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"Parfois ce n'est qu'une question d'Alchimie" [Flora & Sarrah]

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Mer 1 Mar - 21:48



Une femme explosive !
Flora & Sarrah

Flora s'ennuyais, c'était le cas de le dire... Il n'y avait que quelques réparations basiques à la boutique familiale et la jeune femme ne voulait pas s'emmerder avec si peu. Son père et son parrain s'en chargeraient, au moins ça évitera qu'ils se prennent la tête à force de se regarder dans le blanc des yeux. Flora était assise sur un plan de travail et elle jouait avec un tournevis qu'elle mettait en équilibre sur son doigt. Son père poussait des soupirs en la regardant le balancer en l'air et le rattraper, puis le remettre en équilibre. Il finit par perdre patience :

-Basta ! Flora si tu n'arrêtes pas ça tout de suite, je... je... rah ! tu as de la chance d'être ma fille...
-Mais papa ! Je m'ennuie ! Il n'y a rien à faire aujourd'hui et Lisza n'est pas encore là... puis il est trop tôt pour aller m'amuser un peu.
-Bah va faire un tour pour te défouler !


Flora grommela un peu, mais face au regard de son père, elle lança le tournevis qui se planta dans un carton et elle bondit du plan de travail. La jeune femme déposa un baiser sur la joue de son père et s'éclipsa. Elle tourna un moment sur la place, la tête ailleurs se demandant quel amusant pourrait la combler à ce moment. Sauf qu'un garde posa sa main sur son épaule et lui fit signe de le suivre. Flora haussa un sourcil, partagée entre l'envie de l'envoyer paître ou pas... car s'il avait un truc pour l'occuper, elle était preneuse. Du coup en haussant les épaules, Flora le suivit dans les galeries du métro jusqu'à un bureau...celui d'un des chefs. Ce dernier était impressionnant et fit signe à la jeune femme de s'installer. Elle réfléchit rapidement aux bêtises qu'elle avait pu faire récemment, elle n'en voyait qu'une... enfin deux ou trois, mais une sortait un peu du lot. Flora se mit sur l'une des chaises en s'exclamant pour se défendre :

-Bon d'accord ! C'est moi qui a mis des rats dans les chambres du bordel pour me venger de l'une de ces bécasses glousseuses ! Mais c'était juste pour rire... je ne savais pas qu'il y aurait un tel vent de panique venant d'elles et des clients... bon j'avoues que j'aurais dû en mettre moins d'une trentaine...
-Vous n'êtes pas là pour ça...
-Ah ! Bah oui... c'est évident ! Si vous oubliez ce que je viens de dire, ça serait vraiment très sympa de votre part. Donc... euh... Je suis ici pour quoi du coup ? Qu'est-ce que vous voulez ?
-J'ai un soucis avec une rue bloquée pas loin, je sais de source sûre que tu es douée pour faire aller ta tête. Donc, j'aimerai que tu me règles ce problème et rapidement.
-Oki ! Dégagé une rue, je ne vois qu'un moyen. "Boum !" Je peux préparer ça en quelques heures.
-Vous en avez deux, un gars viendra vous chercher.


Flora fit semblant de se mettre au garde à vous et s'éclipsa rapidement, avant qu'il puisse faire une remarque sur ce qu'elle avait avoué un peu plus tôt. La jeune femme alla directement à son atelier, son père la regarda quelques minutes prêt à faire une réflexion. Mais en la voyant fouiller dans le matériel en parlant toute seule, il ne put s'empêcher de sourire... le petit génie était activé.

Flora mit ses lunettes, sa veste de brico et ses gants de protection, puis commença à s'activer. Toujours en marmonnant pour elle des calculs afin de monter la bête. Elle dut préparer plusieurs choses, une poudre noire, le récipient bien fermé, le système pour déclencher la bombe...Etc. Flora était fière de son travail quand elle posa le dernier outil qu'elle avait en main, par contre... son père lui demanda ce qu'elle faisait avec une voix paniquée et dans leur langue natale, ce qui prouvait sa grande inquiétude :

-Euh... mio fiore ! Cosa stai facendo ?
-Mio padre... Non ti preoccupare... Il n'y a pas de quoi s'en faire de toute façon ! C'est pour l'extérieur, je dois dégager une rue.


Bon... il n'avait pas l'air rassuré, mais Flora était déterminée. Elle emballa la bombe juste à temps, car le même garde arriva. La jeune femme le suivit avec un grand sourire, une démarche enjouée et une certaine impatience dans ses chantonnements. Un fois dehors, Flora souriait de plus belle et accéléra le gars qui l'accompagnait. Pas le temps de se la couler douce ! Elle voulait à tout prix essayer sa dernière préparation.

Flora arriva sur place, commença à tout préparer, à bien la positionner et à la mettre en marche. Elle couru à l'autre bout de la rue pour se mettre à l'abri et se cacha en bouchant ses oreilles. Puis...

BOUM !!!

La terre se mit à trembler et il y eu un bruit énorme et infernal. Ce qui n'était pas bon signe, peut-être qu'elle avait eu la main un peu trop lourde avec la poudre. Flora se redressa et regarda la rue, elle attendit un moment à cause du nuage de poussière. Mais quand ça se dégagea enfin, Flora put constater que la voie était dégagée malgré les débris un peu partout, mais qu'il y avait un léger cratère et qu'un bâtiment s'était écroulé sur l'un des côté. La jeune femme passa sa main dans ses cheveux en marmonnant :

-Oups ! Je crois que j'y suis peut-être allé un peu fort...

Avant qu'elle puisse s'approcher pour inspecter les choses de plus près, des silhouettes se dressèrent un peu partout. Des infectés en masse, tous attirés par l'explosion. Flora échangea un regard entendu avec le garde et ils se mirent à courir le plus rapidement possible pour se sauver. La jeune femme dut sortir sa batte chérie, pour se défendre et surtout se frayer un chemin.

Une fois rentrée, Flora remarqua la panique à la citadelle et les gardes occupés à calmer les gens, ainsi qu'à remettre de l'ordre. La jeune femme se fit petite, mais c'était sans compter sur le chef qui lui tomba dessus avec un regard sévère et qui l'entraîna jusqu'à son bureau. Flora n'osa rien dire, bien que quelques jurons avaient envies de s'éclipser de sa bouche. Quand il la plaqua sur la chaise de son bureau, ce fut plus fort qu'elle, Flora ne put s'empêcher de faire sa rebelle et de rétorquer avec sarcasme :

-J'avoue que aime être prise avec une certaine vigueur de temps en temps, mais là j'suis pas vraiment d'humeur !
-MOI NON PLUS JE NE SUIS PAS D'HUMEUR ! Je vous ai demandé de dégager le chemin, pas de créer un mouvement de panique avec une explosion aussi énorme. Les gens ont tous cru qu'il y avait un nouveau bombardement ! Puis bien sûr avec l'explosion je présume que ça attiré des infectés !
-Juste quelques uns de plus...
-JUSTE QUELQUES UNS ? Vous vous foutez de moi ? Alors écoutes moi bien ma petite, tu as une semaine pour régler ce problème ! Pas une journée de plus ! Sinon je vais m'occuper personnellement de ton cas. Est-ce que c'est clair ?
-J'en ai rien à faire que vous soyez en colère ! D'accord ? Je sais que je suis très utile à la citadelle, donc vous ne pourrez pas m'imposer quelque chose de trop conséquent. Puis j'ai fait ce que vous avez dit, l'explosion était un peu plus forte que prévu, mais le bâtiment était déjà fragilisé... Je n'y suis pour rien ! Donc je vais régler le problème, quand je jugerai que ce sera possible et la prochaine fois que vous me parlez sur ce ton.. eh bien... je ne vous aiderai pas et je partirai même s'il le faut !


Ils s'affrontèrent du regard un moment et Flora se releva, puis parti en claquant la porte. Ce n'était pas parce qu'il était un "chef", qu'elle allait se laisser marcher dessus. La demoiselle était d'humeur pas très joyeuse, partagée entre la colère de s'être fait crier dessus et la déception d'avoir fait une gaffe. En même temps... on ne lui avait même pas laissé le temps d'observer le terrain pour faire ses calculs, c'était de leur faute ! D'un pas pressé, elle se dirigea vers le bar en marmonnant. En arrivant elle fit signe à l'une des jumelles qui était au bar, jamais elle ne savait laquelle était en face d'elle. Cette dernière lui adressa un sourire et lui servit comme d'habitude son verre du cocktail maison en lui faisant un clin d'oeil, puis elle se pencha en lui disant avec un sourire :

-Alors ma belle dure journée ? J'ai eu vent de tes derniers exploits...
-Ouais... il y a des jours comme ça où rien ne va.
-Tu sais, ça se passerait mieux si tu accepterais de travailler pour nous. Tu serais bien traitée et tout, les clients du bar t'adore et je suis sûre qu'en peu de temps tu aurais une sacrée clientèle. Je sais ce que tu vas dire "non ! je ne fais pas ça avec n'importe qui ! et je veux ma liberté !" Mais tu sais qu'avec nous tu pourras choisir tes clients, tu es assez séduisante et appréciée pour être une favorite. Puis tant que tu fais ta journée, tu as tout le temps libre que tu veux à côté.
-Non merci ! Ce n'est pas pour moi, je ne me supporterai plus et ma famille ne se remettrait pas d'une telle chose. Puis ça casserait tout le plaisir de la chose. Non, vraiment sans façon pour la Xème fois.


La jumelle lui fit un autre clin d'oeil et la laissa tranquille pour le moment. Flora but son verre d'une traite et son regard se posa sur la petite estrade de fortune, il y avait quelques instruments et soudainement l'envie de pousser la chansonnette lui vint. La jeune femme monta sur l'estrade et s'installa au misérable petit piano, mais au moins il fonctionnait. Ce n'était pas rare qu'elle chante une fois de temps en temps, ça lui permettait de se vider un peu la tête. Les regards se tournaient déjà vers elle et un silence commença à s'installer. Flora ne put s'empêcher de sourire et de commencer à jouer les premières notes et chanter :


D'humeur assez sombre, elle ne voulait pas amuser les autres. Elle chantait quelque chose d'un peu spécial et pas vraiment dans son genre, elle l'avait écris quelques semaines auparavant. Flora était prise dans sa chanson, elle ne fit même pas gaffe aux personnes qui rentraient dans le bar... certains parce que c'était l'heure, d'autres attirés par sa voix... tous n'avaient pas de luxe d'avoir de la musique sur eux.  Flora était plongée dans une bulle bien à elle, bercée et guidée par la mélodie qui lui venait comme ça... au fur et à mesure... imaginant d'autres instruments la rejoindre, dans sa tête ça lui semblait si beau... Quand la dernière note fut jouée, Flora eut quelques applaudissements.

Elle descendit d'un bond de l'estrade en souriant aux gens et se rendit à sa place, la jeune femme vit qu'une femme aux cheveux courts et blancs, était installée juste à côté. Flora s'installa et lui jeta un coup d'oeil, plutôt sympathique à regarder. Et se rappela d'elle, c'était une femme de la sécurité, mais Flora la connaissait plus pour ses combats. A chaque fois qu'elle y allait et que cette femme aux cheveux blancs se battait, Flora ne pouvait s'empêcher de l'admirer... mais aussi de parier sur elle. La jeune femme fit signe pour avoir un nouveau verre et lança tout simplement à sa nouvelle voisine de bar :

-Salut toi... Il était sympa ton combat la dernière fois contre l'autre type, le solitaire. J'ai adoré ton coup final... Moi c'est Flora.

Peut-être que ça allait lui donner envie de parler, Flora était en manque de compagnie en ce moment... Sa meilleure amie étant plongée dans les études médicales, elles sortaient plus trop ensemble...


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Sarrah
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Mer 5 Avr - 19:59

ft.Flora

ft. Sarrah

Parfois, ce n'est qu'une question d'alchimie.



Une douce mélodie montait depuis la scène pour se répandre dans tout le salon surchauffé de l’Underground, sans parvenir pour autant à sortir mon être de sa torpeur.



Assez de souvenirs, pour ce dire cette fois
Que la vie est faite de hasard et de choix
Elle voudrait forcer la main, à son destin
Pour tout vivre en grand, rêver sans fin


Quelle belle voix ne pus-je m’empêcher de penser, rien de tel pour adoucir le plus fatigué et le plus dur des cœurs.

Un sourire ironique illumina mon visage avant que je n’enfuisse mon visage dans mes bras. Les bruits alentours s’estompèrent, mais étrangement la voix m’apparaissait distincte. Les nombreux verres que je m’étais enfilée devaient sans doute y être pour quelque chose. Cependant, rien de mieux que l’alcool pour se détendre après une longue journée… Parce qu’elle avait été dure, très dure. Des infectés à la Citadelle... Non, mais vraiment qui pourrait y croire maintenant, depuis toutes ces années ?

Elle croit en tout, mais face au monde ses yeux s'inondent
Prête à basculer encore à chaque seconde
Mais ses instants si forts, retiennent alors
Tous ses espoirs sans lendemain


Joli, fort joli. Dès les premières paroles, je me trouvais transportée. Qui était donc sur scène ? Cependant, je ne pris pas le temps d’assouvir ma curiosité. Je me sentais bien, là, entourée de mes bras, la tête confortablement lovée en leur sein. Et mes pensées continuèrent à vagabonder au fil des paroles qu’égrainait la chanteuse. Je repensais à ma virée avec Anton. À la folie qu’il avait fallu que nous ayons pour nous rendre jusqu’à la Tour Eiffel. À mes paroles aussi et à leur goût amer… Pourtant, je ne les regrettais pas, les siennes avaient été tout aussi cruelles. Durant tout le chemin du retour qui avait été relativement silencieux, je n’avais eu de cesse de les réentendre. De les tourner en boucle dans ma tête. D’y chercher la part de vérité qu’elles contenaient au-delà de la colère qui lui embrumait l’esprit. Je souris dans mon refuge. Elles étaient vraies, et alors ? Devais-je pour autant y tenir compte ?

Une partie de moi se rendait bien compte que résister, se buter, n’arrangerait rien à ma situation, à ce qui se tramait dans les tréfonds de mon esprit.

Mais que faire ? Je n’étais pas du genre à abandonner, à faire volte-face… Tout au long de ma vie, je n’avais jamais reculé, fais de pause. Je serais mon poing. Cet étrange voyage en compagnie d’Anton était passé depuis une semaine, mais pourtant, j’avais l’impression qu’il c’était déroulé la veille. D’autres rencontres avaient ponctué mon quotidien, notamment avec Aedan. Ils se ressemblaient beaucoup avec le militaire. Pas seulement dans la fonction, dans le caractère aussi. Mais au contraire du gradé, l’anglais ne travaillait clairement que pour lui, il était… Plus sombre. Plus sombre oui, derrière son sourire lisse.


Elle voit de sa fenêtre, les étoiles
Et c'est rare et ça lui donne espoir
Il est tard, mais peut-être
Qu'ils verront que tout n'est pas que gris ou noir

Elle est si belle le soir lorsque tout s'éteint
Ses blessures qu'elle n'aime pas voir au matin
Ces nuits d’ivresses qui lui font croire que tout va bien
Elle est si belle quand la nuit lui appartient

Fini de se détruire, jour après jour
Car prisonnière plus rien n'existe autour
Marre de nuire, de fuir, de faire le tour
D'un mauvais rêve, elle veut se réveiller

Elle voit de sa fenêtre, les étoiles
Et c'est rare et ça lui donne espoir
Il est tard, mais peut-être
Qu'ils verront que tout n'est pas gris ou noir

Ma conscience se stoppa dans ses ruminations à l’écoute du refrain qui venait d’être chanté. Certains passages faisaient écho à ma vie et était-ce moi ou bien l’interprète y mettait beaucoup d’elle ?

Fini l'attente, mélancolie
La complaisance de la langueur
Finis, les soupirs de nostalgie
Et les refus au bonheur


Je souris. Se décentrer. Arrêter de se morfondre. Aller de l’avant. Quel beau message. Utopique selon moi, mais bizarrement réconfortant. Bizarrement optimiste. Bizarrement, en cet instant, je voulais y croire... Chanter une telle chanson au sein de la Citadelle détonnait. Elle n’aurait attiré que moqueries et huées si la chanteuse n’arrivait pas à aussi bien transmettre et vivifier son propos. Qui ça pouvait bien être ? Durant mes soirées solitaires, bien peu de personnes osaient monter et chanter sur scène. Je devenais de plus en plus curieuse, mais mon corps alangui ne voulait plus faire un seul geste. Il fallait dire et je me répète que cette journée n’avait pas été facile... Une explosion de tous les diables, une marée de zombies et une titanesque colère de Big Boss. Voilà comment résumer en trois événements ce jour exténuant.


Une bombe… Lorsqu’elle avait explosé, j’étais en patrouille avec Annaëlle, elle nous avait ramenées bien des années auparavant…

La panique avait pris toute la Citadelle. D’abords, la stupeur, puis la frayeur et les cris qui montaient dans tout Châtelet. Des mouvements de foule, des bousculades frénétiques, les postes de contrôle assaillis par des hordes folles de personnes souhaitant quitter les lieux au plus vite. Assistantes à tout cela, Annaëlle et moi avons cru être revenu aux temps du chaos et des bombardements. Rien de plaisant. Mais la machine bien huilée de la sécurité avait alors pris le dessus. De concert, tous les membres libres ou en patrouille du Service de Sécurité, c’étaient répartis dans les différents lieux de la Citadelle et avaient progressivement ramené le calme. Big Boss en aurait été fier face à notre réaction. Avec ma partenaire, nous nous étions précipitées sur les lieux de l’explosion. Depuis mon retour avec Aedan, Big Boss avait tenu parole et plus encore : Annaëlle et moi avons été détachées de notre équipe de base pour devenir des agents particuliers auprès de lui. Ce qui avait évité une tuerie entre moi et mon ancien chef d’équipe…

J’étais contente de cette avancée. Vraiment. Mais cette promotion amenait l’apparition de nouvelles responsabilités. Qu’importe.

Une fois sur les lieux, nous nous sommes lancées dans une exécution rapide des zombies qui commençaient à arriver. Il y en avait un paquet. À croire que ces saletés n’attendaient que ça. Pendant deux heures, nous n’avons eu de cesse de tous les détruire avant d’aider à la construction d’une barricade temporaire et relativement branlante. Il allait falloir trouver une solution. Un bâtiment entier c’était écroulé… Dégager l’ensemble des gravats allait prendre un long moment. Qui que ce soit qui était responsable de tout ce cirque, il allait entendre parler de nous assez violemment. Finalement, après avoir prévenu une équipe de la nécessité de surveiller cette inopinée sortie, nous sommes retournées voir Big Boss pour lui faire part de la sécurisation précaire du site. Le soleil délavé achevait pratiquement sa course, mais la colère de Big Boss éclipsait totalement ce fait. Avant même, d’arriver à son bureau, nous croisions d’autres de nos collègues aux mines sombres. Ça n’annonçait rien de bon.

« Bordel ! Ce misérable avorton de seconde zone a foutu à elle seul ce zouk d’enfer ! J’ai une de ses envies de remettre en place des pelotons d’exécution juste pour cette saloperie. Et toi alors ! As-tu trouvé ce que je voulais ? » Éructa Big Boss à l’adresse d’un sous-fifre à lunettes.

Ce dernier, ayant un tic marqué de remettre en place ses lunettes sur son nez de manière frénétique, se précipita sur Big Boss et déposa le plus rapidement possible un épais dossier. Big Boss prit alors le temps de prendre des grandes bouffées d’air en fermant les yeux. Quand il les rouvrit, une lueur sadique que je connaissais bien, s’y lient. Un regard annonciateur d’une vengeance à venir dévastatrice. D’avance, je plaignais sa cible. Il allait être réduit en charpie…

Ce n’est qu’au bout de cinq minutes de lecture que Big Boss leva les yeux vers Annaëlle et moi.

Tout son être suintait d’une colère froide, autrement plus dangereuse que ses coups de sang légendaires. Au moindre faux pas, tout un chacun pouvait sauter. L’un de ses sourcils se souleva, nous questionnant ainsi sur la nécessité de notre présence.

« Plus de zombies. Une barricade provisoire est en place. Les dégâts sont importants : un bâtiment effondré, des gravats qui prendront du temps à être déblayés et un gros trou dans nos murs. Équipe 5 en place pour sécuriser h 24 les lieux. »

Je ne dis rien de plus. Si je prenais le risque de lui dire quoi faire, sa colère se réveillerait. Et puis, de toute manière, il savait parfaitement ce qu’il devait faire… Plus que quiconque d’ailleurs.

Elle voit de sa fenêtre, les étoiles
Et c'est rare et ça lui donne espoir
Il est tard, mais peut-être
Qu'ils verront que tout n'est pas gris ou noir


La voix de la chanteuse égrène les dernières paroles de sa chanson et le silence saisi s’empara de la salle. Un beau silence. Un de ceux rêveurs. Un vrai baume au cœur… Un premier applaudissement. Un second. Puis une vague. Mérités. Amplement mérité. La salle a dû se remplir. Je relève la tête de mon refuge et regarde aux alentours : effectivement, la pièce est bondée, toutes les têtes dirigées vers la scène. Mais déjà le moment est passé et la chanteuse a fui. J’aperçois juste une tache rose qui finit de descendre du promontoire. Des cheveux roses. Un ricanement secoua doucement mes épaules. Du rose… C’était devenu une mode ou quoi ? Big Boss avait décrit la responsable du bordel comme étant une jeune conne prétentieuse à la vulgaire tête rose. Passé ces adjectifs des plus flatteurs, j’avais eu toutes les peines du monde à ne pas me marrer devant le récit de Big Boss sur l’origine des évènements de cette journée. La jeune conne prétentieuse lui avait tenu tête et ça, c’était une première. D’après les dires de Big Boss, c’était ses compétences uniques en leur genre au sein de la Citadelle qui l’avaient sauvé de la décapitation face à son impertinence. Parce que oui, cette fille était apparemment un personnage clé dans le développement futur de la Citadelle. Une bidouilleuse de génie proche de Booker, un armurier connu. Donc pas touche à cette nana. Et elle était connue apparemment. Enfin connu du peuple des fêtards pour être une très bonne vivante. Dans tous les sens du terme. Une tête brûlée comme il y en avait peu. Qu’à cela ne tienne, elle devrait répondre de ses actes et réparer ses torts. Veiller à ce qu’elle le fasse serait de ma responsabilité dans les prochains jours… Cette nouvelle avait enlevé toute trace d’amusement dans mes pensées. Ça n’allait vraiment pas être de la tarte au vu de la réputation sulfureuse de cette miss rose. Je soupirais, lasse d’avance et buvais d’une traite le reste de mon verre.

« Salut toi... Il était sympa ton combat la dernière fois contre l'autre type, le solitaire. J'ai adoré ton coup final... Moi s'est Flora. »

Cette interpellation féminine me fit sursauter et me retourner avec vivacité vers la jeune femme à présent à mes côtés.

Je me frottais les yeux, maudissant tous les verres qui avaient terminé leur chemin dans mon estomac. Je me stoppais d’un coup. Cette voix appartenait à la chanteuse. Et autre chose me fit encore plus tiquer : son prénom. Flora. La jeune conne prétentieuse de Big Boss. Son visage de chérubin encadré de ses cheveux marshmallow roses me dévisageait sans vergogne. Des yeux vairons… Des yeux si étranges et persans. Ils brillaient d’intelligence, de vivacité et tout simplement de vie. Alcool aidant, je restais fascinée. Si vivace. Tellement ancré dans ce monde. Tellement ouverte à toutes les possibilités qu’il offrait. Tout ce que je n’étais pas. Je baissais les yeux sur mon verre avant de lui répondre mécanique et embrumée.

« Tous les moyens sont bons, n’est-ce pas ? Tu n’es pas mal dans ton genre non plus, luciole.»

Rien qu’à l’écoute de mes dernières paroles, une irrépressible envie de rire me prit. Luciole. Surnommer quelqu’un de luciole… Il fallait que je sois complétement jetée pour dire ce genre de chose. Et pourtant… En recommençant à contempler cette fille, à côté de moi, je ne pus m’empêcher de penser que ça lui allait bien. Luciole. Une lumière adoucissant la plus noire des nuits. Volatile et fugace, elle était libre, et cette fille transpirait la liberté. La liberté de penser et d’agir sans se soucier d’autrui. La liberté de ne pas être enchainé à quiconque. Ce que sourdait cette femme était beau. Parce qu’elle était-ce qu’elle était et ce qu’elle voulait.

Elle était belle. Vraiment belle à mes yeux. Je lui rendis son sourire.



« Moi, c’est Sarrah. Un verre, ça te dit ? »





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Lun 5 Juin - 22:54



Luciole ?
Flora & Sarrah

Les paroles de Sarrah tintèrent dans la tête de Flora, qui ne put s'empêcher d'afficher un sourire radieux à ce petit surnom. C'était la première fois que quelqu'un lui donnait ce surnom et bizarrement, elle trouvait ça "mignon". Mais bon, elle ne le dira pas du tout à Sarrah. Elle regarda la combattante et se dit que si elle devait lui donner un surnom ça serait Amazone. Car elle était aussi forte et indépendante que les amazones, ces femmes guerrières vivant à l'écart du monde et bottant des fesses à ceux qui osaient approcher. Peut-être qu'elle lui sortira plus tard. Au lieu de ça, elle pencha sa tête sur le côté en répondant :

-Pas mal dans mon genre ? Hum... j'ai la base on va dire, je me défend, mais ça ne va pas plus loin. Sans ma batte ou un outil dans la main, j'suis assez nulle. Mais l'importance ce n'est pas la technique, c'est la façon dont on s'y prend et le moment où on frappe.

Flora ne se lamentait pas, au contraire elle rigola un peu. Elle n'avait pas à se plaindre,
après tout elle avait réussi à survivre, avait le cran de sortir toute seule et vivait même à l'écart de cet endroit, donc elle se débrouillait bien. Puis souvent, son mordant faisait reculer un peu les gens.

Flora se redressa un peu plus, toujours aussi souriante et pétillante de vie, elle était parcourue d'un enthousiasme incroyable. La demoiselle avait l'intention de passer une bonne soirée pour oublier la journée chaotique qu'elle avait eu. Bon elle avait tenu tête au gars au chef de la sécurité, mais dans le fond elle allait tout faire pour arranger ça et elle y arrivera. Mais avant, elle voulait se détendre un peu et quoi de mieux que de s'amuser avec une femme qu'elle admirait ? Flora fit signe au barman :

-Servez lui un nouveau verre sur mon compte et je voudrai un nouveau cocktail. Je suis d'humeur généreuse, je paye une tournée.

Quand les verres furent servis, la jeune femme pris son verre et tinta doucement son verre contre celui de Sarrah, en lui disant :

-Je trinque à la bonne soirée qu'on va passer !

Puis elle adressa un grand sourire à la belle Amazone, avant de porter son verre à ses lèvres. Flora but une gorgée de cet alcool dans lequel ils ont laissé fermenter des fruits (en boîte), une vague de chaleur parcouru son corps. Elle reposa son verre et regarda Sarrah silencieusement.


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Sarrah
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Mer 20 Sep - 19:01

ft.Flora

ft. Sarrah

Parfois, ce n'est qu'une question d'alchimie.



Surtout, avec des outils eu-je envie de lui répondre du tac au tac.




Au lieu de ça, je partis dans un fou rire.

"La façon dont on s'y prend et le moment où on frappe. Elle est bien bonne celle-là. En tout cas, toi, quand tu t’y mets tout explose ! Dans tous les sens du terme !

Mon hilarité ne semblait pas vouloir s’arrêter. Toute la tension que mes muscles retenaient depuis le début de cette harassante journée semblait vouloir fuir à travers les spasmes qui parcouraient mon corps. Depuis quand n’était-ce pas arriver ? Trop longtemps. Bien trop longtemps.

Quand enfin, je me calmais et regardais de nouveau vers ma voisine, celle-ci passait commande. Ses yeux vairons pétillaient, joyeuse et lumineuse luciole. Fébrile également… Dans l’éclat de son regard, dans tous ses gestes, dans la franchise de son expression, l’œil aguerris y lisait une incroyable force de volonté. Big Boss avait dû être vraiment surpris : il était difficile de se douter que cette tête rose puisse cacher un tel caractère impétueux. Finalement, les journées qui s’annonçaient pourraient se révéler pleines de surprises. Un sourire s’étira naturellement sur mon visage tandis que le barman me tendait un second verre.

A une bonne soirée qui s’annonce.” Fis-je en échos aux paroles de Flora.

La nouvelle gorgée du liquide incendiaire suivit le chemin de ces prédécesseurs et j’en savourais silencieusement le cheminement.

Quand je rouvris les yeux, les contours de mon monde semblaient s’être adoucis. Je restais quelques secondes à ne rien fixer, appréciant simplement la mouvance des lumières de ce semblant de bar au plafond, des bruits éparses des vies humaines autour de moi… La rumeur qui remontait jusqu’à nous paraissait presque redevenue ce qu’elle était avant l’apocalypse. Je refermais une nouvelle fois les yeux. Je… C’était presque comme si… Un bruit incongru me fit les rouvrir. Je tombais alors nez-nez sur le visage de Flora qui me fixait sans mot dire. Me plongeant dans son regard déconcertant, je me pris à repenser à Eric. À ce qu’il était. Elle lui ressemblait. Dans son essence même. Dans ce qu’elle dégageait. Une douleur sourde me poignarda alors. Portant ma main à mon plexus, je le frottais inconsciemment avant de reporter mon verre à mes lèvres pour me ressaisir. Un frisson involontaire me prit. L’enchantement avait disparu. Tout semblait aussi fade que d’habitude. Mon interlocutrice m’observait toujours, étrangement attentive. Elle n’était pas Eric. Eric était mort. Projeter le souvenir de mon père d’adoption sur cette jeune femme ne servirait à rien. Cela n’entraînerait que plus de douleurs… Et honnêtement depuis quelque temps, j’avais suffisamment de fantômes qui traînaient dans mon sillage. Des hallucinations, j’en suis sûre maintenant… Mais si réelles… Mon esprit commencerait-il à flancher ?

Mon poing se serra d’un coup sur le verre que je tenais toujours, mon souffle se stoppa.

Bordel. Pas maintenant.

Une main sur mon épaule me prit totalement par surprise, interrompant par la même occasion la crise qui commençait à montrer le bout de son nez.

Tu me présentes ?” Fie une voix des plus familière.

Annaëlle. Pour un peu, je louerais son arrivée inopinée.

Flora, la jeune femme qui a tenu tête à Big Boss et que nous accompagnerons dans les jours qui viennent.

Cette dernière fixait tout aussi intensément la nouvelle venue que moi quelques instants plus tôt. Annaëlle avait la capacité de vous hypnotiser du haut de ses yeux si froids tout en vous inspirant un sentiment de crainte voire même de dégoût. Elle était belle, mais gelée jusqu’au plus profond de son âme et quiconque posait les yeux sur elle s’en rendait vite compte. On formait une belle paire d’asociales et névrosées. À cette pensée, je lâchais un ricanement avant de faire signe au barman d’apporter une nouvelle boisson.

Ah… La jeune conne prétentieuse…” Souffla ma coéquipière.

Sans pouvoir m’en empêcher, j'éclatais de rire tandis que ladite concernée nous fixait tour à tour sans mot dire.

Prends ça comme un compliment de la part de Big Boss.” Fis-je une fois calmer et Annaëlle installée près de nous. “Big Boss a rarement l’occasion de rencontrer quelqu’un qui lui tienne tête et qu’il ne peut exécuter de suite. Bienvenue dans ce club très restreint. ”Annaëlle et moi ricanâmes comme des gamines. “Comme tu le sais déjà, nous sommes des gardes de la Citadelle et Big Boss nous a ordonné, à partir de demain, de t’accompagner et de t’aider dans tes démarches pour réparer les dégâts occasionnés aujourd’hui.

Courte pause avant qu’Annaëlle n'enchaîne sur une conclusion à laquelle j’étais arrivée également.

Il t’a à l’œil.

Tu es dans son collimateur. Au premier faux pas, il se vengera.

Il est sanguin.

Rancunier.

Terriblement.

Nous fîmes une nouvelle pause. J’observais le fond de mon verre translucide. Le liquide qu’il contenait n’était pas aussi innocent qu’il semblait l’être. Flora devait se méfier. Tout comme Big Boss, il pouvait agir aussi vite que l’éclair si vous le buviez cul-sec tout comme il pouvait vous atteindre insidieusement si vous le sirotiez. Sanguin, patient et opportuniste. Le cocktail parfait pour instiguer dans l’ombre des instances de la Citadelle. Il tirait des ficelles depuis un moment sans jamais faire de faux pas, poursuivant ses projets tranquillement. Lui seul savait ce qu’il poursuivait, mais bien malgré nous, Annaëlle et moi, nous retrouvions de plus en plus mêlés aux intrigues de Big Boss. Nous retrouver sous ses ordres directs n’avait fait qu’exposer plus clairement la partie d’échec qu’il menait pour acquérir plus d’influence. De pouvoir. D’autorité.

Jusqu’où ?

Des bruits couraient au sein du Service de Sécurité de la Citadelle. Des bruits déstabilisant pour certains, logiques et réalistes pour d’autres. Big Boss voulait officiellement devenir un des membres du Conseil. Il était quasi-systématiquement consulté pour les grandes décisions qui concernait la Citadelle, mais il n’avait pas de siège. Ça le cuisait. La lueur rageuse de son regard quand il revenait, après avoir été congédié par les grands pontes d'une de ces grandes réunions, le démontrait clairement… La manière dont il souhaitait obtenir ce siège était assez simple à comprendre : devenir et rester indispensable. Il fallait qu'une occasion se présente à lui pour, que par la force des choses, l'ensemble du Conseil se voit obliger de le mêler à toutes les décisions. Pour l'heure, comme le vieil ours qu'il était, il attendait. Il fomentait des complots de-ci de-là, formait des alliances avec des personnes influentes de la station, assassinait, extorquait, ... Bref, toutes les manœuvres que les puissants s'amusent à réaliser pour atteindre leurs buts. D'ailleurs, je ne serais pas étonnée que Big Boss profite de l'influence grandissante des Élitistes pour prendre le pouvoir au nom de la menace réelle ou supposée que représentait ce clan. En effet, Châtelet était en proie à une nervosité ambiante importante ces derniers temps. La moindre rixe se terminait en bain de sang, les commerçants d'armes et de vivre étaient pris d'assaut par des hordes d'acheteurs apeurés et les milices privées de certaines personnalités ne cessaient de grossir. On se préparait à une attaque. À une nouvelle guerre. On croisait plus rarement les Humanistes, les militaires. Même les solitaires semblaient avoir disparus. Chaque clan se refermait sur lui-même, se préparait. Mais à quoi ? Personne ne pouvait le dire clairement. N'osait le dire. Une menace sourde planait sur Paris, voilà ce dont quoi j'étais sûre. Mon expression se fit pensive. Annaëlle jaugeait la foule derrière nous sans plus rien dire attendant que je reprenne.

Autant que nous jouions cartes sur table luciole car nous nous reverrons.” Finis je par dire calmement.

Un nouveau silence s'étira entre nous.

Enfin bon ! Assez parlé de Big Boss, il est déjà suffisamment le centre de nos vies à nous deux… Je ne serais pas étonnée si ma consommation croissante d'alcool ne soit pas de sa faute…

Annaëlle ricana : “ Ivrogne un jour, ivrogne toujours.

En réponse, je lui envoyais mon coude dans les côtes avant de rire à mon tour.

D'où viens-tu Flora ? Quelle est ton histoire ? “ Demanda finalement Annaëlle.

J'étais également curieuse de connaître le parcours de Flora. Elle semblait être une personne unique en son genre et son histoire pouvait expliquer pourquoi. Je me demandais aussi comment elle avait développé ses compétences : c'était la première fois que je rencontrais quelqu'un capable de concevoir des explosifs aussi puissants que celui utilisé aujourd'hui. Oui vraiment, à notre époque les personnes capables de créer de nouvelles choses à partir de presque rien étaient très rares… La plupart d'entre nous savaient mieux détruire que construire, tout comme moi. Le savoir faire de Flora était inestimable pour la Citadelle, pour l'avenir tandis que les gens d'armes comme Annaëlle et moi étions remplaçables. C'était sans doute mieux ainsi. Si le reste d'entre nous voulait qu'un futur persiste, il serait mieux que les personnes pleines d'optimisme, de créativité, de génie subsistent… Les êtres fêlés, trop abîmés n’apporteraient sans doute rien de bon…

Arrête de ruminer et écoute. “ Trancha ma sombre compagne d'armes.  

Je la fixais quelques secondes sans répondre.

Nous passions vraiment trop de temps ensemble. Annaëlle me cernait bien trop à mon goût. Elle connaissait, devinait mes états d'âme facilement. Trop facilement. Toutes ces missions, tous ces moments d'épreuves passés ensembles avaient renforcé le lien qui s'était formé entre nous à notre rencontre. Nous nous ouvrions de plus en plus l'une à l'autre… Une à une tous les murs que nous avions construits pour se protéger d'autrui tombaient quand nous étions ensemble. Une partie de moi redoutait tout autant que détestait cela. Elle me renvoyait à Éric, à sa perte. M'attacher à quelqu'un d'autre ne m'apporterait rien de bon. Pourtant, inconsciemment, le rapprochement se poursuivait. Sans trop savoir comment, il nous arrivait de nous retrouver à un endroit de la Citadelle. Ça arrivait de plus en plus souvent dans nos périodes de repos. Et nous passions alors des soirées voir des journées entières ensembles.

Annaëlle restait tout de même un mystère. Son histoire était un mystère. Il était clair maintenant pour moi que son état actuel n'était pas “inné “ ni “naturel”. Il s'était passé quelque chose. Quelque chose de terrible. Si ça continuait, elle finirait par peut-être me raconter. Peut-être.

Ce fut au tour de Flora de me ramener dans l'instant présent. Elle me toucha délicatement la main, timidement même. Je relevais les yeux vers elle et lui sourit en réponse.

Oui raconte nous ton histoire.” Dis-je avant de reprendre. “Barman, la même chose. Sur mon compte.



Sans hésitation ledit barman nous servit nos commandes et c'est après avoir trinqué une seconde fois que Flora débuta son récit.





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Jeu 12 Oct - 15:18



Plongée dans le passé
Flora & Sarrah

Une autre personne arriva alors qu'elles venaient de passer au verre suivant,
le regard de la jeune femme se posa sur la nouvelle arrivante. Flora la connaissait de vue, c'était la coéquipière de Sarrah et elle avait une réputation assez étrange. Ce n'était pas la jeune femme qui allait nier le fait qu'elle dégageait quelque chose d'étrange. C'était assez bizarre et dérangeant, mais bon... ça devait être au moins utile quand elle devait interroger les gens si les autres se sentaient naturellement mal à l'aise en sa présence. En tout cas, Flora ne laissa rien paraître de sa gène.

Les deux commencèrent à parler de le pétrin dans lequel était Flora, puis de leur boss.. elles avaient un jeu de parole étrange et lassant, si bien qu'au bout d'un moment, la jeune femme déconnecta de la discussion. Elle s'en foutait d'être dans le collimateur de ce type, il n'ira pas jusqu'à la tuer... elle était indispensable à la citadelle et il le savait, sinon Flora serait déjà certainement morte pour toutes les fois où elle lui avait tenu tête. Par contre, elle ne doutait pas qu'il lui ferait des crasses et qu'il essayerait de la "mater"... bonne chance à lui dans ce cas.

Flora rattrapa le fil de la conversation quand Sarrah lui précisa qu'elles avaient préféré jouer cartes sur table en lui disant tout ça. Puis soudain Annaëlle lui demanda qui elle était et d'où elle venait. Flora hésita à en parler un moment, même si beaucoup de personne savait qu'elle était italienne -merci les jurons familiaux quand l'un de sa famille s'emporte-. Flora vit alors que Sarrah partait dans ses pensés et vu son expression, elle n'était pas certaine que ce soit des "bonnes pensées". Flora frôla volontairement sa main, pour la déconnecter de ce qui la tourmentait. Puis après un échange de regard entre elles, Sarrah demanda aussi qu'elle raconte son histoire.

Flora soupira. Comment résister à Sarrah ? La jeune femme avait beaucoup trop d'admiration pour elle. La demoiselle but son verre cul sec, avant de faire signe au barman de lui en servir un autre. Puis elle commença alors à raconter :

-Je ne suis pas française. J'ai passé une partie de mon enfance en Italie, dans le domaine familial... là où il faisait bon, où je passais des heures à pourchasser ma soeur couverte de terre, où je faisais des farces à mon grand père pour le faire râler, où je faisais des opérations commando avec mon frère pour piquer des gâteaux que faisait ma grand-mère et où je passais des heures à observer mon père bricoler dans le garage. D'ailleurs je n'ai pas mis longtemps à m'amuser à démonter et remonter tout ce qui me passait sous la main... C'était vraiment parfait.

Un vent de nostalgie gagnait Flora... Elle se rappelait de la chaleur du soleil sur sa peau, l'odeur de la campagne italienne qui la submergeait, sa mère qui lui chantait souvent des comptine italienne... le visage chaleureux de sa grand-mère qui avait un cœur immense, son grand-père qui brandissait sa cane en marmonnant qu'elle était une sale gosse juste pour amuser Flora qui se sauvait en courant. Les journées au lac où elle faisait la bombe avec son parrain et son frère, arrosant tout le monde. Tout ça... c'était des choses qu'elle chérissait et quand ça n'allait pas elle se concentrait très fort sur tout ça, comme on s'agrippe à une bouée pour ne pas se noyer. Flora avait sur le visage une expression d'une douce nostalgie, mais se mit à grimacer en songeant à la suite :

-Malheureusement, mon parrain a le même don que moi pour chercher les gens qu'il ne faut pas. On s'est retrouvé en danger et ce fut confirmé quand ma grand-mère s'est faite assassinée. On a fini par fuir, mon père et mon parrain avait peur que nous les enfants soyons les prochains. Donc on a voyagé quelques années, s'arrêtant quelques mois. On a fini par atterrir à Paris et on y a trouvé un équilibre, mais tout à basculé avec cette foutue maladie qui zombifie les gens. Après ça... ma soeur est tombée malade, elle a dévoré ma mère avant qu'on puisse la tuer, mon frère est mort dans les bombardement et mon père a perdu ses jambes ce jour là... On s'est retrouvé ici et quand ils ont vu ce que je savais faire, ils m'ont proposé de m'occuper de l'endroit  en échange d'une bonne situation pour ma famille... j'ai accepté. Voilà !

Flora prit le nouveau verre qu'on venait de lui servir et le but cul sec, voulant faire passer le reste de son histoire qui était tragique. Comme certainement l'histoire de toutes les personnes qui se trouvent dans cette ville. La jeune femme n'avait croisé personne qui en ressortait heureux. Elle regarda les deux femmes et leur demanda :

-Je suppose que vous, vous n'allez pas partager votre histoire, ça se voit. Je me trompe ? Dans ce cas... parlons de ce qui vous attend, car vous devez m'accompagner, c'est bien ça ? Pour résumer, j'ai détruit un bloc qui empêchait le passage par l'un des secteurs de la ville, mais j'ai oublié de prendre la fragilité des immeubles à côté. Le bruit a attiré un tas d'infecté et mon plan est on ne peut plus simple... Faire énormément de bruit ailleurs et je sais déjà comment !
Cela va être merveilleux !


Flora avait une petite idée de ce qu'elle voulait faire et ça allait être grandiose, mais ça allait prendre un peu de préparation et des heures voire des jours de travail. Mais tout ça en valait la peine ! Elle allait raviver quelque chose que beaucoup de gens ont oublié.


by Moses


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