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La traque [Rp Mariame - Aiden]

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Mariame
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Lun 9 Oct - 23:31
La traque



Une bien belle journée. Une douce et belle journée. Parfaite pour s’en aller dans les bois de Vincennes. Parfaite pour laisser Paris et ses ruines derrière moi. Pour se décharger du fardeau de voir la laideur de ce vieux réceptacle qui s’émiettait, petit à petit, inexorablement. Car ainsi tel était le destin de cette ville morte. Tous ces bâtiments en béton, toutes ces tours finiraient par tomber et disparaître. Une bonne fois pour toute. Cela ne m’attristait pas. Paris, ville lumière avait brillé des siècles durant. Aujourd’hui, le reste des survivants disséminés dans ses artères assistaient à son crépuscule. Comme nous tous un jour. Ainsi, va le cycle de la vie.

Arriver une énième fois ici, sur ce promontoire à l’entrée du parc, me ramenait bien des années auparavant. Alors que nous fuyons la ville en contrebas et ses combats, ses morts et la folie qui s’était emparée d’elle. La terreur, le désespoir et la douleur qui me serraient alors le cœur à la vue des bombes qui ne cessaient de tomber sur notre ancienne vie me revenaient. À chaque fois. Comme une vieille blessure qui ne se serait jamais complètement refermée. Pourtant, je revenais toujours. À chaque fois. Comme un pèlerinage en mémoire de ce que nous avions perdu. Ou plutôt de ce qui aurait pu être, mais qui ne le sera jamais. Paris n’a jamais été mon foyer et ne l’est pas tout à fait encore. C’est d’ailleurs pour cela que je reviens toujours ici. Dans ce poumon vert paisible et tranquille.

Le vent soufflait assez fort en cette fin de matinée. Les arbres derrière moi bruissaient. Les bruits de la forêt arrivaient indistinctement jusqu’à moi. Tout cela formait une douce mélopée à mes oreilles. Elle sonnait telle un appel. Telle une sirène séductrice. Je souris. Me retrouver seule m’avait manqué. Profondément.

La vie chez les Humanistes ne me laissait pas le moindre répit. Faire partie d’une communauté n’avait jamais été mon fort : tant de nuisances, de braillement, d’altercations, de demandes incessantes à vous en rendre fou, ... De chaos en somme. Si je l’avais pu, je me serais retirée ici, aurais reconstruit une cahute et cultiver mes plantes. Mais je n’étais pas seule, Maxime et Alex étaient bien trop précieux à mes yeux. Et puis, vivre parmi les Humanistes m’avait redonné un but : celui de les voir se développer et perdurer. Ce clan était une graine d’espoir que je comptais aider à pousser. De toutes mes forces.

Pour ce faire, j’aurais besoin d’une chose. Elle n’était pas à proprement parler indispensable, mais pouvait se révéler plus qu’utile dans l’avenir. Ma mallette. Emplie de décoctions précieuses, d’ingrédients et d’onguents de ma composition. De poisons aussi. Dans la boutique d'herboriste où j'officiais avant la tombée de Paris, je m'amusais à les préparer sans jamais penser un jour les utiliser. Quelle formidable arme ils représentaient aujourd'hui ! Les applications pouvaient à la fois être offensives que défensives. Peut-être un jour, autre part qu'au lycée, nous pourrions armer nos combattants, peut être pourrions nous former un corps d'archers aux flèches empoisonnées. Peut-être pourrions-nous en faire un commerce ? Tant de possibilités dépendaient de cette mallette… Mes yeux brillaient d'excitation. Patience ! Chaque chose en son temps, commence par la trouver et ça ne sera pas chose aisée. En effet, il me fallait retrouver les hommes qui nous avaient chassé des bois bien après les bombardements. Ils étaient nombreux et dangereux. Je ne pouvais compter que sur ma connaissance des lieux et ma discrétion. Encore que je n'avais rien d'exceptionnel non plus dans ce domaine…

Depuis bien longtemps, Alex et Maxime ne m’aidaient plus dans mes recherches : ils avaient très vite jugé que retrouver cette mallette était impossible. Elle avait dû être détruite, revendue, débarrassée de son contenu… Quel intérêt aurait eu un pauvre soudard de conserver sur lui quelque chose d'aussi hétéroclite et sans valeur ? De fait, tous deux me dissuadaient de poursuivre mes recherches et se mettaient dans une colère noire dès qu'ils s'apercevaient que j'étais une nouvelle fois partie courir seule les bois. Mais qu'importe les risques, je continuerais. Et j'avais de bonnes raisons d'y croire : après avoir glané pas mal d'informations auprès des solitaires vivant dans les parages, il s'était avéré que le groupe d'hommes belliqueux qui peuplait Vincennes avait un guérisseur parmi eux. Enfin une sorte de guérisseur… Aux dires de certains, il s'apparenterait davantage à une sorte de chaman semi-mystique… La fin du monde voyait le retour de vieilles croyances.  

L'aide d’Elie avait été des plus précieuses.  Ma semblable parmi les Solitaires avait su m'aiguiller et m'introduire auprès des bonnes personnes. Je lui en été très reconnaissante. Quel sacré bout de femme !

Un souffle de vent plus joueur que les autres vint soulever les pans de ma jupe et jouer avec les mèches de mes cheveux. Je souris de nouveau. Étirant les bras comme si je souhaitais étreindre le monde qui m'entourait, je pris une profonde inspiration. Les rayons du soleil réchauffèrent tout autant mon visage que mon cœur. Durant ce court instant, je fis le vide en moi, savourant simplement les sensations que me procurait cette communion.

Le croassement d'un corbeau tout proche fut pour moi le signal de départ. Embrassant une dernière fois le panorama sous mes yeux, je me dirigeais vers le parc. Il n'en avait d'ailleurs plus que le nom, s'apparentant de plus en plus à une jungle. Il était étonnant de constater combien la zone était revenue à cet état si sauvage, si primaire. Cela l'était d'autant plus que dans le reste de Paris, plus rien n'arrivait vraiment à pousser… Une pollution invisible à nos yeux ? Je ne savais pas quoi en penser et cette question me trottait de plus en plus dans la tête. Les zombies eux-mêmes étaient rares dans les parages, même au pire de l'épidémie.

Plus je m'enfonçais sous les arbres, plus un sentiment de paix et de sérénité montait en moi. Irradiant de mon ventre, cette douce chaleur chassait au loin mes idées noires et mes tracas du quotidien. Comme si une chape de plomb disparaissait. Du bout des doigts, je suivais les sillons des troncs d'arbre qui m’entouraient, appréciant la rugosité de leur écorce. Une bonne odeur d'humus, de sève et de bois humides embaumait l’air. C’étaient là toutes les senteurs de mon enfance. De mes longues balades en compagnie de ma Mamie Jo. Les vallons obscurs, les prairies parsemées de myriades de fleurs, les multiples ruisseaux, les rochers recouverts d’une tendre mousse émeraude… Tant de souvenirs, tant d’images qui me hantaient tel des mirages d’une époque oubliée. Tout cela me manquait.

Je marchais depuis longtemps sans peur, ni crainte quand j’atteignis notre ancien refuge. De la petite cabane de brick et de broc, ne restait plus grand-chose à part quelques poutres pourries à même le sol et une ouverture discrète sous le toit à demi-effondré. Si l’on pouvait parler de toit… Juste une épaisse couche de feuilles mortes. La première fois que j’étais revenue ici, j’ai pris soin de le reboucher. Car ce n’était pas une simple ruine de plus. C’était une tombe. M'agenouillant à même le sol, à même cette herbe humide de rosée, je contemplais les restes de la cabane. Lise. Ses derniers instants. Sa souffrance. Elle faisait partie de moi désormais. De ma sacoche qui ne me quittait jamais, je sortis quelques fleurs que j’avais cueillies sur le chemin. Je les déposais à l’entrée de la cahute et me recueillis un moment. Quand une nouvelle fois, une brise vint me ramener dans le présent, je me levais. Il était temps de partir, de continuer à avancer. Un temps pour les morts, un temps pour les vivants.

Le soleil brillait haut dans le ciel sans trop m’agresser abriter sous la frondaison des hauts arbres. Ma progression était lente : je ne pouvais m'empêcher de m’arrêter à chaque plante que je reconnaissais, à chaque champignon, fleurs, graines qui se trouvaient sur mes pas. Bientôt, ma besace fut remplie à ras bord, mais je poursuivais inlassablement. Je prenais le temps de m’arrêter pour observer la vie de la faune, à surprendre les hôtes de ces bois. Du simple scarabée, à la fourmilière, en passant par les lapins sauvages, Vincennes grouillait de vie.

Dieu que c’était beau !

Nature, que dire de plus.

Une rare ferveur s’empara de moi  et sans m’en rendre compte, je déclamais ces quelques vers qui m’avait tant émus lorsque je les avais lu :

Arbres de la forêt, vous connaissez mon âme !
Au gré des envieux, la foule loue et blâme ;
Vous me connaissez, vous ! — Vous m'avez vu souvent,
Seul dans vos profondeurs, regardant et rêvant.
Vous le savez, la pierre où court un scarabée,
Une humble goutte d'eau de fleur en fleur tombée,
Un nuage, un oiseau, m'occupent tout un jour.
La contemplation m'emplit le cœur d'amour.
Vous m'avez vu cent fois, dans la vallée obscure,
Avec ces mots que dit l'esprit à la nature,
Questionner tout bas vos rameaux palpitants,
Et du même regard poursuivre en même temps,
Pensif, le front baissé, l'œil dans l'herbe profonde,
L'étude d'un atome et l'étude du monde.


Ce fut l’une des pires choses que j’aurais pu faire et qui entraîna de suite de terribles conséquences. Quelqu’un surgit d’un des fourrés et j’eu à peine le temps de me retourner et de croiser le regard fou d’un authentique sauvage. D’un violent coup sur mon crâne, il m’assomma à moitié et je tombais au sol sonné. Poursuivant sur sa lancée, il se mit à califourchon sur moi, m’écrasant de sa masse. Dans ses yeux brillait une lueur lubrique et sauvage qui ne me laissa peu de doute sur la suite des événements. La douleur était lancinante, le combat perdu d’avance. Et pourtant, je continuais de lutter. Essayant de le frapper, de le mordre, de le griffer, je tentais de m’échapper, peine perdue. Il me redonna un coup-de-poing avant de m’étrangler. Je luttais toujours. La douleur était insupportable à mes yeux. Je ruais de toutes mes forces. Il serrait toujours plus fort, ses yeux injectés de sang. L’air me manquait. Ma tête était prête à exploser.

Je n’arrivais plus… Je…



ft. Aiden Woods


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Aiden Woods
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Jeu 12 Oct - 15:36
Aujourd’hui était une journée parfait pour Aiden. Il faisait frai et le vent soufflait fort sans être cinglant. Ressentant la volonté de voir autre chose que le quartier dans lequel il se trouvait depuis que tout ça avait commencer, il partit très tôt de sa planque pour marcher dans une direction hasardeuse. Il se déplaçait calmement et silencieusement, observant les bâtiments ravagés par le temps et les bombardements ainsi que les morts qui erraient sans but. Tout cela était bien absurde, c’est lorsque la vie est la plus difficile et la plus incertaine que l’être humain se battait le plus fort pour rester en vie. C’est comme si la grande majorité d la population avait besoin de passer à deux doigts de tout perdre pour comprendre à quel point tout ce qui nous entoure est important.

Pour ce qui en est des zombies, ces paradoxes pourtant naturels, morts en tout point mais pourtant vivant et guider par la seule volonté de se nourrir. Aiden était incapable de dire s’ils vivaient vraiment, après tout ils ont aucun pouvoir décisionnel ils rassemblent bien plus à des logiciels qui accomplissent une tâche plutôt qu’un être vivant. Tout ce que le solitaire savait réellement sur ce propos, c’est qu’il préférait mourir au bout de plusieurs jours de torture plutôt que de finir comme ça.

Il arriva devant un endroit beaucoup plus naturel que les autres. Malgré la végétation de plus en plus délirante, il reconnut le parc de Vincennes. Il n’avait jamais été réellement une symbiose ou très roche de la nature, plutôt habitué à être dans ses réflexions stéréotypes du littéraire qui s’oppose à la société. Il pénétra dans cette zone en écoutant le vent se frayer un chemin un peu partout et les autres bruits de la nature. Aiden avait l’impression que la nature était parfaitement sereine, ce qui créait comme un portail vers une autre dimension lorsqu’on est habitué à vivre dans les ruines de Paris où tout est chaos. Il se sentait tout d’un coup bien moins seul, comme si les oiseaux et les arbres partageaient plein de chose avec lui.

Il s’arrêta près d’un arbre avec le tronc d’un diamètre particulièrement grand, posant la main sur celui-ci et fermant les yeux. Pendant un instant, l’homme fût protégé dans ses souvenirs. Il se voyait d’abord en pleine taquinerie mutuelle avec Rida pour ensuite se revoir dans son ancienne vie avec son groupe d’amis. Parfois c’était le silence complet, le quatuor lisant une œuvre, silence parfois brisé par l’un d’entre eux qui s’en suivi d’une discussion sans fin. À d’autres moments c’était une conversation animée sur des sujets simples et légers autour d’un cappuccino. Il revint finalement à lui, n’ayant aucune idée combien de temps il avait pu passer là. Ces souvenirs, habituellement douloureux pour lui, semblaient lui avoir fait extrêmement de bien. Soupirant d’aise, Aiden se sentait en paix.

Ce sentiment fût rapidement bouleversé, mais loin d’être brisé, par des craquements de branches. Regardant autour de lui, Aiden dégaina sa hachette par sécurité et continua sa route. Restant attentif aux bruits parfois irréguliers qui l’entourait, il laissait son esprit se ressourcer dans cet endroit chargé d’énergies naturelle.

Malheureusement, l’instinct de survivant qui caractérisait le brun revint au triple galop. Ne sachant pas pourquoi ses sens s’animaient ainsi, Aiden suivi sa montée d’adrénaline en se déplaçant avec des foulées de plus en plus grandes. Il déboucha finalement sur un homme qui était au-dessus d’une femme qui se débattait avec désespoir.

Il aurait pu tout simplement partir, profiter que le barbare soit occupé pour se mete en sûreté, mais il était bien trop gentil pour cela. Il s’élança alors en direction de la lutte, plantant sa hachette dans l’épaule du sauvage. Surprit par l’attaque surprise, ce dernier n’eut pas le temps de réagir tandis qu’Aiden tirait sur son arme vers l’arrière pour le faire tomber sur le dos. Ne perdant pas une seule seconde, le solitaire retira l’arme de l’épaule de son adversaire, laissant sortir une giclée de sang au passage, et donna deux nouveaux coups dans le visage du sauvage, le tuant sur le coup.

Reprenant sa respiration, Il se dirigea vers la femme qui semblait mal en point et prit place à côté d’elle. Il sortit un bout de tissu à peu près propre et lui tendit. « Vous allez bien ? Je suis heureux d’être arrivé à temps pour vous sauver de cette brute. » Sa prise de parole fût tout d’abord accueillie par le silence, comprenant rapidement qu’elle était sûrement encore sous le choc il décida de renchérir. « Je m’appelle Aiden, si tu te le demande je suis un solitaire. Et toi, que fais-tu ici ? Et il y avait une raison pour que tu te fasses attaquer ainsi ? » Loin était l’intention d’Aiden de vouloir l’accuser de quoi que ce soit, il voulait juste comprendre ce qui lui était arrivé.
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