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On ne fait qu'emprunter tes affaires [Moses]

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Samuel L. Taylor
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Jeu 13 Juil - 13:23

   
I
l y avait comme une sensation étrange dans la pièce, comme s'il manquait quelque chose.
Mon cœur battait à toute vitesse en cherchant désespérément à retrouver un rythme normal, tandis que la sueur perlée lentement sur le haut de mon front. Je n'ai pas connu de réveil en douceur avec un chant d'oiseau mélodieux depuis bien longtemps. Un petit détail qui avait tendance à rendre la matinée fort agréable. Ajoutons à cela la délicieuse odeur d'un café chaud et le goût d'une première cigarette à la bouche, c'est ce qui annonçait le début d'une belle journée en perspective. Aujourd'hui, si les cauchemars ne rendaient pas ma chemise moite, voir complètement trempé, c'est que la nuit n'avait pas été si mauvaise que ça. Or là, elle avait été si affreuse que si je le voulais, je pouvais remplir une bassine entière rien qu'avec ma sueur. Douche gratuite à volonté. Mais passons.

Mes yeux s'habituent durement à la lumière de la pièce. Un vieil appartement qui, depuis trois jours nous offre la possibilité d'avoir un petit toit sur la tête, malgré l'état du bâtiment complètement en décomposition. Ce n'est pas le grand luxe, mais suffisant pour espérer un peu repos. Il n'y restait pas grand-chose, une cuisine inutilisable, une salle de bains sans eau et des toilettes condamnées, néanmoins un vieux matelas à trou suffisait pour dormir dans le salon. Cependant, aussi spacieux qu'était notre nid douillet, Mégane semblait aux abonnés absents. D'abord, parce qu'elle n'était nulle part, puis parce qu'elle ne répondait à rien. Et ensuite parce qu'Ally, la chienne, était sagement assise devant la porte comme si elle attendait son retour.
Mon cœur cessa enfin de jouer au tambour dans ma poitrine, me laissant la possibilité de respirer en paix et par la même occasion de m'autoriser à me relever. Maintenant que j'y prête plus attention, son sac n'est plus à sa place. Allez savoir ce qui avait fini par lui passer par la tête. Quelque chose de forcément stupide pour ne pas prendre la peine de me prévenir… Quoique, mauvaise langue, un vieux papier gribouillé repose sur mon sac avec l'inscription rapide : “Partie faire des courses"... Des courses… Ouais… Autrement dit parti voler la première personne venue sans toi. À cela, j'ai tendance à vouloir que nous nous y rendions à deux, ne serait-ce que pour surveiller ses arrières, mais j'imagine que manger des haricots depuis une semaine la suffisamment dégoûter pour ne pas avoir la patience de m'attendre. Elle aurait pu au moins avoir la décence d'écrire où exactement, ce n'est pas comme si j'avais franchement envie de ratisser toute la ville au peigne fin.

C'est donc après avoir rapidement changé mon vêtement contre quelque chose de partiellement plus propres, mais en particulier sec, que je me procure sa brosse a cheveux en la faisant sentir à Ally. Au fond, je ne sais pas depuis combien de temps elle est partie, je ne sais pas non plus si actuellement, elle est dans une bonne ou mauvaise posture, mais mieux vaut ne pas prendre de risque en tentant le diable. Malgré le manque de sommeil qui se fait sentir, je me force à prendre sur moi et une fois le sac sur le dos, je ne m'attarde pas davantage. À peine sortie du bâtiment, le chien se met à courir comme si sa trace était fraîche, forçant à accélérer le pas en faisant face à la lumière aveuglante de l'extérieur. Elle n'a pas pu se rendre bien loin avec tout ce qu'il y a aux alentours, dans le cas contraire, ce serait du suicide, néanmoins, elle n'est pas encore complètement folle pour partir du côté du centre-ville. Du moins, il me semble.

À force de courir après le chien, c'est finalement au niveau des galeries - d'où la “maison” n'était qu'à deux rues - qu'elle hésite sur le chemin à prendre. J'évite l'hypothèse où elle aurait pu se rendre dans un bar, pire encore au bordel. Ce serait absurde que de vouloir prendre quoi que ce soit, là-dedans. Et peu sûr qu'on la laisse ressortir aussi simplement. Mais puisque cela ne règle en rien le problème, ma voix se fait quelque peu entendre sur les alentours. Qui sait, sa tête se faufilera peut-être entre les quelques personnes ici est là

« ━ Még’ ? … Mégane ? »

© ASHLING DE LIBRE GRAPH'


   
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Lun 17 Juil - 14:04
La présence de bruit ne dérangeait plus Moses pour dormir ; quand on a vécu dans un temple qui résonne avec une quarantaine d'autres personnes, y comprit des nouveaux-nés, on s'habitue vite aux décibels. La place centrale de l'ancien métro ne désemplissait jamais. Certains, comme l'auto-proclamé médecin ou le revendeur d'alcool, faisaient leur plus gros chiffre d'affaire la nuit. Les clients alcoolisés de l'Underground et les drogués du New Born dépensaient plus que de raison à ces heures-ci. Enfin, le rythme jour-nuit n'avait plus beaucoup de sens pour une partie d'entre eux : vivre sous terre permettait d'avoir un rythme de vie totalement indépendant du soleil. Pourtant, Moses tentait de garder son horloge biologique calquée sur le cycle de l'astre, ce qui lui permettait de mieux encaisser ses sorties.

Pourtant, si le bruit ne le réveillait pas, autre chose pouvait le tirer de son sommeil immédiatement : du mouvement proche de lui. Il ne savait pas si ce réflexe était dû à son nouveau rôle de "tonton" ou à son nouvel habitat. Chez les fils de Jean, personne n'avait à craindre le vol. A la Citadelle, les règles étaient bien différentes...

En conséquence, lorsqu'une gamine fouilla dans ses affaires au petit matin, Moses se réveilla soudainement et se releva juste à temps pour la voir courir. Merde. Il se lança à sa poursuite, le corps encore ensuqué.  Il accéléra rapidement, parvenant à garder l'adolescente à portée de vue. Mais elle était rapide, la bougre et lui avait perdu de ses capacités physiques ces dernières semaines. Avoir un enfant et une affaire à gérer, ça ramollit. Fort heureusement, une événement inattendu joua en sa faveur. A quelques mètres devant lui, la gamine se prit les pieds dans le sol irrégulier du métro et se retrouva face contre terre. Il lui sembla l'entendre jurer, mais la distance rendait sa voix peu audible. Il s'approcha, en marchant à présent. L'adolescente tenait sa cheville entre ses mains. Si elle était blessée, elle n'allait plus pouvoir lui échapper.

Essoufflé par cette course nocturne, Moses s'approcha, lui retira son sac à dos malgré ses protestations ridicules et s'assit en tailleur en face de la voleuse. Il ouvrit la fermeture éclair et plongea les mains dedans afin de récupérer ce qui lui appartenait parmi tous les objets qu'il imaginait volés. Certains marchands allaient avoir une mauvaise surprise à leur réveil, mais ce n'était pas son souci. S'ils étaient trop cons pour dormir sur les deux oreilles, alors ils le méritaient. Toujours silencieux, il jeta un œil vérifier qu'aucune de ses affaires n'étaient cachés avant de tendre le sac à l'adolescente.

- Plutôt rentable, comme nuit.

Son ton ne contenait aucune animosité. Tout le monde volait. C'était même le commerce de certains. Et puis ce n'était qu'une adolescente, il n'était pas sûr d'avoir été un sain non plus à son âge.

-Allez, fais voir ta cheville.

Il s’approcha d'elle mais elle se dégagea. Elle le regardait avec un œil mauvais.

- Hé, je t'ai pas fait de croche patte hein, c'pas de ma faute si tu sais pas courir, petite.

Avec le brouhaha ambiant et les mouvements autours d'eux, il n'entendit pas l'appel qui fit pourtant réagir la gamine. Elle y répondit en criant à son tour et Moses regarda autours de lui afin de repérer son éventuel complice. D'un geste du bras, il rapprocha ses affaires de son corps. On n'allait pas le voler deux fois aujourd'hui.


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Samuel L. Taylor
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Hier à 14:17

   
« ━ Mégane ! »

Criais-je pour la dixième fois.
Bon sang, mais qu'est-ce qu'il avait bien pu passer par la tête de cette gamine ? Qu'elle voulait bien faire oui, mais ce n'est pas une raison ! Maintenant, c'était une plaie de devoir la retrouver et, l'activité de la population tout autour n'était pas du genre à aider quoi que ce soit. Elle pouvait être n'importe où comme absolument nulle part. Ils y avaient ceux qui avaient un regard observateur comme si j'étais littéralement timbré de beugler autant et, ceux qui ignoraient complètement la scène. Alors, au vu de la tête de certaines personnes qui paraissaient plus ou moins aimables, je les accostais pour leur demander s'ils n'avaient pas vu il y a peu une jeune fille, en leur faisant une description parfaite point par point, si ce n'est pour ce qu'elle portait aujourd'hui. De préférences les plus âgées semblaient coopératives à répondre, mais la réponse restait toujours la même : « Non désolée, je n'ai rien vu ». Évidemment, sur toute la foule présente, personne n'avait rien vu, ni entendu quoi que ce soit. S'ils voulaient tous me rendre dingue en ce début de journée, ils étaient sur le point de gagner.

Cependant, une voix finie par se différencier de celle des autres. Elles étaient à peine audibles, mais l'aboiement d'Ally et son élan soudain à courir vers celle-ci n'étaient pas une simple coïncidence. Sans attendre de la perdre de vue, je me mis à la suivre à toute vitesse. Zigzaguant au travers de la population. M'excusant de temps à autre des bousculades que je pouvais offrir et ignorant avec joie les insultes de certains. Mégane finis dans mon champ de vision, le fait de la voir au sol fit accélérer mon pas, alors que tout le reste était en train de bouillir à l'intérieur. Il n'y avait pas de raison que son atterrissage est eu pour cause des blessures graves, néanmoins, avant d'en faire des conclusions trop avancées, mieux valait s'assurer de la situation. C'est ce que je fis une fois agenouiller à sa hauteur :

« ━ Est-ce que tu vas bien ? Où est-ce que tu as mal, je peux porter s'il le faut.
Ça va... papa, ça va je t'assure.. »

Elle avait beau me lancer un regard insistant pour appuyer ses propos, j'en avais bien du mal à y croire. Mais lui tirer les vers du nez, c'était comme tenté de briser un mur à mains nues, en soit impossible. C'était sa cheville qu'elle soutenait entre ses mains, alors effectivement, s'il n'y avait que ça pour lui faire mal actuellement, il n'y avait pas de quoi en faire tout un drame. Du moment qu'elle n'était pas tombée sur la tête, tout aller pour le mieux. Enfin presque, maintenant que la peur à son égard descendait peu à peu, elle n'allait pas échapper à la partie sermons. Ce n’est pas parce que Mademoiselle est majeure, qu’elle n’à plus de risque de faire engueuler pour ses bêtises.

Mais cet échange prit fin alors que le chien se mit à grogner en montrant les crocs. Non pas contre nous, mais face à l'individu gênant à quelques mètres. J'avais à peine remarqué sa présence en arrivant. C'était à se demander ce qu'il attendait bêtement là, la bénédiction du Saint-Esprit peut-être ? Mais il ne pouvait pas être un gars lambda avec les affaires de Meg auprès de lui. Cela ne serait tout de même pas lui qu'elle aurait volé, si ? Ça aurait été plus simple de s'attaquer à un gars qui dépasse les cinquante-ans, histoires de ne pas avoir à subir une course-poursuite. Mais ces détails-là étaient sans importance. Il fallait simplement récupérer ce qui était à nous et repartir sans chercher des ennuis supplémentaires. Alors, en laissant la petite derrière, à nouveau debout, je me place entre elle et lui. Une main tendue en avant avec fermeté, deux mots sont simplement prononcés :

« ━ Le sac. »

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