné et de déterminé. Les Humanistes auraient dû se méfier davantage : une telle duperie était pourtant tellement flagrante.

Enfin… C’était sans doute facile de dire ça maintenant, mais Malo non plus n’avait rien vu venir. D’un autre côté, il était arrivé à peine un moins avant les premiers infiltrés et avait passé quasiment tout son temps dans son coin ou avec Alice. Il n’avait pas eu beaucoup de contact avec les autres Humanistes. Mais, sincèrement, la situation aurait-elle été différente s’il avait fait davantage d’efforts pour se lier à la communauté, s’il n’avait pas passé le plus clair de son temps en tête à tête avec lui-même ou avec Alice ? Ne se serait-il pas fait berner, lui aussi ? N’était-ce pas prétentieux de penser le contraire ? Ou alors ne se serait-il pas méfié de tout le monde, tant et si bien que les vrais coupables auraient été noyés dans la masse des suspects ?

Et puis, son implication aurait-elle vraiment pu changer quelque chose à la situation ? Il ne faisait pas partie des membres du conseil, contrairement à son statut d’officier à l’époque où il avait une fonction importante dans sa guilde. A cette époque-là, il avait du pouvoir, et il savait l’utiliser. Les Swordae ne risquaient pas de se faire infiltrer par des ennemis. Même si les risques étaient bien moins grands. Qu’est-ce qu’il regrettait cette époque bénie où ses plus gros soucis étaient la gestion des missions de guilde et la création de sites web pour des gens qui avaient autant de compétences esthétiques que des gamines de 2 ans à qui on offre une palette de peinture…

Quand l’annonce du déménagement avait été faite, Malo y avait trouvé des avantages. Le château offrait une meilleure sécurité, un meilleur rendement, davantage de cultures. A vrai dire, il aurait validé l’idée, s’il avait eu son mot à dire. Mais malgré son potentiel, le château offrait-il vraiment une meilleure sécurité ? Si les Humanistes refaisaient la même erreur, ses beaux murs et ses grands espaces ne seraient pas forcément efficaces contre un nouveau problème interne… Toute menace était-elle réellement écartée ? N’y avait-il pas encore, caché au sein du groupe, un ennemi tapi dans l’ombre, un agent double qui faisait preuve de la plus grande discrétion ? Qui pouvait garantir le contraire ? Et puis quitter le bâtiment pour traverser la ville infestée de zombies n’avait pas été une perspective des plus attirantes.

Alors, face à ce sentiment d’insécurité étouffant, il s’était encore plus renfermé sur lui-même. Il avait cherché à se faire discret durant la longue marche pour rejoindre le château, il s’était installé sans faire d’histoire. Il s’était fait oublier. Encore plus qu’avant. Mais il était tellement discret au quotidien qu’il était dur de voir que le pauvre Malo n’était plus que l’ombre de lui-même. Il ne semblait pas avoir changé outre mesure. Dans les premiers temps, son attitude un peu plus distante avait pu être mise sur le compte du traumatisme d’avoir été présent au lycée au moment des faits. Et puis, ça n’avait jamais été un grand bavard, il n’avait jamais noué de forte amitié au sein du clan. Personne n’était réellement là pour se soucier particulièrement de lui. A part Alice. Si bien qu’à force de ne sortir de sa chambre que par nécessité et aux heures les plus calmes, certains avaient même dû finir par oublier qu’il était au château…

N’aurait-il pas mieux fait de ne pas suivre le groupe ? Il aurait pu retourner à la Citadelle. Alice avait craint qu’il le fasse mais, même s’il y avait des attaches, il n’aimait pas cet endroit. D’un autre côté, aimait-il vraiment le clan des Humanistes ? Pourrait-il s’y sentir en sécurité un jour ? Pourrait-il vraiment s’y investir autant qu’il le devrait ? Quelques années plus tôt, il n’aurait pas toléré un tel manque d’investissement de la part d’un des membres de sa guilde. Il était parfaitement conscient qu’il devait faire plus d’efforts, mais il estimait qu’il en faisait déjà beaucoup. Plus exactement, en faire davantage lui semblait insurmontable. Pourtant, il ne pouvait pas se contenter d’être un fantôme hantant silencieusement ces murs, se montrant pour le repas aux heures les moins animées, faisant sa part du travail dans les zones les moins peuplées… Alice lui avait déjà dit, elle avait voulu lui faire comprendre que son attitude ne l’aidait pas à se faire intégrer, elle avait essayé de l’aider. Mais ça n’avait fait que le faire culpabiliser davantage. S’ouvrir aux autres était encore bien trop difficile pour lui, alors qu’il était en proie à un tel sentiment de mal-être, de stress permanent.

Malo soupira, entrouvrit la porte, s’assura que le couloir était tranquille à défaut d’être totalement désert et sortit de sa chambre avec l’air le plus neutre possible, portant le plus naturellement possible son sac en bandoulière. Evitant de croiser le regard des autres Humanistes, détournant le regard quand il sentait qu’on le fixait, il rejoignit le bâtiment militaire. Il savait qu’à cette heure, il n’y avait quasiment personne. Sa présence n’était pas un secret d’état, mais il ne voulait pas crier sur les toits qu’il avait une arme. Il l’avait achetée à la Citadelle, peu après l’incident au lycée. Dans de telles circonstances, sortir pour se rendre à la Citadelle et se procurer de quoi se protéger ne lui avait pas semblé tellement plus dangereux que d’évoluer dans le bâtiment ouvert à tous les dangers. Et ça lui avait permis de se procurer une carabine de chasse démontable à un prix tout à fait correct. Les contacts à la Citadelle, c’est toujours utile.

Il entra dans l’armurerie après un regard alentour et ferma la porte derrière lui, rassuré d’être seul. Lentement il ouvrir son sac et sortit les pièces de sa Browning BLR take down. Dans sa chambre, il n’avait pas tout le matériel pour entretenir cette arme comme il se doit, tandis qu’ici, il y avait tout et même plus ! Alors il s’installa tranquillement et se mit au travail, fredonnant tout bas un air issu d’un de ses jeux vidéo préférés. Pas assez fort pour être entendu du couloir. A peine audible pour quelqu’un dans la pièce et suffisamment proche de lui.

Rapidement perdu dans ses pensées, il en vint à ne plus vraiment voir le temps passer…


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Massial Jordan
Membre
Messages : 47
Date d'inscription : 20/11/2016
Age : 26
Lun 22 Jan - 1:40
Massial Jordan
Ses yeux s’ouvrirent sur l’obscurité de la chambre.

Boum Boum.. Boum Boum.. Boum Boum..

Avalant difficilement sa salive, le jeune homme blond referma brièvement les yeux, sa respiration s’apaisant progressivement ainsi que son rythme cardiaque avant qu’il ne jette un regard à son poignet.

1h21. Il avait dû s’assoupir peu après la fin de la ronde d’Hayden. Une heure plus tôt, plus ou moins.

Un froissement de draps provenant du lit de son cousin et Calypso se serra un peu plus contre Massial, alors que Melodie se remit à lui mâchouiller le doigt de plus belle dans son sommeil. Nichée contre son torse et son bras, voilà qu’elle recommençait à inonder copieusement sa manche, plus baveuse qu’un escargot.

Diagnostique ? Elle faisait ses dents. Joie.

Voilà cinq jours qu’Aimie avait pris la poudre d’escampette sans moyen de lui remettre la main dessus – ce qui n’était pas faute d’avoir essayé – et, deux jours plus tard, le bout d’humain se mettait à avoir les chicots qui travaillent. En somme, voilà trois jours que la petite créature réclamait des paires de bras avec mauvaise humeur. Et que… manque de chance… les siens semblaient de ses grands favoris en l’absence de ceux de sa mère adoptive.

Peut-être était-ce dû aux premiers jours de sa petite vie où la jeune femme et lui s’étaient relayés auprès du nouveau né avec inquiétude mais, actuellement, cela l’arrangeait assez peu. Le déménagement avait été une réussite. Cependant, même si ce qui était urgent avait été effectué avec succès, il restait pas mal de pain sur la planche.

Les yeux fermés, alors que ses doigts fins enroulaient et déroulaient distraitement l’une des boucles dorées de la petite, impossible de reconstituer le songe désagréable l’ayant tiré de ce cours repos. Il tenta alors de se rendormir. En vain. Malgré lui, l’esprit du jeune homme se mit à calculer. Il calculait la durée du traitement de Richard, la posologie d’Antoine… ressassait le départ d’Aimie, tentait en vain de faire le vide dans son esprit, repensait au résultat positif du placebo et aux constances d’Henriette, à l’avancée des travaux, mais ne dormait pas. Et c’était là que le bas blessait. Deux heures de sommeil sur deux jours, ça devenait léger. Pourtant, il restait opérationnel durant les divers travaux et activités de la journée. Question d’habitude.

Faire le vide… Il devait faire le vide… Son esprit se focalisa sur les respirations des endormis, lâchant progressivement prise.

2h04. Quelqu’un éternua dans une salle voisine. La main de l’humaniste remonta la couverture sur les épaules de sa protégée.


Et lentement, il sentit le sommeil revenir le chercher...:
 



Boum Boum.. Boum Boum.. Boum Boum..

2h26. Son regard sombre s’ouvrit de nouveau, les limbes du sommeil se dissipant à nouveau brusquement.

Boum Boum… Boum Boum…

Il inspira soudainement comme si son corps se souvenait brutalement de comment faire et de la nécessité de cette action.

Au château. Il était au château. Ils étaient au château. Il n’avait que ça à se souvenir actuellement. Cependant, sur le tableau noir que représentait la chambre plongée dans les ténèbres, même éveillé les souvenirs continuèrent de danser, presque palpables. Lancinants.

Fais chier…

Même en gardant les yeux grands ouverts, ils refusaient de se dissiper.
Il avait besoin d’air. Se redressant lentement, la croix en argent d’Eliott glissa lourdement contre sa peau et il serra presque douloureusement le pendentif à travers son t-shirt avant de s’extirper du lit avec précaution.

« Down » souffla-t-il en voyant la tête de leur chien se redresser avec intérêt, pendant qu’il s’emparait silencieusement de quelques autres affaires, dont la lame glissée sous son oreiller et qu’il rangea dans l’étui resté fixé à sa cuisse.

Les bras chargés et sur le point de refermer la porte, le jeune homme leva les yeux au ciel et capitula devant l’air de leur compagnon à quatre pattes. Cette bestiole aurait pu faire de la pub pour la SPA.

D’un simple signe de la main, Massial fit comprendre à l’animal de ne pas bouger et prit le temps d’enfiler ses chaussures dans le couloir, de ceindre la ceinture portant son holster et le glock allant avec, puis de le dissimuler sous le pull attrapé à l’aveuglette.

Et maintenant… ? Il pourrait se rendre à l’infirmerie, prendre la permanence de Diana et se plonger dans le travail. Il se pouvait aussi qu’elle décide de rester… C’était une femme remarquable, qui le secondait à la perfection, depuis son arrivée mais, ce soir, il ne désirait pas sa compagnie, ni son attention. Fermant les yeux et inspirant profondément, un coup de museau le tira des sombres réminiscences menaçant de le happer de nouveau.

« Tu as raison, allez, viens, mon grand… »

2h34. C’est l’heure qu’affichait le cadran de sa montre lorsqu’il poussa la porte de l’armurerie, après avoir salué un garde faisant sa ronde.

L’armurerie du clan. Elle n’avait pas grand-chose à voir avec celle de son enfance, mais… Sans aucun doute, c’est le lieu qu’aurait occupé Jimmy, s’il avait…

S’il avait survécu.

Oui, Jimmy aurait pris cette zone en main avec son expérience et des idées dont lui seul avait le secret. Massial pouvait sans mal l’imaginer s’affairer dans la pièce silencieuse et une bouffée d’affection – bien vite étouffée – s’attaqua à son cœur endurci.

D’un geste, il retint le chien d’Hayden d’aller voir l’autre occupant des lieux. C’était l’une des dernières personnes qu’il s’attendait à croiser ici, encore plus à une telle heure.

L’ami d’Alice.

Malo ne semblait pas avoir remarqué leur présence ou, si c’était le cas, rien ne le laissait paraître.
C’était un garçon effacé, qu’il n’avait pratiquement jamais entendu. Jusqu’à maintenant, Massial ne savait même pas dans quel secteur l’autre jeune homme blond avait finalement trouvé sa place ou avait simplement échoué, un peu au hasard. Après le déménagement, Massial s’était un peu désintéressé de ce garçon et des préoccupations d’Alice à son sujet… Ils avaient été occupés dernièrement. Très occupés, même s’il se souvenait assez peu de l’avoir croisé à s’affairer activement.

Cependant… Au moins, Malo semblait savoir ce qu’il faisait avec cette carabine à levier de sous garde entre les mains.

Un instant, Massial l’observa attentivement avant d’ouvrir un casier métallique et de sortir la sacoche contenant les armes blanches en attente de réparation. La posant sur le coffret renfermant diverses pièces de défuntes armes, il embarqua également une caisse à outils avant de déposer le tout de l’autre côté de l’établi, avec sa lampe.

« Salut. »

L’ancien solitaire jeta un regard à la carabine entre les mains de son interlocuteur avant de déplier la sacoche. Il en tira un premier couteau.

Couteau de chasse pliant. Leopard. Manche bois et laiton. Ouverture assistée… Mécanisme grippé.

Sans doute une trouvaille récente dans les ruines, inutile actuellement. L’état général de l’arme était assez mauvais, mais pas irrécupérable. Ce qui était certain, c’est qu’elle avait dû perdre son utilité depuis longtemps… La déposant, il entama le diagnostique d’un second couteau, de taille beaucoup plus modeste. Sur celui-ci, il y avait du jeu entre le manche et la lame, annihilant la fiabilité de l’arme.

« C’est une bonne chose que David ait trouvé une personne supplémentaire pour aider ici » lâcha-t-il finalement après quelques minutes, en démontant son premier patient, sans préciser qu’Alice devait également être rassurée.



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