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Là où mènent tes pas [Rp Eve]

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Sarrah
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Dim 22 Jan - 20:41

ft.Eve

ft. Sarrah

「 Là où mènent tes pas. 」




Les rêves… Moyen de réminiscence de notre passé.




J’en fis une nouvelle fois l’amère expérience.

Me réveillant en sursaut, empreint d’une panique absurde et immense, avec pour seul souvenir un visage. Celui d’Eric. Dans mes bras. Ce qui restait de lui. Toute lumière ayant disparu de ces yeux verts grands ouverts. Son regard si pétillant d’intelligence et de bienveillance à jamais éteint.

La douleur...

Si vive sur le moment et toujours aussi béante maintenant… Cette plaie ouverte ne se refermera sans doute pas. Je l’aimais tant. D’une manière infantile, comme l’amour d’une fille à son père. Étrange que de s’en rendre compte que, lorsque l’être aimé disparaît. Pourquoi sommes-nous si centrés, obnubilés, oubliant que ceux qui nous sont chers, ce qui peut nous manquer, se trouve à nos côtés ? Je ne sais… Je ne sais pas. D’une certaine manière, je m’en veux. De ne pas lui avoir dit combien il comptait pour moi, de ne pas lui avoir dit un simple « Merci pour tout ce que tu as fait. Merci.». Je m’en veux. Je le regrette. Moi qui pourtant ne souhaiterais jamais avoir à en éprouver…

Les larmes coulent insidieuses, dévalant en silence les pentes de mes joues.

Un sanglot secoua mes épaules tandis que je me recroquevillais, les genoux ramenés contre ma poitrine, entourés de mes bras, ma tête cachée en leur sein. Peu à peu, mes tremblements s’estompèrent, mes larmes cessèrent de couler. Je me sens si fatiguée et si lourde… C’est un poids. Rien dans l’époque actuelle, trois ans plus tard, ne m’aiderait à panser cette plaie. Voir tous les jours ces atrocités et les ruines des bâtiments détruits par les bombardements, me rappelait sans cesse ce fameux jour. Celui où tout a basculé. Où mon univers s'est flétri et assombri sans que je puisse rien y faire. Peut-être, est-ce cela le pire : assister à l’effondrement d’un monde, du nôtre et lui survivre. En étant ainsi les témoins de sa chute, ridicules insectes tentant par tous les moyens les plus vains d’en éviter la fin. Peine perdue…

Assez !

Je secouais violemment ma tête sachant pertinemment où mes pensées me mèneraient. M’habillant rapidement, je sortis des dortoirs des gardes remarquablement calmes cette nuit pour aller dans la salle d’entraînement. Personne. Merveilleux. Je n’avais aucune envie de rencontrer l’un de mes semblables. Je commençais alors à me défouler sur un punching-ball des plus conciliants. Durant une heure, j’enchaînais tout mon répertoire et c’est finalement à bout de forces, mais la tête vide que je m’allongeais sur le sol en béton froid. Je fermais mes yeux quelques minutes, me concentrant sur ma respiration et les sensations que me renvoyaient mon corps fourbu. Les hématomes dus à mon combat avec Anton s’étaient enfin résorbés après une semaine et demie d’attente. Le temps passait si vite…

Le bruit de pas s’approchant de moi me ramena à l’instant présent.

Une ombre immense s’était étendue sur moi. Elle appartenait à l’homme qui régissait tout au sein du Service de Sécurité de la Citadelle. Au Big Boss. Ses yeux bleu ciel me fixaient, contrastant avec son teint ébène. Sa bouche était figée en une moue tendue et revêche. Était-ce de l’inquiétude et de l’urgence que je lisais dans ses yeux ? Dans tous les cas, mon instinct me poussa à me relever rapidement et à attendre qu’il ne prît la parole. Big Boss semblait aux abois, fatigué et lorsqu’il prit la parole peut après, mes soupçons se confirmèrent. Quelque chose de grave était arrivée.

« J’espérais bien te trouver ici. » Devant mon silence, il poursuivit. « Ce que je vais te dire ne doit pas sortir de cette salle, compris ? »

J’acquiesçais, de plus en plus dubitative. Les murs avaient des oreilles au sein de la Citadelle, c’était bien connu, et même entre ceux du QG des gardes. S’il souhaitait une pleine discrétion, il fallait sortir à l’extérieur ou connaitre un lieu où le bruit alentour était suffisant pour couvrir les murmures. Il le savait pour sûr, mais l’impatience dans sa voix montrait qu’il n’avait pas la situation totalement sous contrôle comme à son habitude. De fait, c’est dans ces moments-là que les erreurs surviennent. Du pouce, je lui montrais derrière moi la grille de ventilation du plafond qui persistait depuis longtemps à produire un sifflement désagréable, ce qui constituait un fond sonore convenable. Nous nous plaçâmes en dessous.

« Je vous écoute. »

« On nous a dérobé deux choses au contenu hautement sensible. » Il s’arrêta une nouvelle fois. « Seul le Conseil et moi-même sommes au courant de sa disparition. Il s’agit d’une carte et d’un carnet. Ta mission sera de les récupérer. A tout prix. Élimine également les coupables : un groupe de Solitaires qui sévit depuis quelque temps. Je ne tolérais pas d’échecs.»

Pour que seulement eux le sachent, l’affaire devait être grosse. À l’extrême tension de ses membres, elle pouvait probablement lui coûter sa place en tant que Chef de la Sécurité. Et je me retrouvai une fois de plus au milieu d’enjeux qui me dépassaient largement.



« Tu n’as pas besoin de savoir ce que c’est. Dans mon bureau, tu trouveras tout ce dont tu auras besoin pour cette traque. Sac, vivres, carte et une lame crantée. Tu pars de suite. »









C’est dans la lumière tremblotante de l’aurore que je me retrouvais hors du territoire jouxtant la Citadelle.





Une lueur blafarde qui transperçait les épais nuages de plombs au-dessus de ma tête.

Les rayons lumineux semblaient former des échelles venues d’on ne sait où. Présage ou non, ce spectacle était suffisamment rare pour égayer ma longue marche. D’après Big Boss, ce groupe de Solitaires sévissait au niveau du Port de l’Arsenal. Que de vieilles carcasses abandonnées où l’on pouvait se cacher, que de recoins humides et inhospitaliers… Autant chercher une aiguille dans une botte de foin. Ça n’allait pas être de la tarte. Seulement, les membres de groupe avaient peut-être suffisamment pris confiance en eux pour se montrer imprudents et donc se rendre plus visibles. J’avais de quoi tenir un siège, le poids de mon sac à dos était rassurant.

Quoi qu’ait pu contenir cette carte et ce carnet, leur disparition avait ébranlé la Citadelle. La panique dans les yeux de Big Boss me taraudait. Je devais m’attendre à tout avec des types capables de créer un tel micmac et surtout auprès des membres du Conseil. Il devait être notoirement connu du reste des clans sur Paris, mais c’était la première fois que j’entendais parler d’eux et la Citadelle également. Big Boss m’avait dit qu’il s’agissait du regroupement d’individus traqués pour des faits divers au sein de la station décadente. Bannis et traqués par nos services... Au moins avaient-ils eu la présence d’esprit de se rassembler. Un tel vol au plus haut niveau était sans doute prévisible. Ce n’étaient pas des enfants de cœur, ils haïssaient la Citadelle et ils étaient quelque part dans la nature, vivant et libres. Cet acte était une vengeance et sans doute, la première étape d’un plan plus vaste. En laissant leur signature, ils le laissaient entendre et prouvaient par ailleurs une organisation des plus impressionnantes. Personne n’avait remarqué quoique ce soit. Pas de témoins, pas de bruits, pas de traces. Du beau travail.


Big boss allait se mettre en chasse de possible complices entre les murs.

Ça allait être sanglant, violent et relativement discret. Il avait largement les capacités pour ce faire. Dans tous les cas, me voilà dehors, contente de pouvoir m’aérer l’esprit, mais aux prises avec un sentiment d’urgence persistant. Pas de droit à l’erreur. Le vent jouait avec mes mèches folles, caressant mon visage et sifflant doucement à mes oreilles. Tout était calme pour le moment. Je ne mettais cachée qu’une ou deux fois au passage d’individus aux têtes plus ou moins connus. Être incognito. Soit. Il y avait eu peu d’infestés. Bientôt, je commencerais à me déplacer davantage à couvert, je me méfiais tout particulièrement des toits des bâtiments. Il serait sans doute justifié que je me déplace de là-haut...

Les étranges faisceaux lumineux continuaient à m’entourer, donnant un coté mystique à la ruine géante que représentait Paris. Une vieille carcasse recelant bien des secrets. Voir ainsi cette ville, ancienne splendeur architecturale, me ramena en tête un vieux remix d’un air suranné de musique. Quelles en étaient déjà les paroles ?

Ah oui, ça devait être ça :




Je n'ai pas peur de la route
Faudrait voir, faut qu'on y goûte
Des méandres au creux des reins
Tout ira bien
Le vent nous portera


Le boulevard semblait s’étirer à l’infini devant moi. Fenêtres éclatées, murs noircis par les flammes, carcasses de voiture abandonnées, gravats, vieilles taches de sang au sol, impacts de balle.

« Tout ira bien. »

Le vent soufflait, charriant de vieilles odeurs de décomposition et d’autres plus ténus et à l’origine plus obscurs. Qui savait ce que nous respirions...

« Le vent nous portera. »

Ton message à la grande ourse
Et la trajectoire de la course
Un instantané de velours
Même s'il ne sert à rien
Le vent l'emportera
Tout disparaîtra
Le vent l'emportera


L’horizon violacé parsemée d’éclats dorés. Nuages couleur orage, promesses menaçantes. De quoi donc sera fait mon avenir ? Rester jusqu’au bout au sein de la Citadelle, jusqu’à ce que je meure ? Partir ? Hors de Paris ? À la découverte d’une France que je n’ai jamais connue auparavant ? Pourtant, elle aussi à sombrer en même temps que la capitale. À quoi bon... Partir ou rester ?

La caresse et la mitraille
Cette plaie qui nous tiraille
Le palais des autres jours
D'hier et demain
Le vent l'emportera


Des zombies au loin. Je me faufile de voiture en voiture, les évitant. Ils sont vieux ceux-là. Vieilles charognes, les vêtements en lambeaux, des bouts d’intestins voltigeants de-ci de-là. Tout à fait charmant. Deux hommes, une femme. Et là-bas, ce qu’il reste d’un gosse. En continuant ma route, je tombais alors sur les corps de plusieurs Solitaires. Tous les sexes et âges confondus. Un charnier de plus. Quelque chose capta mon attention. Le regard suppliant d’un survivant blessé. Au vue du sang sur le sol, il allait mourir sous peu.

« Le vent les portera. »

Sortant mon nouveau couteau, je l’achevais en plantant la lame au niveau de l’oreille après avoir caressé une dernière fois son visage. Il n’y avait rien à faire d’autre.

Génétique en bandoulière
Des chromosomes dans l'atmosphère
Des taxis pour les galaxies
...et mon tapis volant, dis ?
Le vent l'emportera
Tout disparaîtra
Le vent l'emportera


Il était temps que je me réfugie dans les bâtiments et sur les toits. Un groupe de personnes était en approche. Me cachant derrière un mur à moitié détruit, j’attendis qu’ils passent leur chemin. Ils parlaient fortement, rigolaient à tout-va, le cliquetis de leurs armes résonnant à chacun de leur pas. Jetant un petit coup d’œil, j’aperçus quelques treillis kaki ensanglantés. Pas des enfants de cœur. J’atteignis le toit d’un bâtiment lorsque j’entendis des tirs acharnés, des cris et des râles d’agonie. Infectés ou vivants ? Je ne le saurais jamais.

Ce parfum de nos années mortes
Ce qui peut frapper à ta porte
Infinité de destins
On en pose un, qu'est-ce qu'on en retient ?
Le vent l'emportera


« On en pose un et qu’est-ce qu’on retient ? »

Le mien m’était apparus tout aussi incertain avant l’épidémie que maintenant. Après avoir quitté le monde souterrain, après qu’Eric m’eut redonné le goût de vivre, je m’étais souvent demandée ce que j’allais devenir. Retrouver un travail ? Prendre le rythme d’une routine qui m’effrayait ? Vivre tranquillement et simplement ? Je n’arrivais pas discerner si ça me plaisait ou si les circonstances me l’imposeraient... Que faire, que faire... En tout cas, je l’imaginais avec Eric à mes côtés mon destin. Il était la seule chose stable dans mon environnement. Il était mort maintenant. Tout ce que j’emportais de lui étaient ses derniers mots.

Tandis que la marée monte
Et que chacun refait ses comptes
J'amène au creux de mon ombre
Des poussières de toi
Le vent l'emportera
Tout disparaîtra
Le vent l'emportera




« Le vent nous portera. »










Le soleil était descendant lorsque j’atteins le secteur du port.




Mon crapahutage de toits en toits prenait du temps et parfois, je me retrouvais en pleine rue, faute de trouver un accès satisfaisant.

Toujours le même horizon violacé et inchangé. À croire que le temps, s’était arrêté. Une odeur pestilentielle régnait dans le secteur. Le vent s’était couché. Tout était immobile et lourd. Dans les rues adjacentes, il n’y avait pas la moindre âme qui vit. Pas même d’infectés. Je fronçais les sourcils. C’était anormal. Big Boss m’avait prévenue de la concentration assez importante des morts debout dans le coin. Où étaient-ils ? Leur disparition aurait été connue : elle indiquait la présence d’un groupe organisé et puissant pour une telle épuration. Il y avait eu un hic quelque part... La Seine était droit devant moi à un peu plus de huit cent mètres. Des carcasses de bateaux étaient visibles, mais sinon rien. Quelque chose n’était pas rond. Un mauvais pressentiment naquit dans mes entrailles.


Un point mouvant attira alors mon attention.

Il était difficile à discerner dans l’ombre des bâtiments, mais il lui arrivait de traverser des zones plus exposées. Une approche furtive à n’en pas douter. Une première piste. Il ne fallait pas que je perde cet individu de vue. Qui sait où il me mènerait. Poursuivant mon cheminement sur les toits, je parvins à suivre l’inconnu. Coïncidence ou non, celui-ci se rapprocha de ma position jusqu’à être juste en dessous de moi. On aurait dit qu’il avait vu quelque chose. Pourtant, je ne voyais rien. Puis, j’entendis. Un gémissement puissant. Puissant car multiples. Une horde. Et par-dessus le bruit de voix humaines, attirant les bestioles et les invitant à les suivre. Une injure bien sentit faillis jaillir de mes lèvres, mais les agissements de l’être sans nom ni visage les maintenir closes.

Un masque. Qui me regardait en contrebas. Qui me fixait. L’éclat furtif d’une prunelle concentrée apparu quelques secondes avant que l’inconnu ne se retourne vers la horde de zombies. Il fallait qu’il se cache et vite. Seulement, la rue était totalement dégagée et pas de fenêtres ouvertes ou aux vitres cassées. Qu’il tente de les briser et il attirerait irrémédiablement les morts-vivants. Il n’y avait qu’une autre option.

Grimper.

Avec une belle vivacité, l’inconnu entreprit d’escalader le mur en s’appuyant sur tout ce qu’il pouvait. Heureusement pour lui, l’édifice disposait de nombreuses prises et les balcons successifs offraient de quoi se hisser rapidement. Pas de veine, pas d’endroits où masquer sa présence à des êtres humains. Le bruit de la multitude se fit de plus en plus assourdissant. Arrivé au dernier étage, l’inconnu tout de noir vêtu et encapuchonné marqua une courte pause. Il ne semblait pas en démordre de rejoindre ma position. Qu’il se grouille où il allait nous faire repérer tous les deux. Il reprit sa progression, mais ne parvint pas à trouver un support suffisant pour se hisser sur le toit. Les hommes au-devant de la horde étaient enfin visibles ce qui sous-entendait que nous deux aussi.


Les sourcils froncés, je tendis ma main vers l’inconnu.

Sans hésiter, il s’en saisit et avec nos efforts conjoints se retrouva en quelques secondes à mes côtés. À plat ventre, nous guettâmes tout signe d’alerte chez les deux hommes beuglant à qui mieux-mieux. Pas de peur ni de panique. Ils agissaient volontairement. Malins en tout cas. Ils passèrent notre position et l’immense horde de zombies s’étira rageusement derrière eux. Elle semblait interminable et contenait plusieurs centaines de têtes au minimum. C’est une fois cette dernière passée que je me retournais vers l’étranger.
L’étrangère plutôt au vu de ses formes dessinées par ses vêtements.

Le masque lisse me contemplait également encadré par de longs cheveux roux en cascades. Lumineux, attirant l’œil, ils ressortaient sur le fond orageux du ciel. Un feu follet dansant. Oui, l’image correspondait à cette femme, à sa manière de se tenir, de se mouvoir...

Prendras-tu la parole ou feras-tu un faux pas ?




Qui es-tu ? Quelle est la raison pour que tes pas t’aient mené jusqu’ici ? Jusqu’à notre rencontre. Jusqu’à moi.






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Ven 17 Fév - 22:18



Telles des lionnes...
Eve & Sarrah

Tout oublier ! Voilà ce que voulait Eve, elle s'était encore réveillée de son habituel cauchemar... elle avait encore l'impression de le sentir fermement contre elle, de sentir son souffle chaud empestant l'alcool, d'entendre les chaînes cliqueter à chaque mouvement, de sentir la douleur qui la parcours sous la violence... Eve se releva en nage comme si elle s'était battue comme jamais. Son regard se posa sur la fenêtre et elle alla l'ouvrir, pour sentir la brise fraîche sur sa peau... elle regarda la ville dévastée, le regard perdu au loin et elle essayait de repousser les images atroces qui étaient encore dans sa tête. Elle serra les poings en disant d'une voix ferme :

-Il est mort, je l'ai tué ! Je n'ai plus à avoir peur de lui !

Un frisson lui parcouru la colonne vertébrale, comme pour la secouer pour qu'elle s'avoue la vérité et lui prouvant le contraire de ses paroles. Eve poussa un soupire et se mit à pleurer silencieusement. La jeune femme s'installa sur le rebord de la fenêtre et resta là, laissant aller sa douleur jusqu'à ce que ses yeux n'en puissent plus... jusqu'à ce qu'elle n'avait plus de larmes. Son regard se posa sur le ciel, instinctivement elle posa ses mains sur son coeur en fermant les yeux et murmura une prière :

-Ange des songes... je sais que cela est égoïste de ma part, te dire le contraire serait un mensonge... Mais s'il te plaît... Laisse-moi oublier !

Le bruit de la clochette la fit sursauter, quelqu'un voulait la voir. Comme elle vivait à l'écart de tous, dans la pièce sous le clocher et qu'elle bloquait la trappe, le père Adélie avec demandé d'installer un système avec une clochette pour pouvoir "sonner à sa trappe". Eve se leva et se dirigea vers le bord de sa pièce et se laissa glisser le long de la barre, pour atterrir avec souplesse à côté de la trappe. Puis elle la décoinça et souleva, pour voir la tête du père Adélie passer. Eve le regarda la mine exaspérée, il avait sa tête de "j'ai un ordre à te donner".

La jeune femme le laissa rentrer et referma la trappe. Elle attendit qu'il grimpe à l'échelle et suivit le mouvement. Le père observa sa chambre, qui était loin de ce qu'on trouvait ici. Il y avait du linge en pagaille sur le sol et les meuble, des livres posés en vrac un peu partout, une cible sur le mur, des barres d'entraînement, des bouteilles vides qui faisaient office de bougeoirs et pour finir, une bouteille de liqueur installée à côté de son matelas. Le père Adélie posa un regard de reproche sur elle et lui lança :

-Tu sais très bien ce que je pense de l'alcool et que c'est proscrit de notre temple.
-Vous savez ce que je pense de vos règles, qui ont été rédiger par de simples hommes et non par une force supérieure. Les anges ne m'auraient pas laissé les trouver si c'était interdit, quand ils seront contre je le saurai...
-Bon ! On en reparlera une prochaine fois, je ne suis venu te voir juste pour ça. J'ai quelque chose à te demander Eve et c'est important. Même si nous avons des différents du point de vue de la religion, j'ai besoin que tu me prouves ta fidélité.
-Bien ! J'ai besoin de me défouler. Je vous écoute.
On nous a volé un coffre important. C'est un petit coffre doré, incrusté de pierres précieuses et des paroles en latin gravées dessus. Il y a dedans un calice, une dague, une corde en soie, un livre religieux avec nos rituels et un petit registre. On a reçu une lettre de chantage ce matin, ils veulent de la nourriture, des médicaments et des armes. Eve... soit notre vengeance divine. Tu dois les punir et reprendre ce qui est à nous.


Le père Adélie lui lança un regard qui voulait dire : ne discute pas cet ordre ! Eve se contenta alors d'accepter en hochant la tête. Cela n'allait pas être facile... trouver des voleurs à Paris, il y en a tellement ! Surtout quand on regarde la situation de Paris, même la personne la plus sage pouvait se mettre à voler pour sa survie. Eve hésita un instant avant de lui demander plus d'informations :

-J'ai besoin d'en savoir plus ! Paris c'est grand et malgré le nombre d'abominations, il reste beaucoup d'humains vivants. Je ne peux pas me permettre d'attraper personne, par personne.
-Il y a des rumeurs qui courent, on ne serait pas le seul... "clan"... à avoir eu ce problème. C'est tout ce que je sais. Je dois y aller, c'est bientôt l'heure de la prière. Et que dieu veille sur toi et guide tes pas. Ou tes anges si tu préfères...


Eve l'éconduit jusqu'à la trappe et alla se préparer. Elle s'habilla dans sa tenue de combattante et attrapa son sac qui était toujours prêt. Elle attrapa ses armes, prit sa ceinture dans ses mains et  prit son élan avant de sauter par la fenêtre. Avec l'aide de la ceinture elle se fit glisser le long d'une corde qu'elle avait installée là pour s'évader en urgence. On ne sait jamais ce que la vie réserve... Eve atterrit sur le toit du bâtiment à côté du temple, elle lança un dernier regard au clocher et s'éloigna pour s'occuper de cette histoire.


Les choses se compliquaient grandement, Eve avait essayé de trouver des groupes isolés pour savoir s'ils avaient été voler eux aussi. Elle avait trouvé trois petits groupes pillés, on leur avait volé toutes leurs nourritures et médicaments... Mais pas une seule information. Si ! Juste une : ils sont nombreux. Donc il fallait un endroit assez grand pour les cacher et un endroit isolé pour qu'ils soient discrets... sinon ils auraient déjà été repérer. Du coup, elle perdit patience et alla se trouver une source digne de ce nom ! Il existe des vermines qui ont leurs sales petits yeux partout...

Voilà comment elle s'était retrouvée à courir après l'une de ces vermines. Elle entendait ses bruits de pas empressés devant elle... Eve gagnait du terrain et allait bientôt l'avoir ! Elle bifurqua d'un coup à droite et vit la silhouette d'un gars au loin. La jeune femme ne pouvait pas tirer avec son arc au risque de lui laisser reprendre de l'avance. Elle accéléra le mouvement autant qu'elle le put. L'homme se retourna, son visage empreint d'une panique intense. Il renversa une poubelle, mais Eve bondit avec souplesse au dessus et se rapprocha encore plus de lui. Il tourna et... Un sourire se dessina sur le visage de la jeune femme et elle s'arrêta de courir, bloquant avec son pied l'homme au sol qui venait de faire une vilaine chute. Eve lança alors :

-On va avoir une petite conversation tous les deux ! Je crois que tu as des choses à me raconter.

L'homme dans un geste désespéré, attrapa la jambe d'Eve et mordit dedans même si ça n'allait jamais traverser le cuir de ses bottes. Par réflexe, elle lui mit un violent coup de pied dans la tête. La voilà avec un boulet inconscient. Avec un soupire, elle le regarda au sol et regarda autour d'elle. En voyant un bâtiment qui était une boucherie il y fort longtemps, elle eut soudainement une idée. Eve noua sa corde aux chevilles du gars et le traîna sans aucune hésitation jusqu'au bâtiment sans se soucier des éraflures qu'il allait avoir, puis essaya de trouver un endroit où l'attacher. Son regard se posa sur des crochets au plafond. Après un effort immense, elle parvint à le hisser et le suspendre par les pieds à l'un de ses crochets. Elle fouilla et trouva un sceau, sortit chercher de l'eau dans une grande flaque qui dégageait une odeur suspecte. Mais c'était suffisant pour ce qu'elle allait en faire. Eve retourna à l'intérieur, bloqua la porte avec une cale et balança son sceau d'eau dans la face de son prisonnier. Qui se réveilla en sursaut et en hurlant. Ce qui attira des infectés qui commencèrent à marteler la porte. Eve s'installa en souriant sur le comptoir qui se trouvait juste en face et lui dit :

-Ah ! Enfin réveillé l'affreux ! Je commençais à trouver le temps long, heureusement que je suis patiente et que j'ai très envie de parler avec toi...
-Va au diable ! Pouffiasse !
-Oh le vilain ! Ce n'est pas gentil du tout ! Tu vas me briser mon petit cœur... Ah non ! J'en ai rien à faire. Bon ! On va faire les choses rapidement. Je cherche des gars qui volent les groupes de survivants... Et je sais pertinemment que les horribles vermines dans ton genre ont les yeux partout, après tout, pour chasser des cibles isolées vous observez ce qui se passent.
-Je ne parlerai pas ! Jamais ! Tu peux crever !
-Pour une fois que j'essaye d'être gentille... Bon ! Tu parles je promets de ne pas te tuer, par contre si tu restes silencieux, je te tranche la gorge.


Eve se leva avec agilité, posa son regard sur les infectés et fut navrée de ne pas avoir le temps de nettoyer tout ça. Elle sortit son couteau de chasse et joua un peu avec un regardant sa victime. Puis lui entailla une joue, il se mit à crier en poussant des couinements et à gigoter, ce qui fit rire Eve, car on aurait vraiment dit un rat. Pour lui faire comprendre qu'elle ne rigolait pas, elle lui entailla l'autre joue. Il recommença et ajouta des jurons cette fois. Encore un petit effort et il allait craquer. Eve porta son couteau à sa gorge et commença à entailler doucement...

-C'est bon ! Stop ! Pitié, ne me tues pas ! Je vais tout te dire ! Ce sont des ancien voyous ! Ils forment un nouveau groupe... ils volent, pillent et font du chantage ! L'un de nos gars les a suivi jusqu'au port ! Je le jure qu'ils sont là bas ! Pitié...
-Bah voilà quand tu veux ! Comme promis, je ne vais pas te tuer pour te remercier.

Eve rangea son couteau et se dirigea vers la porte d'entrée, puis ouvrit la porte... Elle courut à l'autre bout de la pièce, s'engouffra dans l'ancienne réserve du bâtiment et bloqua la porte. La jeune femme entendit les hurlements horribles de l'homme attaché qui se faisait dévorer par les infectés. Après tout, elle ne l'avait tué elle-même, donc elle avait respecté sa parole. Puis elle rigola à l'ironie du sort, un cannibale qui se fait manger... Eve se glissa par la fenêtre qui menait à la ruelle de derrière et s'éloigna discrètement de la zone. Une fois assez loin, elle sortit sa carte, la jeune femme essaya de se positionner et chercha le port pour faire son itinéraire. Une fois fini, elle sortit en soupirant :

-Bon ! En route pour le port...


Eve se déplaçait d'une ombre à une autre, cela faisait un moment qu'elle marchait en direction du port et elle savait qu'il y avait encore une certaine distance. Essayant de se cacher des cannibales qui la poursuivaient... Apparemment, eux ils avaient le droit de manger les gens, mais laisser l'un des leurs se faire bouffer ça ne se faisait pas. Qu'est-ce qu'ils peuvent être susceptibles ceux là ! Bon, il fallait qu'Eve en avait tué quelques jours auparavant au Louvre, mais bon... Des cafards, tu en tues un et il y en dix autres qui surgissent derrière.

En tout cas, elle avait tout de même gardé un bon rythme malgré ses pots de colle ! Avec un peu de chance, elle allait les entraîner jusqu'au port et ils se feront attaquer par le groupe qu'elle cherche, ce qui lui offrirait une belle diversion. Alors qu'Eve s'approchait d'un bâtiment et inspecta à l'intérieur, un hurlement attira son attention. Des voix d'hommes... ils hurlaient vraiment fort pour attirer des infectés dans le coin.

-Eh merde ! Ils ne sont pas loin les vermines ! Et on dirait qu'ils veulent m'offrir la même mort que leur copain.

Elle retourna vers un autre bâtiment et leva la tête. Son regard se posa sur une silhouette féminine qui voulait se faire discrète. Les bruits d'infectés se rapprochaient dangereusement et elle n'avait pas beaucoup d'accès à portée de main. Eve soupira et décida de tenter sa chance avec cette personne qui semblait vouloir rester incognito. Après tout, les femmes cannibales ne chassaient jamais, les bandits bougeaient en groupe, donc c'était une personne "neutre" normalement.

Eve courut pour prendre de l'élan et se mit à grimper rapidement. Aussi rapidement qu'elle le pouvait, mais elle n'en était pas une experte et les infectés, ainsi que les voix se rapprochaient de plus en plus. La jeune femme se disait qu'elle allait certainement devoir dégainer son arc si elle se faisait surprendre. Mais finalement, alors qu'elle était presque au sommet du bâtiment l'étrangère lui tendit une main. Eve n'hésita pas à la saisir et l'aida en prenant un certain élan avec un appui sur une rampe. Aussitôt, elle se plaqua au sol essoufflée et observa la scène qu'elle avait sous ses yeux.

Un groupe de deux hommes couraient en criant et allèrent se réfugier dans un bâtiment, laissant dans leur sillage des dizaines et dizaines d'infectés. Eve poussa un juron discret, ces satanés cannibales allaient compliquer les choses. Elle posa son regard sur celle qui venait de l'aider et l'observa un court instant. Elle aussi semblait l'observer... si Eve ne serait pas cachée derrière un masque, elles se seraient certainement plongées dans le regard de l'une et de l'autre. L'inconnue qui venait de l'aider ne semblait pas hostile... Eve regarda alors la masse d'infectés qui s'étalée un peu partout autour du bâtiment, cherchant un truc à se mettre sous la dent. Elles étaient bloquées et il ne restait qu'une option : s'allier. Enfin, si elle le voulait bien. Eve murmura incertaine et pour une fois sans sarcasme :

-Merci de m'avoir aidé... Je m'appelle Eve. Sans vouloir paraître indiscrète, mais... Qu'est-ce que tu faisais cachée ici ? C'est un lieu étrange pour se cacher, surtout dans un coin si reculé... Tu m'expliqueras en chemin ! On doit se cacher et trouver un moyen de sortir d'ici...

Eve se dirigea baissée jusqu'à une lucarne qui se trouvait sur le toit, à l'intérieur elles seraient plus discrètes qu'à l'extérieur. La jeune femme s'y glissa avec agilité et alluma sa lampe torche, l'intérieur était sombre. Eve essayait de trouver une solution, ça n'allait pas être facile de sortir de là avec les infectés qu'il y a dehors. Un pas de travers et cette armée de monstres foncerait sur le bâtiment. Réfléchissant rapidement, elle se rappela d'un détail. Elles étaient trop loin d'une station de métro... donc... elle murmura instinctivement.

-Les égouts... Il faut trouver un accès aux égouts, on pourra se faufiler d'ici en passant sous la horde d'abominations.

Elle observa le bâtiment, ce genre de vieux immeubles avaient généralement une trappe dégoût dans leurs cours à poubelles. Ces bouches d'égouts ne sont jamais grandes, mais les deux femmes n'avaient pas une grande corpulence donc c'était totalement faisable. Mais il fallait trouver sa plaque dégoût et rien ne promettait que le bâtiment ou la cours soient déserts. Sans compter que des personnes contaminées ont pu se réfugier dans les égouts, donc il y avait de grandes chances d'en trouver plusieurs en bas. Eve se retourna vers l'inconnue déterminée :

-Est-ce que tu es avec moi ? Cela va être risqué, mais au moins on aura une chance de réussir. Si nous restons ici, je ne donne pas cher de notre peau.

by Moses


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Sarrah
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Sam 22 Juil - 8:22

ft.Eve

ft. Sarrah

「 Là où mènent tes pas. 」




« Merci de m'avoir aidé... Je m'appelle Eve. Sans vouloir paraître indiscrète, mais... Qu'est-ce que tu faisais cacher ici ? C'est un lieu étrange pour se cacher, surtout dans un coin si reculé... Tu m'expliqueras en chemin ! On doit se cacher et trouver un moyen de sortir d'ici...»



À ses remerciements, je ne répondis que par un haussement d’épaule.

Si je l’avais laissé là, elle se serait fait repéré et par la même occasion moi aussi... Je n’avais pas le choix. Mes yeux luisent durement.

« Sarrah. » Fis-je simplement. La suite s’acheva en murmure : Eve c’étant relevée pour se diriger courbée vers une lucarne. « La même chose que toi visiblement... »

Sans plus de cérémonie et d’explications, je la suivis. La rouquine masquée, c’était engouffrée depuis la lucarne dans une pièce obscure et elle scrutait les ténèbres avec sa lampe torche. Elle semblait réfléchir intensément. Je relevais le nez vers les autres toits : impossible de passer par là, le risque était trop grand de se faire repérer…

« Les égouts... Il faut trouver un accès aux égouts, on pourra se faufiler d'ici en passant sous la horde d'abominations. »

J’entendis à peine ce qu’elle baragouina sous son masque, mais ça me semblait être la meilleure option que nous ayons.

« Est-ce que tu es avec moi ? Cela va être risqué, mais au moins on aura une chance de réussir. Si nous restons ici, je ne donne pas cher de notre peau. »

Quelle question ! De toute manière, il n’y avait pas mieux à tenter. Je souris faiblement.

« Je te suis. Passe devant. » Fis-je en ajustant mes poings américains et en sortant mon couteau crantée.

Il allait sans doute falloir fouiller le bâtiment pour trouver une bouche d’égout. Peut-être que dans la cour de ce vieux bâtiment. Eve disparus de mon champ de vision depuis la lucarne et je me faufilais à sa suite dans ce trou. Tout était silencieux, atténué. L’immeuble semblait avoir bien tenu le coup compte tenu des bombardements et du passage du temps. Quelques grognements nous parvenaient de l’extérieur, mais au sein de cet appartement, nous étions seuls. Pour le moment.

Eve m’attendait et dès que son regard croisa le mien, elle fit volte-face et s’enfonça dans les méandres de cet endroit. Sans hésiter, je la suivis. La rouquine marchait d’un pas ferme et décidé, tout en restant incroyablement silencieuse. Elle ne s'arrêtait rarement et semblait sans crainte. Une femme forte. Intrigante même. Un masque... Que pouvait-elle cacher en dessous ?

Une fenêtre attira alors mon attention.

Elle semblait vraiment tranquille vis-à-vis de la horde qui se trouvait dans la rue. Étrange. Les infectés se trouvaient partout, vraiment partout. J’avais du mal à croire qu’ici, dans cette petite résidence, il n’y ait pas trace de zombies, de corps, de quoique ce soit de vivant. À croire que l’épidémie n’ait jamais eu lieu... Impossible. Le souvenir des deux hommes entraînant dans leur sillage la horde d'infectés me revint en mémoire. Ils avaient dû passer un temps fou à tous les rassembler.

Quelque chose m’effleura alors doucement le bras : Eve se tenait à mes côtés et regardait également par la fenêtre. Elle me désigna d’un coup un point précis de la cour. Une grille d’égout. Bingo ! Sans plus attendre nous descendîmes les étages le plus discrètement possible.

Arrivées au niveau du rez-de-chaussée nous fîmes une courte pause pour observer l’ensemble des bâtiments nous entourant. Rien. Pas de bruit. Pas un seul brin d’air ne venait agiter les arbustes et herbes hautes au centre de la cour. Bizarrement, je me surpris à retenir ma respiration, l’atmosphère était si immobile et si lourde… Même ma compagne d’infortune semblait en être infecté et elle se plaquait contre le mur derrière nous dans l’ombre comme s’il elle souhaitait s’y fondre. Il me vint alors un regret : celui de ne pas avoir de capuche ou de bonnet pour cacher ma chevelure trop visible à mon goût… Même celle d’Eve était discernable à des kilomètres. Quelle erreur de notre part !

Finalement, après avoir échangé un regard, Eve et moi avançâmes prudemment dans la lumière. Ne cessant de jeter des regards autour de nous, nous arrivâmes au niveau de l'îlot de verdure et y pénétrâmes. Eve se tenait devant moi agenouillée et, arc sortis, s'apprêtait à sortir de notre cachette de fortune pour s’élancer vers la bouche d’égout.

Un raclement métallique survint alors, me stoppant net.

Ni une ni deux, j’attrapais la rouquine par la taille pour la ramener dans les fourrés. Son corps se tendit d’un coup et je serrais les dents sentant venir un coup de sa part face à mon geste. Bordel, ce n'était vraiment pas le moment pour faire des états d’âme. La plaquant contre moi, j’amortis sa chute et les herbes hautes absorbèrent le plus gros du bruit produit. Bordel.

T’as pas entendu un bruit?

Moment de silence. Grognement lointain.

Des zombars. Juste des zombars.

Nouveau silence. Les ongles plantés dans la terre comme pour ne plus faire qu’une avec elle, je fixais le ciel opaque et de plus en plus menaçant. Pour un peu, je me mettrais à prier tout et n’importe quoi. Eve au-dessus de moi, glissait tout doucement sur le côté. Heureusement qu’elle n’avait pas lâché son arc sous le coup de la surprise. Sinon, nous serions mortes.

Je comprends toujours pas pourquoi on nous envoi faire ça. Personne ne sait où nous nous trouvons ! Et depuis le temps qu’on les ballades les zombars, il n’y a plus âme qui bouge dans les parages depuis belle lurette.

T’es vraiment qu’un pauvre con toi en fait. Si personne ne sait où nous nous trouvons, c’est en parti grâce à nos patrouilles. Tu sais pas le nombre de petits malins qu’on a ferré dans les mailles du filet. À moins d’être très agile et chanceux, aucune chance de s’en sortir. C’est pour ça qu’on vérifie si toutes les portes du bâtiment sont bien fermées. Allez, bouge ton cul.

Ouais, mais tu vois,…

Les voix commencèrent à s’éloigner.

Me retournant le plus vite possible, je me retrouvais à plat ventre et me mis à ramper pour arriver à voir où ils se trouvaient. Eve suivit le mouvement, et, profitant d’un trou creusé sans doute par un animal sous les arbustes, nous vîmes les deux hommes emprunter nos pas quelques minutes plus tôt. Ils étaient armés et assez lourdement.

Les buter ou en profiter ?” Murmurais-je malgré moi.

Visiblement, ils utilisaient régulièrement les égouts pour se déplacer. Les utiliser à notre tour serait extrêmement dangereux alors que nous ne connaissions strictement pas les lieux. À moins qu’Eve est un plan des égouts du coin ce qui me paraissait improbable. Peut-être qu’eux en avaient un… De plus, il serait plus simple de nous mêler à eux si nous leur prenions leurs vêtements. Cependant, entrer une fois de plus dans le bâtiment, c’était prendre le risque de se faire repérer et piéger. Fichtre ! Pour autant, profiter de leur absence et se faufiler dans le dédale souterrain était tout aussi hasardeux et dangereux : pas de solution de repli une fois dans les tunnels hostiles. Nous risquions alors de nous retrouver encerclées ou de tomber dans une embuscade si notre présence était révélée.

Une pensée glaçante me vint alors. Glaçante car vrai : c’était une mission suicide. Une putain de mission suicide. Seule, c’était clairement impossible. Je ne savais quasiment rien de ce groupe comme le reste de Paris d’ailleurs… J’étais également sous-équipée et bon dieu, je ne savais pas combien ils étaient ! Comment “éliminer” la menace alors ? Trop tards pour faire machine arrière dans tous les cas…

Calme toi !

Je fermais les yeux une demi-seconde, pris une profonde inspiration et expirais doucement.

De la méthode ! Il fallait de la méthode. Faire une chose à la fois. Je tournais alors la tête vers Eve. Son masque impassible m'empêchait de savoir ce qu’elle ressentait et cela m'irritais. Touchant son bras, j’attirais son attention vers moi.

Il fallait que j’en aie le cœur net : pouvais-je compter sur elle ? Partagions-nous réellement les mêmes objectifs ?

Je dois récupérer quelque chose. Une chose extrêmement importante pour moi. Mon petit doigt me dit que tu es ici pour la même raison. Il me dit aussi que nous ne sommes pas les premières et peut-être pas les dernières. Seule, je n’y parviendrais pas. Toi non plus. Cet endroit est une vraie souricière. Autant à la surface que sous-terre. Et clairement, foncer dans le tas, c’est la mort assurée.

Je fis une courte pause. Pourquoi Big Boss n’avait-il pas confié cette mission à Annaëlle ? Elle était clairement plus compétente en ce domaine que moi. Un souvenir me revint alors, celui des yeux fatigués et soucieux du grand ponte de la sécurité. Une erreur. J’étais une putain d’erreur de calcul. Mes yeux brillèrent de rage.

Je te propose une alliance de circonstance. Nous nous entraidons à récupérer ce qui nous appartient et à éliminer cette vermine grouillante. Une fois cela fait, nous repartons chacune de notre côté. Je ne te poserais pas de question sur d’où tu viens ni précisément ce que tu recherches. Tu feras de même. Acceptes-tu ?

Nouvelle pause. Les silhouettes des deux hommes avaient été avalées par la bâtisse sombre.



“Dans tous les cas, je ne vois que deux options pour nous : éliminer ses hommes et peut-être en apprendre plus sur ce groupe ou profiter de leur absence pour aller directement dans les égouts. Enfin, voilà. À toi de voir.”





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