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Autour d'un verre

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Léon Matthews
Nouvel arrivant
Messages : 6
Date d'inscription : 09/01/2017
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Ven 27 Jan - 19:23


Le brouhaha de la foule, la voix rauque, se voulant envoûtante, de la chanteuse qui résonnait en fond, l’odeur âpre de l’alcool -si on pouvait appeler cela de l’alcool- et la luisance de mon bar lustré par mes soins me renvoyaient à l’époque où tout était normal.

Je sais pas comment l’expliquer mais à chaque fois que je me tenais à mon poste et que je travaillais, c’était comme si je remontais l 'temps.
Vu les circonstances actuelles, un bon nombre de gars vous diraient que c’est mauvais de se ressasser sans arrêt le passé et d’avancer uniquement vers le futur et vivre dans le présent.

Je peux comprendre ce que ces gars là veulent dire en un sens, mais je ne suis pas con.
Enfin, pas le dernier des cons en tout cas, au contraire,
j’ai toujours eu l’impression que le passé m’aidait dans mon présent.
Le passé c’était nos histoires, celles qui font ce que nous sommes aujourd’hui et ce que nous serons demain.

Les lumières tamisées du bar donnaient une petite ambiance cosy et bien que la plupart des clients ne semblent pas vraiment y faire attention,
mon oeil tiré par la fatigue en était apaisé.

‘Faut dire que je dors pas vraiment bien depuis quelque temps, mes crises d’insomnies revenaient étaler leur merde comme d’habitude,
ne me laissant que quelques heures de repos avant d’entamer une autre journée à survivre.
Parce que c’était ça maintenant.

On vivait plus, on survivait.

Les mains dans l’eau, je m’occupais de nettoyer les verres utilisé et de les bichonner avec le bout de tissu propre prévu pour.
Les musiciens continuaient leur show, la chanteuse s’étant retirée pour le plus grand bonheur des oreilles sensibles et j’en profitait pour balayer la salle du regard.
Soirée calme.
Les gens avait l’air un peu plus souriant au fil du temps,
s’habituant de mieux en mieux à la situation.

Tiens ça me fait penser, le genre humain à toujours trouvé moyen de sourire et s’amuser malgré tout les merdiers du monde.
Et ça, il y a rien de mieux pour réchauffer le coeur de n’importe qui, notamment le morceau de bouse qu’était le mien. ça faisait du bien de se détendre complètement en travaillant, j’aimerais vivre plus de soirée comme celle ci, même si je ne me contente que de faire du service.

Après avoir fait un tour visuel de la salle, mon regard fut attiré par le verre que me tendait l’homme assis pas très loin de moi, les coudes sur le bar.

“Hey Léon, sers-m’en un autre tu veux ?”

Frank (car c’était comme ça que ce connard s’appelait) me fit un petit sourire aux dents jaunes. C’était un bon habitué du bar et nous avions fini par plutôt bien nous entendre tous les deux. Au début, c’était lui qui venait à moi pour parler de ses problèmes, on peut pas dire que ça pue l’amitié virile entre nous mais j’savais que c’était un bon gars sur qui compter et vice versa. Comme à mon habitude, je répondit d’un signe de tête, attrapa son verre habilement pour le remplir.

“Et voilà Franky.”

Je lui glissa professionnellement son verre qui arriva parfaitement devant lui sans qu’une seule goutte de boisson ne soit gaspillée sur le bois lustré de mon bar. Ce truc, je rêvais de réussir à le faire lors de mes débuts. Je me demande parfois c’que penserait mon moi d’avant si il me voyait maintenant. Frank prit une gorgée de sa boisson avec un plaisir notoir sur son visage.

“Tu m’as l’air fatigué L, encore les insomnies ?”

Je leva un sourcil touffu en replaçant les verres propres en attendant leur prochaine utilisation. Une fois fini, je me passais la main dans les cheveux en laissant échapper un petit soupire. On pouvait rien lui cacher à ce salaud, c’est une des choses que j'appréciais à son égard. Lui, il me regardait avec le pif rougi, tel un nigaud qui attendait son pain. Décidément, il avait envie de taper la discut’ ce soir.

“On peut dire ça ouais.”

“Tu devrais te prendre un petit remontant de temps en temps.”

“Pas vraiment envie, je suis bien avec mon eau et mon café.”

“Je ne te comprend pas, ça fait pas de mal pourtant.”

“Au moins, j’fini pas le cul à l’air à danser la danse du ventre dans le froid moi.”

Franky se mit à tousser un peu fort, visiblement mal à l’aise. Il me fit un signe de tête en direction d’une jeune fille trop délicate pour ce genre d’endroit qui pouffait en sirotant son cocktail. Elle nous avait entendu, je suppose qu’elle devait plaire à Franky. Mon regard se reposa sur mon ami, totalement indifférent.

“J’invente rien, tu a le goulot facile Franky.”

“C’est pas pour t’en déplaire Monsieur le barman.”

“Touché.”

Franky eut un petit fou rire suivit de la jeune femme.
Fin, Franky quand il riait, on pourrait croire entendre une putain de hyène asthmatique, pas étonnant que la demoiselle s’y était mise aussi.
Si j’avais été une autre personne j'aurais aussi ri, vu comment celui de Frank était contagieux.
Malheureusement, j'étais juste Léon Matthews,
salopard né pour vous servir.
Je les laissait donc faire connaissance en allant un peu plus loin, toujours à mon poste, pour voir si il y avait pas d’autres clients à servir...



Hey Invité, j'te sert un verre ?
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Sarrah
Membre
Messages : 52
Date d'inscription : 22/11/2016
Age : 21
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Lun 30 Jan - 23:31

ft. Léon Matthews

ft. Sarrah

「 Autour d'un verre. 」



A nouveau un verre dans la main, à nouveau le vague à l’âme, à nouveau une soirée de plus, seule.




De nouveau assise au comptoir de l’Underground, je contemple mon verre, figée.

Ça faisait quelques mois que j’étais arrivée à la Citadelle, au sein du Service de Sécurité. Je m’étais trouvée des marques dans les différents lieux où je passais le plus clair de mon temps : les dortoirs, la salle d’entraînement, le Deadly et l’Underground. C’est dans ce dernier que j’aimais me rendre pour me relâcher un peu après les longues journées de service ou lorsque le sommeil s’évertuait à me fuir.

Aujourd’hui, une chose m’avait troublé. Le regard de cette femme aux abois ne cessait de me poursuivre. Les ordres étaient les ordres. Je les appliquais sans états d’âme, sans me sentir concerner, sans m’impliquer émotionnellement. Parfois, ce que me demandait mon Chef d’équipe me semblait tout à fait injustifié et peu judicieux. Mais je ne disais rien. Qui étais-je ? Une nouvelle recrue à qui on demandait de faire ses preuves. Je commencerais bientôt à faire des missions pour Big Boss, le grand ponte de la Sécurité. Après avoir forgé une réputation suffisante, peut-être que... Que j’aurais davantage mon mot à dire et qui sait monter en grade. Cependant, devoir assumer davantage de responsabilités et accepter un nouveau poste, signifiaient un enlisement prolongé à la Citadelle. Et je n’étais pas sure de souhaiter cela.

Ce regard de pure détresse face à la sanction qui venait de tomber ne voulait pourtant pas s’effacer de ma rétine. Un vol. Un petit vol. A l’étalage. Pour de la nourriture. Bien que la fin du monde ait eu lieu, certaines choses restaient les mêmes au sein des murs de Châtelet. Voler la propriété d’un autre était un crime. Quels que soient la raison et l’objet dérobé en question. Dans le cas d’aujourd’hui, la femme avait été prise la main dans le sac alors que je patrouillais avec mon équipe. Pas une maligne ni une expérimentée dans ce domaine. Une fois que nous l’avions attrapé, elle n’avait cessé de sangloter en disant qu’elle faisait tout ça pour son fils. Pour qu’il ne meure pas de faim. Elle avait tout fait pour gagner de l’argent jusqu’à vendre son corps et participer à des jeux de riches plus ou moins malsains. Mais elle se heurtait à un mur. Sourdes à ses lamentations, nous l’avions conduit jusqu’au chef d’équipe. Un sourire sadique aux lèvres, il avait prononcé la sentence sans une hésitation. Elle échappait à la décapitation, mais pas à l’arène. Et avec son fils. « La sale engeance, on en veut pas à la Citadelle, on en a déjà suffisamment. » A commencer par toi, saleté ne pus-je m’empêcher de penser.


Il a fallu l’embarquer avec nous pour trouver son gosse puis les mener au Deadly Struggle.

Ses yeux plongés dans les miens alors qu’on les jetait dans l’arène sont restés gravés. La lueur que j’y ai perçue ne cesse de m’amener des frissons. Comme-ci quelque chose de plus depuis cette apocalypse venait me hanter et n’allait cesser de me poursuivre. Cette femme ne cherchait qu’à survivre comme nous tous ici-bas… Survivre. Juste survivre… Elle s’était retrouvée acculée et n’avait vu que ce seul moyen pour poursuivre cette vie une journée de plus. Pour elle et pour son fils. Ils étaient morts maintenant. Dévorés à leur tour par des infectés engraissés et enragés par le sang précédemment versé. Morts. Peut-être était-ce mieux. Peut-être que si elle avait réussi à rester inaperçue, peut-être auraient-ils vécu encore longtemps. Peut-être que non. Chaque victoire que nous arrachions face au hasard et aux aléas, retardait un peu plus la dernière échéance. La reculait. Mais tôt ou tard, la mort nous rattraperait. Tôt ou tard.

« Vis. »

Je secouais violemment la tête en tout sens pour faire disparaitre cette voix que je n’avais de cesse de vouloir fuir. Ne pas se rappeler. Ne pas se rappeler pour continuer à avancer. J’étais en vie. J’avais réussi. Je n’étais pas morte. Pas besoin que ce souvenir ressurgisse. Pas besoin que cette souffrance ne revienne. Pas besoin…

Un long sifflement s’échappa de mes lèvres et je me tenais courbé sur le comptoir, le crâne retenu par mes mains.

Une furieuse envie me vint de laisser ma tête s’échapper et rencontrer le bois sous mes coudes. Rien à faire, mes doigts s’agrippaient à elle comme une ancre à son bateau. Finalement, je croisais les bras et enfonçais ma tête dans le nid qu’il formait. Les sons, la lumière, s’atténuèrent et je me retrouvais dans une bulle qui m’apaisa un peu. Qui me permit de ralentir ma respiration saccadée. La voix nasillarde et désagréable de la chanteuse ne me harcelait plus, tout comme les rires tonitruants d’un homme et d’une femme à quelques distances de moi. Je restais ainsi quelques minutes.

Personne ne viendrait me déranger. Bien qu’en tenue de civil, mes bras nus et musclés, exposés, couverts de tatouages et mes cheveux blancs clamaient hauts et forts mon appartenance aux gardes de la Citadelle. Alors même que je n’en faisais pas partie, de nombreux Solitaires me prenaient pour un agent du Service de Sécurité envoyé en mission. Cette affiliation tacite m’avait aussi bien amené pas mal de problèmes que faciliter ma survie à l’extérieur. Loin de loin l’idée de me présenter à la Citadelle de mon propre fait. Du moins, à cette époque-là, ce choix ne m’apparaissait pas être le bon. Je ne me sentais pas prête à rejoindre un groupe multiple et nombreux d’êtres humains. De plus, la Citadelle venait tout juste de se former officiellement et cherchait à se construire et à consolider le début de clan qu’elle formait. Déjà à cette période, les bruits des intrigues qui traversaient ses murs sonnaient telles de mauvais augures et bien peu pensaient que ce nouveau groupe survivrait plus de quelques semaines. Moi y comprit. Nous nous étions tous trompés. Fourvoyés.

Et par un des plus grands hasards, j’avais croisé le chemin d’un des grands pontes en devenir de Châtelet.

Comment refuser une telle offre de protection, de nourriture et de soins illimités en tant que garde ? Impossible. Surtout quand l’homme qui faisait cette offre se trouvait être Big Boss en personne. Fatiguée, blessée et affamée, j’avais juste hoché de la tête, sans rien dire de plus. Un sourire m’avait répondu. Un sourire satisfait tout autant que glaçant et remplis de menaces. Tel était Big Boss et tel est-il encore actuellement. Au final, à part ces quelques questionnements intérieurs sur le bienfondé de mes actes, je m’accommodais bien à cette nouvelle vie. Oui, il fallait me l’avouer. Au moins ne tentais-je pas de finir mes jours en me jetant dans une guerre perdue d’avance face aux zombies, ... J’étais entourée maintenant, plus de risque que ça m’arrive. Enfin entourée... Physiquement, oui. Pour le reste, pas vraiment.


Le barman arriva alors de mon côté.

Il fixait mon verre vide et moi-même, jaugeant sans doute de quel type de client, j’appartenais : désagréable, déjà ivre, à rendre ivre, aux bourses pleines, un habitué, un du genre parleur, un triste, un à laisser tranquille, ... Je le voyais à ses yeux concentrés. Je l’avais déjà vu quelques fois de loin, mais c’était toujours quelqu’un d’autre qui me servait. Plus grand que moi d’au moins cinq centimètres, il avait plus le physique d’un combattant du Deadly qu’à un barman de l’Underground. Il en avait aussi la tête : les cheveux descendant jusqu’à la base de son cou et coiffés en arrière, une barbe mal rasée et des yeux vert noisette. Loin de l’archétype jovial, ce visage n’inspirait pas confiance et criait à qui voulait l’entendre qu’il pouvait être un sacré connard. Pourtant, tout dans sa manière de fixer ses clients, de se mouvoir, d’essuyer et de servir ses verres montraient un plaisir évident de se trouver là. De travailler là. D’ailleurs, quand il jetait des coups d’œil à l’homme au rire explosif et étrangement sifflant, on ne pouvait manquer d’y déceler une pointe d’attachement. Il devait bien le connaitre. En tout cas, l’homme au rire contagieux discutait avec une belle demoiselle et leur dialogue semblait partir dans la direction qui leur convenait.


Pour ma part, un autre type d’échange m’intéressait.

D’un discret signe de la main, j’attirais son attention. Il s’approcha alors de moi. Il arborait un sourire tranquille, un sourire de façade : professionnel. Je soupirais doucement, les masques tout le monde en portait ici. Même moi. C’est en revêtant le mien que je lui adressai la parole, tentant de cacher mes états d’âme.

« Pourrais-je avoir un verre de vodka s’il vous plaît ? »

Il hocha simplement la tête avant de se détourner pour préparer ma commande. Je recommençais à fixer le fond de mon verre. L’absence de la voix fausse de la chanteuse me fit lever la tête et observer la scène derrière moi. Les musiciens continuaient de jouer tranquillement. Les quelques spectateurs les contemplaient en silence, les yeux dans le vague, fixés sur des souvenirs qu'eux seuls pouvaient voir. La musique me manquait. Elle me permettait souvent de m’évader. C’était agréable de pouvoir en écouter de nouveau...


C’est aussi plongé dans ma mémoire que le reste des personnes fixant la scène où jouaient les musiciens que le barman me trouva.




Un raclement de gorge me ramena au moment présent, entrainant avec lui le retour des démons de ma conscience.





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